Les chercheurs de Penn University soulignent les avantages pour la santé mentale d’une visite de musée

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Selon des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie, visiter un musée peut avoir des effets bénéfiques mesurables sur la santé mentale. Le centre de psychologie positive de Penn a analysé un large éventail de recherches psychologiques associées aux arts et à la culture, montrant que les musées – en particulier les musées d’art – sont efficaces pour réduire l’anxiété et la dépression.

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Katherine Cotter a examiné environ 100 rapports publiés dans diverses disciplines liées aux arts et à la psychologie pour trouver un consensus de recherche selon lequel fréquenter les musées d’art – par opposition à l’expérience de l’art dans la rue, dans une salle de classe ou en ligne – peut avoir des avantages pour la santé mentale.

« Nous constatons qu’aller dans un musée d’art est vraiment efficace pour réduire votre stress », a déclaré la chercheuse stagiaire postdoctorale Katherine Cotter, University of Pennsylvania. « Les musées d’art ont un grand potentiel pour avoir un impact positif sur les gens, notamment en réduisant leur stress, en améliorant les expériences émotionnelles positives et en aidant les gens à se sentir moins seuls et plus connectés »

La chercheuse précise notamment que des études ont porté spécifiquement sur le cortisol, l’hormone du stress. « Si vous allez juste une demi-heure dans un musée d’art et mesurez les niveaux de cortisol des gens avant qu’ils n’entrent puis après une demi-heure, les résultats montrent un temps de récupération qui normalement équivaut à quelques heures ».

« Lorsque nous entrons dans un musée, nous y entrons avec une intention. Nous entrons dans cet espace particulier qui a un art, une architecture et des choses uniques que nous allons voir, qu’il s’agisse d’un musée d’art ou d’une autre forme de musée ou d’institution culturelle. Nous engageons différents états d’esprit et différents processus cognitifs » a-t-elle expliqué.

L’étude, intitulée « Art Museums As Institutions for Human Florishing », a été publiée dans le Journal of Positive Psychology par Katherine Cotter et James O. Pawelski de l’Université de Pennsylvanie.

La psychologie positive est un domaine scientifique relativement jeune, largement enseigné et étudié à la Penn University par le Dr Martin Seligman, qui se concentre sur l’accentuation du positif plutôt que sur la réduction du négatif.

Les chercheurs Katherine Cotter (à gauche) et James Pawelski du Humanities and Human Flourishing Project de Penn étudient la manière dont l’art et les musées influencent la santé et le bien-être. (Images : Avec l’aimable autorisation de Katherine Cotter et James Pawelski)
  • Analyse des études existantes

Katherine Cotter a été amené à travailler sur le sujet des musées d’art pour le bien-être, mais a été temporairement bloquée par les fermetures généralisées de musées causées par la pandémie, durant la période 2020-21.

Elle a donc puisé dans les recherches existantes pour analyser ce qui était déjà connu. La chercheuse en psychologie a constaté que la recherche avait tendance à identifier quelques problématiques : réduction du stress et de l’anxiété, soulagement de la douleur, mesure du bien-être émotionnel et – ce qu’elle trouvait le plus intéressant – lutte contre la solitude.

Deux visiteurs au musée Albertina de Vienne. Photo: Eweht. Wikimedia Commons
  • De nombreux résultats positifs déjà observés

Par l’analyse des études déjà réalisées, les 2 chercheurs ont pu identifier plusieurs impacts très positifs de la visite de musée sur le bien être mental.

. La visite d’un musée réduit le niveau de stress, les visites fréquentes réduisent l’anxiété et regarder de l’art figuratif fait baisser la tension artérielle. Ils ont également constaté que les visites de musées réduisaient l’intensité de la douleur chronique, augmentaient la durée de vie d’une personne et réduisaient la probabilité de recevoir un diagnostic de démence.

. Les personnes atteintes de démence ont également constaté des avantages mentaux et physiques : passer du temps dans un musée a induit des réponses au stress plus dynamiques, une fonction cognitive plus élevée et une amélioration des symptômes de la dépression.

. Aller dans un musée a également permis à des élèves du primaire de se sentir « mieux » et a permis aux médecins résidents de se sentir moins épuisés émotionnellement.

. Les résultats encourageants ne se sont pas arrêtés là : les personnes atteintes de démence et les personnes souffrant de graves problèmes de santé mentale étaient plus gaies, heureuses, et engagées après avoir visité un musée. Les personnes âgées ont estimé que leur temps à regarder de l’art était « gratifiant ».

  • Poursuivre et approfondir les recherches

Katherine Cotter espère utiliser cette première analyse pour jeter les bases de travaux ultérieurs.

Elle considère qu’une grande partie de la recherche existante se concentre sur « les avantages de s’engager dans la culture pour la réparation des dommages à la santé mentale d’une personne, c’est-à-dire la réparation d’un négatif », alors que davantage de travail pourrait être fait pour étudier « comment les arts et la culture peuvent amener les gens à s’épanouir ».

« Quelles sont les choses positives, le côté positif du grand livre, qui peuvent découler de l’engagement dans les arts et la culture », a déclaré James Pawelski, directeur de l’éducation du Centre de psychologie positive, Penn University« Des choses comme des états émotionnels positifs, un sentiment de résilience, un sens de la vie, un lien avec ses propres forces, un lien avec sa communauté. »

Des visiteurs à la Pinacoteca Gallery. Photo: Daryl Mitchell. Wikimedia Commons
  • Les musées doivent adapter leur politique

En examinant de plus près les avantages des musées pour la santé mentale et en analysant les résultats des études déjà réalisées, la recherche pourrait aider les musées à mettre la science en pratique.

« Une trajectoire qui nous intéresse beaucoup est d’explorer les types de programmes que les musées d’art ont tendance à mettre en place, et quelles tendances émergent pour les nouveaux types de programmes qui pourraient être mis en œuvre », a déclaré Katherine Cotter.

La chercheuse s’intéresse particulièrement à la façon dont les musées se sont tournés vers la programmation numérique pendant la pandémie. « La flexibilité de l’activité en ligne pourrait permettre aux musées de mettre en œuvre plus facilement des éléments de santé comportementale » ajoute-t-elle. Ce sera d’ailleurs l’objet de la nouvelle étude entreprise par les 2 chercheurs.

Liens vers les résultats de l’étude:

www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17439760.2021.2016911

penntoday.upenn.edu/news/Penn-Positive-Humanities-research-art-museums-human-flourishing

SOURCES: University of Pennsylvania, presse

PHOTOS: Wikimedia Commons

PHOTO du carrousel: des visiteurs à la Dresden Art gallery. Photo: Jorge Royan. Wikimedia Commons

Date de première publication: 25/06/2022

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