Alors que la vie quotidienne est de plus en plus façonnée par une stimulation numérique quasi constante, contribuant à l’augmentation des taux d’anxiété, de dépression et d’isolement social, le Honolulu Museum of Art présente Vital Connections : Art & the Brain, l’une des premières expositions muséales de grande envergure à explorer la relation entre la créativité et le bien-être ou la santé humaine.
Découvrir comment l’art, qu’il s’agisse de le pratiquer ou de l’expérimenter, améliore le bien-être et les fonctions cérébrales grâce à une grande variété d’artistes et de supports, et aux dernières découvertes en neurosciences. Tester les effets de l’art sur le cerveau et le corps. Expérimenter comment l’art stimule positivement le cerveau pour favoriser la neuroplasticité et le bien-être. Telle est l’ambition de l’exposition du Honolulu Museum of Art « Vital Connections : Art & the Brain ».
Visible du 12 septembre 2020 au 10 janvier 2027, cette exposition est l’une des premières au monde à se pencher sur la relation entre l’art et les neurosciences.
Conçue en collaboration entre le Musée d’art d’Honolulu et des cliniciens et des neuroscientifiques du Brain Health Applied Research Institute (Institut de recherche appliquée sur la santé cérébrale d’Honolulu) (B+HARI) d’Honolulu, cette initiative réunit l’art et les neurosciences pour offrir une expérience immersive et ressourçante.
« L’art est désormais considéré comme le cinquième pilier de la santé , et certains médecins recommandent maintenant les visites de musées et la pratique artistique pour aider à atténuer des problèmes comme la dépression et les pertes de mémoire », explique Catherine Whitney, directrice des affaires curatoriales du HoMA.
Catherine Whitney a organisé l’exposition avec l’aide de Ma Ry Kim, une architecte de renommée internationale qui a cofondé B+HARI avec le Dr Kazuma Nakagawa, directeur de l’Institut des neurosciences du Queen’s Medical Center et chef du service de neurologie de la John A. Burns School of Medicine.
Elles ont imaginé une exposition où les visiteurs pourraient réinitialiser leur système nerveux et bénéficier des effets bénéfiques de l’art sur le cerveau.
- L’art fait du bien
Les scientifiques annoncent des nouvelles encourageantes : s’adonner aux arts est un excellent moyen d’améliorer sa concentration, sa mémoire et de restructurer son cerveau pour une meilleure santé cognitive et une plus grande longévité.
De plus en plus, médecins et organismes de santé du monde entier recommandent les visites de musées, les concerts et la création artistique aux personnes souffrant de dépression ou d’isolement social, ainsi qu’à celles présentant un risque accru d’Alzheimer et même de maladies cardiovasculaires.
Selon directrice des affaires curatoriales du HoMA, les recherches montrent que la pratique artistique peut améliorer l’attention et la mémoire, et restructurer le cerveau de manière positive. « Nous disposons désormais de preuves scientifiques, et leur diffusion est fulgurante. »
- Un voyage en plusieurs étapes
L’exposition prend la forme d’un voyage qui commence par une réinitialisation du système nerveux grâce à des boîtes de respiration apaisantes conçues par le Dr Elim Ng et Honolulu Kūpuna Shed.
Dans ce premier espace, les visiteurs pénètrent dans une ambiance sombre et mystérieuse et découvriront des scans cérébraux réalisés à partir de perles par l’artiste de la Saskatchewan, Ruth Cuthand.
Ils accèdent ensuite à un espace de relaxation parasympathique, équipé d’une cabine de respiration.
« On se déconnecte du trafic et des courriels stressants, et on place son cerveau dans un état propice à la concentration, permettant d’exploiter pleinement ses capacités sensorielles et cognitives », explique Catherine Whitney au Honolulu Magazine.
- Science, art et flow
Les visiteurs explorent ensuite le lien entre science et art, notamment la perception et la mémoire.
La section suivante aborde le lien entre l’art et la nature, et leur importance respective pour la santé physique et cognitive.
Une œuvre immersive intitulée « Tidal Pools » d’Ellie Schmidt, composée de films sous-marins représentant des bassins de marée aux ondulations changeantes, est également proposée. « Nous avons installé des poufs qui évoquent les rochers ; vous pouvez vous y installer et vous détendre complètement », précise le musée.
La dernière section aborde le thème du « flow », un état mental où la concentration devient naturelle.
Cet état produit de la sérotonine, l’hormone du bien-être, en guise de récompense.
« Nous voulons apprendre aux gens à atteindre cet état de flow de manière intentionnelle », explique Ma Ry Kim, membre du premier conseil consultatif de la Global Brain Care Coalition, créée par le McCance Center for Brain Health de la Harvard Medical School et du Massachusetts General Hospital. « C’est un état parmi les plus bénéfiques pour la santé, mais on ignore souvent comment y accéder. Nous utilisons la création artistique et l’observation d’œuvres d’art comme outils pour apprendre aux gens à déclencher cet état par eux-mêmes. »
Whitney explique que l’exposition vise à partager les dernières recherches et découvertes en neurosciences avec le public et à inciter les gens à adopter des comportements favorisant le bien-être.
« Il s’agit de faire comprendre aux gens que l’art est bien plus qu’un simple luxe. Et nous espérons que les visiteurs repartiront de l’exposition avec un sentiment de bien-être » ajoute Catherine Whitney.
- Des artistes majeurs
L’exposition du HoMA présente les œuvres de 20 artistes, dont Bernice Akamine, Ruth Asawa, Chuck Close, John Koga, Richard Misrach et Georgia O’Keeffe.
« Les œuvres exposées, issues de la collection du HoMA (dont de nouvelles acquisitions) et prêtées par des artistes de la galerie, suscitent un sentiment de connexion à nous-mêmes, aux autres et à la planète » explique le musée.
Parmi les autres temps forts de l’exposition, une installation vidéo interactive de 2024, réalisée par l’artiste Ming Ren, originaire de la région de la baie de San Francisco, et son collaborateur, l’ingénieur en technologies Hansong Zhang, invite à « danser avec la lumière et la couleur ». Les artistes ont récemment enrichi cette œuvre multisensorielle d’une nouvelle technologie réagissant aux mouvements du corps. Les visiteurs du HoMA seront les premiers à découvrir cette collaboration monumentale et novatrice, qui mêle art, technologie, paysage, mémoire et expérience sensorielle.
Artistes de l’exposition :
Bernice Akamine, Ruth Asawa, Chuck Close, Henri-Edmond Cross, Ruth Cuthand, Sasha Gordon, David Hockney, John Koga, Yayoi Kusama, Richard Misrach, Georgia OʻKeeffe, Ming Ren, Abigail Romanchak, Ellie Schmidt, James Seawright, Peter Sedgley, Viviane Silvera, Jennifer Steinkamp, Thomas Struth, Emmi Whitehorse.
De nombreuses activités sont organisées autour de l’exposition : visites guidées, conférences, expériences neuroarts, yoga et méditation.
Exposition « Liens vitaux : l’art et le cerveau » « Vital Connections : Art & the Brain »
Musée d’art d’Honolulu
du 12 septembre 2020 au 10 janvier 2027
honolulumuseum.org/vital-connections-art-and-the-brain-5zsn
SOURCES : Honolulu Museum of Art, presse
PHOTOS : Honolulu Museum of Art, artistes
PHOTO du carrousel : Ming Ren (Américain, né en Chine en 1956); Dr. Hansong Zhang (Américain, né en Chine en 1969) ; Danse avec l’encre , 2024; projection interactive . Courtoisie de l’artiste (L2025-43-01)
Date de première poublication : 28/10/2026

























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