Dans une salle du Mauritshuis de La Haye, le chef d’œuvre « La fille à la perle » sera remplacé par des réinterprétations du public

« Girl With A Pearl Earring » fait partie de la collection du Mauritshuis de la ville de La Haye, aux Pays-Bas, depuis plus d’un siècle. En février 2023, ce chef-d’œuvre de Johannes Vermeer quittera provisoirement sa salle pour être accroché au Rijksmuseum d’Amsterdam, pour une exposition événement. Pour pallier son absence, le musée invite le public à créer leur propre version de l’œuvre, surnommée « la Joconde du Nord ». Les meilleures réinterprétations seront « accrochées » à la place du tableau.

Photographie, dessin, gif animé, huile sur toile, assemblage d’objets quotidiens, toutes les formes de réinterprétation sont permises et encouragées par le Mauritshuis à condition qu’une copie numérique puisse être envoyée aux conservateurs du musée.

  • Les réinterprétations du public « remplaceront » provisoirement le chef d’œuvre

L’appel à contribution est clôt depuis le 15 janvier 2023 et plus de 3 500 soumissions ont été enregistrées. Les conservateurs du musée sont chargés de sélectionner les créations les plus originales.

Une sélection des œuvres d’art sera exposée pendant une semaine chacune dans un cadre numérique dans la galerie Vermeer du 6 février au 4 juin 2023.

Le musée offrira deux billets gratuits au musée aux créateurs retenus afin de leur permettre de découvrir leur création accrochée dans la salle.

D’autres œuvres authentiques inspirées de Girl With A Pearl Earring seront également exposées dans la salle pour montrer l’influence qu’a eue le portrait, peint vers 1665 par l’artiste néerlandais.

Pour mettre en valeur les créations du public, le Mauritshuis a également créé le compte Instagram @mygirlwithapearl. Le 23 janvier 2023, le compte Instagram recensait plus de 80 créations.

Photo : Olga Pavolga, via Mauritshuis
  • Mécénat de la banque nationale néerlandaise

Le projet participatif fait l’objet d’un mécénat de la banque nationale des Pays Bas qui contribue largement à sa médiatisation.

« Tant de gens sont inspirés par ce tableau de renommée mondiale », a déclaré Paul Schuiling, conseiller en partenariats culturels pour Nationale-Nederlanden, dans un communiqué. « C’est pourquoi le Mauritshuis et la Nationale-Nederlanden font appel à des talents créatifs pour envoyer leurs belles variations. De cette façon, nous donnons à ce talent une scène dans cet endroit spécial ».

L’initiative s’inspire largement de celle qui avait été lancée en 2020 par 2 femmes d’Amsterdam, « art en quarantaine », et qui était devenue un phénomène mondial. (ARTICLES CLIC: Concours national « réinterprétez les œuvres des collections françaises » #artenquarantaine: les gagnants (se) racontent et Covid-19 / Anneloes Officier (challenge #tussenkunstenquarantaine) « je suis si heureuse d’unir les gens en cette période d’isolement »

  • Une trentaine d’œuvres réunies par le Rijksmuseum

Cette initiative vise à combler le vide que laissera la peinture de Vermeer lorsqu’elle sera exposée au Rijksmuseum d’Amsterdam, dans le cadre de l’exposition Vermeer.

Cette grande rétrospective, qui se déroulera du 10 février au 4 juin 2023, réunira une trentaine de toiles du maître hollandais, sur les 35 ou 37 qu’il aurait peintes de son vivant, dont « Lady Writing A Letter With Her Maid », « Girl Reading A Letter At The Open Window » et bien sur « The Milkmaid ». Jamais autant d’œuvres de Vermeer n’ont été rassemblées dans un même espace pour une exposition. Le Rijksmuseum ne compte que quatre Vermeer dans sa collection permanente. Le reste sera prêté par des musées du monde entier, de la Gemäldegalerie de Berlin à la National Gallery of Art de Washington, DC, en passant par le Louvre ou la Frick Collection et le  Metropolitan Museum of Art de New York. 

Taco Dibbits, directeur du Rijksmuseum, a déclaré dans un communiqué que la rétrospective offre « une opportunité sans précédent » de se plonger dans l’œuvre du maître de l’âge d’or de la peinture hollandaise. « C’est une perspective passionnante pour le public et tous les amateurs de Vermeer, ainsi que pour les scientifiques, les restaurateurs et les historiens de l’art. Nous sommes extrêmement reconnaissants aux musées et organisations partenaires qui ont rendu cette exposition possible grâce à des prêts très exceptionnels et généreux » a-t-il ajouté.

 

  • Des œuvres passées au crible 

En préparation de l’exposition Vermeer, des experts du Rijksmuseum et du Mauritshuis Museum ont travaillé ensemble pour étudier un certain nombre de peintures à l’aide des technologies numériques les plus avancées.

En septembre 2022, leur analyse a ainsi révélé des repentis sur La Laitière, qui « jette un éclairage entièrement nouveau sur les méthodes de Vermeer », a déclaré le Rijksmuseum dans un communiqué.

« L’hypothèse générale était que l’artiste produisait son œuvre très lentement et travaillait toujours avec une extrême précision », explique le musée. « Cette vision est en cours de révision. Une épaisse ligne de peinture noire appliquée à la hâte peut être vue sous le bras gauche de la laitière. Ce croquis montre clairement que Vermeer a d’abord peint rapidement la scène dans des tons clairs et foncés avant de développer le détail. »

Un autre tableau voyageant à Amsterdam, Girl With a Flute, fait actuellement l’objet de débats parmi les experts. L’année dernière, après avoir soumis le tableau à une analyse approfondie à l’aide d’une technologie d’imagerie spéciale, la National Gallery of Art a conclu qu’il avait été peint par un autre artiste, peut-être un associé de Vermeer. Ce n’est pas l’avis du Rijksmuseum.

www.mauritshuis.nl/en/what-s-on/mauritshuis-at-home/mygirlwithapearl/

www.instagram.com/mygirlwithapearl/

www.rijksmuseum.nl/en/whats-on/exhibitions/vermeer

SOURCES: Mauritshuis, presse

PHOTOS: Mauritshuis (compte Instagram)

Date de première publication: 23/01/2023

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