Le 5 avril 2026, le musée du Prado a célébré la Journée Bosch, date choisie car elle marque la plus ancienne mention écrite connue du peintre : le 5 avril 1474, où il apparaît comme témoin dans un acte notarié à Geffen (Pays-Bas). Cette journée annuelle est devenue un espace de réflexion, de diffusion et d’échange autour de l’un des artistes les plus fascinants de l’art occidental. Lors de cette 3ème édition, le musée du Prado a présenté « Raconter l’histoire du Jardin des délices », un projet qui utilise l’intelligence artificielle pour explorer la complexité visuelle du célèbre triptyque. L’analyse a permis d’identifier 1 451 objets dans la toile, dont 667 figures humaines, 771 animaux et 45 êtres hybrides, révélant ainsi la richesse narrative et symbolique d’une œuvre qui invite le spectateur à s’attarder sur chaque détail.
La Journée annuelle Bosch a été créée pour partager et enrichir le dialogue autour de l’un des peintres les plus fascinants de l’art occidental. La date, le 5 avril, n’a pas été choisie au hasard : c’est ce jour, en 1474, où le jeune Bosch est mentionné pour la première fois comme témoin lors de la vente d’une maison hypothéquée.
« Cette mention nous permet aujourd’hui de mieux connaître sa figure et de consacrer une journée à la contemplation de son œuvre, avec calme et curiosité » explique le musée.
- 1 451 objets identifiés dans la toile
Lors de cette troisième édition, l‘intelligence artificielle a permis aux équipes du musée d’identifier un total de 667 figures humaines, 771 animaux et 45 êtres hybrides dans le tableau Le Jardin des délices.
Ce résultat a été obtenu grâce à la plateforme d’intelligence artificielle de la start-up Sherpa.ai, qui combine des agents et des modèles spécialisés en reconnaissance visuelle.
Cette architecture technologique permet « d’adapter l’analyse à la grande complexité des images denses et détaillées, en intégrant des capacités générales de compréhension d’images à des modèles affinés pour détecter des éléments spécifiques au sein de compositions très détaillées ».
« Ces figures soulignent l’extraordinaire complexité compositionnelle et symbolique de l’œuvre de Bosch et offrent une nouvelle perspective technologique, révélant avec une plus grande précision la richesse visuelle et narrative qui a fait de ce triptyque l’une des peintures les plus fascinantes de l’histoire de l’art » ajoute l’institution.

Cette initiative instaure un dialogue naturel avec l’univers créatif de Bosch, maître du détail, de l’imagination et de l’invention symbolique.
- Multiplier les regards autour de Bosch
Le musée du Prado abrite certaines de ses œuvres les plus importantes, telles que Le Chariot de foin, L’Adoration des Mages , La Tentation de saint Antoine et Le Jardin des délices, une toile qui continue d’inviter le spectateur à se perdre dans la multiplicité de ses scènes et de ses significations.
Si la technologie contribue à créer de nouvelles façons d’observer, la recherche témoigne également de la reconnaissance durable de l’artiste.
« L’adjectif « boschien », largement employé pour décrire les univers visuels et iconographiques inspirés par son œuvre, possède désormais sa propre entrée sur Wikipédia, preuve d’un usage bien établi qui confirme que l’œuvre de Bosch n’est pas seulement contemplée, mais aussi nommée, commentée et partagée » précise le musée.
- 3 années de recherches innovantes autour de l’artiste
Depuis 2023, le musée du Prado a développé un programme continu d’expériences innovantes autour de la Journée Bosch.
Ce programme a débuté en 2024 par la présentation de la vidéo « Aux pieds de Bosch », avec le danseur et chorégraphe Eduardo Guerrero, et la création d’une section dédiée sur le site web du musée pour explorer plus en profondeur l’œuvre et sa réception.
En 2025, le musée a soumis une proposition à l’Académie royale espagnole (RAE) afin d’inclure l’adjectif « boschien » dans le dictionnaire et coordonné une initiative avec de grands musées européens pour amplifier la célébration en ligne.
En prélude à cette démarche, en 2023, le musée et l’université Miguel Hernández ont mené l’étude « Où portons-nous notre regard lorsque nous regardons Bosch ? », qui, grâce à un système de suivi oculaire de 50 visiteurs dans la salle où se situe le tryptique. Cette étude a permis d’analyser la contemplation du Jardin des délices et a confirmé, entre autres, la plus grande attraction du panneau de l’Enfer, un parcours visuel qui commence généralement au Paradis, et la capacité de l’œuvre à captiver le regard du spectateur.
SOURCE : Museo Nacional del Prado (CP)
PHOTOS : Museo Nacional del Prado
Date de première publication : 7/04/26
















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