Universcience lance le premier Baromètre de l’esprit critique et une série vidéo pour combattre les fake-news

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Dans une époque marquée par l’infobésité et la désinformation (infox, théories du complot, fausses informations scientifiques et médicales ou simplement effet déformant des communications en ligne), comment nos concitoyens se situent-ils par rapport à l’esprit critique, c’est-à-dire à la capacité à trier et qualifier l’information disponible, à élaborer son propre jugement, à mettre en question ses convictions et, au bout du compte, à penser librement ? C’est la question à laquelle répond le premier Baromètre de l’esprit critique, lancé par Universcience en partenariat avec France Info et La Croix. L’initiative s’inscrit dans le cadre du Printemps de l’esprit critique, coorganisé par l’institution scientifique du 21 mars au 7 avril 2022. Universcience et ses partenaires lancent également une nouvelle série vidéo pour répondre aux fake news scientifiques.

Pour cette première édition, 3 218 personnes ont été interrogées par le cabinet Gece, entre le 17 et le 28 février 2022 selon la méthode des quotas, sur trois thématiques : leur rapport à la science (le raisonnement scientifique et les méthodes propres à la science étant la condition de l’esprit critique) ; leurs sources d’information, notamment sur les sujets scientifiques, pour comprendre comment ils construisent leur compréhension de l’actualité ; enfin, leur rapport au débat d’idées et à l’altérité dans le raisonnement.

LES ENSEIGNEMENTS DE L’ÉTUDE

Globalement, les éclairages de cette première enquête font apparaitre :
. Un profil dit scientifique, plutôt masculin, jeune et diplômé
. Une réelle appétence des Français à 89% pour les sciences, la culture scientifique partie intégrante de la culture générale
. Avec des modalités d’information qui plébiscitent la télévision et internet pour les + de 50 ans, les plus jeunes privilégiant des réseaux, une primauté accordée à l’audiovisuel
. Un retour en force de la légitimité et crédibilité des médecins, des scientifiques, des chercheurs et des journalistes scientifiques face à la pandémie
. Un esprit critique développé pour une majorité de Français, ouvert à l’échange d’idées, au débat, à la contradiction, le souci d’avoir une multiplicité de sources d’informations chez les plus diplômés.

  • Un intérêt marqué pour la science en images

Si seulement 22 % des sondés citent « les sciences » parmi leurs centres d’intérêt principaux, et si leur souvenir scolaire en est contrasté (62 % gardent un bon souvenir de leurs cours de Sciences et Vie de la Terre, 50 % d’entre eux, des cours de maths, mais seulement 40 % des cours de physique-chimie), l’étude montre le dynamisme de la culture scientifique dans notre pays : 81 % des sondés regardent des documentaires scientifiques, 67 % consultent des sites traitant de sujets scientifiques sur Internet et 64% des vidéos sur YouTube – primat, donc, de l’image.

59 % lisent des ouvrages ou des articles scientifiques et 54 % visitent des expositions et des musées scientifiques ou techniques. 61 % d’entre eux ont une pratique scientifique régulière, visite d’expositions principalement (53 %) mais aussi reproduction d’expériences scientifiques à la maison (31 %) ou collaboration à des expériences de science participative (27 %). La quasi-totalité d’entre eux (93 %) ont en outre déjà visité un lieu de sciences (zoo ou aquarium, muséum d’histoire naturelle, planétarium, centre de sciences…).

Que pensent-ils de la science ?
Une très large majorité la voit comme permettant de développer des nouvelles technologies utiles à tous (88 %), de mieux comprendre notre monde (87 %), d’améliorer nos conditions de vie (85 %). En revanche, pour 53 % d’entre eux, les théories scientifiques ne sont que des hypothèses parmi d’autres. Enfin, si 43 % pensent que la communauté scientifique est indépendante pour valider ses découvertes, 40 % pensent le contraire.
Cinq catégories se détachent dans le rapport à la science :
• des « passionnés » de science (23,5 % ; hommes majoritairement, moins de 40 ans, CSP hautes et intermédiaires, élèves et étudiants, bac +2 et plus),
• des « intéressés » (25 % ; bac +5 et plus, se définissant plutôt comme scientifiques) ;
• des « modérés » (26 % ; femmes, 60 ans et plus, retraités, niveau d’étude inférieur au bac, ni scientifiques ni littéraires),
• des « éloignés » (15 % ; femmes, 40-49 ans et 70 ans et plus, retraités, niveau d’études inférieur au bac, ni scientifiques ni littéraires)
• et enfin des « réfractaires » (10,5 % ; femmes, 50-59 ans, CSP populaires, niveau d’études inférieur au bac, ni scientifiques ni littéraires).

  • La télévision et Internet plébiscités pour s’informer, les médecins et les scientifiques jugés dignes de confiance

Comment les sondés suivent-ils l’actualité ?
Deux piliers se détachent, la télévision pour 68 % d’entre eux (c’est même le premier moyen pour 29 % des sondés), et Internet (hors réseaux sociaux : moteurs de recherche, sites médias) pour 73 %. Viennent ensuite les proches (50 %), la radio (46 %), la presse papier et les réseaux sociaux (40 %). Pour l’information sur les sujets scientifiques, priorité est accordée aux médias traditionnels : les émissions à la télévision et à la radio (44 %) et les journaux sur ces mêmes supports (43 %) arrivent en tête, loin devant les sites internet scientifiques (27 %) ou la presse spécialisée (25 %). Les sondés regardent en outre de façon contrastée la multiplication des sources d’information disponibles, 48 % en ayant un ressenti positif, 31 % un ressenti négatif, 8 % un ressenti à la fois positif et négatif, 3 % ne se positionnant pas.

L’enquête permet également de distinguer 4 grands types parmi les sondés :
• 43 % d’amateurs prioritaires de la télévision (50 ans et plus, retraités, niveau d’étude inférieur au bac, ne se déclarant ni scientifiques ni littéraires),
• 26% d’utilisateurs polyvalents de tous les types de médias (moins de 30 ans, CSP hautes et intermédiaires, bac + 5 et plus, se considérant autant scientifiques que littéraires),
• 16 % d’utilisateurs principaux d’Internet, de la PQR et des applications TV et radio (40 à 49 ans, CSP populaires)
• et enfin 18,5 % de personnes recourant d’abord aux réseaux sociaux et agrégateurs d’infor- mations en ligne (moins de 40 ans, CSP intermédiaires et populaires, élèves et étudiants, plutôt scientifiques).

Dans le contexte plus spécifique de la crise sanitaire, interrogés sur les émetteurs qui ont leur confiance, ce sont les médecins qui arrivent en tête, 51 % des sondés faisant confiance à la majorité d’entre eux, mais 38 % « seulement à certains ». Scientifiques et chercheurs sont suivis dans des proportions similaires (44 % des sondés font confiance à la majorité d’entre eux, 40 % à certains).
Ce distinguo est encore plus marqué pour le cercle amical et professionnel (20 % de confiance globale, 54 % de confiance « sélective »), les journalistes scientifiques (27 % contre 47 %) et les journalistes généralistes (14/51), ou encore les représentants politiques (8/36). Représentants religieux (7/19) et influenceurs (4/17) arrivent en dernier.

  • Un appétit de débat et d’ouverture à autrui

La France est-elle ouverte d’esprit ?

Les sondés répondent positivement, 86 % d’entre eux se déclarant ouverts à toute nouvelle idée, et 81 % affirmant prendre en compte un maximum d’opinions sur chaque sujet.
51 % préfèrent discuter avec des personnes qui ne pensent pas comme eux – 39 % déclarent le contraire, et si 50 % consultent « beaucoup » d’opinions différentes avant de se faire une idée, 43 % déclarent l’inverse.

Ces principes sont fréquemment mis en œuvre puisque 73 % des sondés débattent ou discutent, souvent ou de temps en temps, sur des sujets de société ou scientifiques, principalement au cours d’échanges entre amis (64 %) ou au cours du repas de famille (63 %). 65 % des sondés pensent en outre complémentaires l’esprit critique, et la liberté d’expression, complémentaires.

Comment, enfin, définir l’esprit critique ?

Être capable de changer d’avis (52 %), raisonner logiquement et rationnellement (51 %) et être capable d’échanger avec des personnes aux idées différentes (50 %) arrivent en tête parmi les définitions proposées aux sondés. Inversement, la remise en question de la parole des autorités (27 %), le doute systématique (24 %) et la méfiance envers ses propres intuitions (21 %) arrivent en bas de classement.

Intégralité du rapport

  • Un comité scientifique de référence

Ce baromètre se distingue également par son comité scientifique qui accompagne la démarche et qui réunit Elena Pasquinelli, responsable Recherche et évaluation, Fondation La main à la pâte, associée à l’Institut Jean-Nicod, membre du Conseil scientifique de l’Éducation nationale, Magda Tomasini, directrice de l’Institut national des études démographiques (Ined) et Michel Wieviorka, directeur d’études à l’École des Hautes études en sciences sociales (Ehess).

  • Printemps de l’esprit critique

Le Printemps de l’esprit critique a lieu du 21 mars au 1er avril 2022 à la Cité des Sciences et de l’Industrie et au Palais de la Découverte.

Cet événement, centré autour d’actions d’éducations aux médias, à l’information et à l’esprit critique se voudra comme le lieu permettant la rencontre et le dialogue entre experts scientifiques, journalistes et citoyens.

Fruits d’un partenariat entre le CLEMI Paris et la Bibliothèque de la Cité des Sciences et de l’Industrie, des ateliers, des masterclass et des conférences gratuits sont ouverts aux enseignants et aux élèves des trois académies d’Ile de France. Information sur la programmation.

  • Une nouvelle série vidéo pour combattre les fake-news scientifiques

Universcience a également décidé d’enrichir son site Blob avec une nouvelle série vidéo « Infox ? Ripostes !, des scientifiques face à la désinformation ».

Produite par Fablabchannel, Universcience, en partenariat avec TV5 Monde et Phosphore / Bayard Presse, la série est réalisée par Hélène Seingier.

13 épisodes de 7 à 8 minutes ont été mis en ligne sur la chaine Youtube du Blob depuis le 7 février 2022.

Chaque épisode, animé par Thomas Gauthier, youtubeur québécois, évoque une rumeur scientifique et invite un scientifique pour « s’attaquer à cette infox et donner des clés pour décoder le vrai du faux ».

SOURCES: Universcience (CP)

PHOTOS: Universcience

PHOTO du carousel: Universcience

Date de première publication: 25/03/2022

Universcience est membre du CLIC France

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