Avec 4 nouveaux lieux déjà ouverts, Mons veut devenir une métropole muséale européenne

Après la fête d’inauguration du 24 janvier et l’exposition Van Gogh, le début avril 2015 a marqué le troisième temps fort de Mons (Capitale Européenne de la Culture) 2015: la ville s’est métamorphosée avec des installations artistiques qui incitaient à la promenade et surtout Mons a dévoilé une impressionnante collection de musées tout neufs et tout beaux. 4 musées qui ont accueilli leurs premiers visiteurs le 4 et 5 avril 2015.

mons we musées

Clip de présentation des nouveaux musées de Mons:

Artothèque, Mons Memorial Museum, musée du Doudou et Silex’s : les 4 musées inaugurés début avril ainsi que le Beffroi (qui ouvrira en juin 2015) ont concentré à eux seuls 35 millions d’investissement. Et la part de la ville dans l’ensemble des financements pour ces cinq infrastructures est inférieure à 8 millions.

« Rien n’aurait été possible sans les aides européennes et le soutien de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles » a déclaré le bourgmestre Elio Di Rupo.

Pour mener à son terme cet ambitieux projet, Mons a décidé de créer un pôle muséal unique à l’échelle de la ville, qui rassemble sous la responsabilité de Xavier Roland l’ensemble des lieux et des projets.

Une démarche saluée par Joëlle Milquet (CDH), la ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, lors de son passage à Mons : « La culture est devenue un axe indispensable pour le développement des villes. Toutes les métropoles qui comptent se dotent d’une politique forte en la matière. C’est le cas à Mons. Mais il faut éviter de fournir des efforts dispersés : organiser les infrastructures en pôles cohérents est essentiel, cela permet de mutualiser les politiques, les moyens et les stratégies. Cela contribue à une logique de bonne gouvernance. D’ailleurs, la progression vers des pôles muséaux figure comme telle dans les nouvelles conventions de quatre ans conclues avec les musées. Tout en préservant la diversité dans l’unité. »

Le musée du Doudou

Mons Musée du Doudou large screen

Dédié au patrimoine et aux traditions locales, reconnus au patrimoine de l’humanité par l’Unesco, le musée du Doudou a été installé dans l’ancien Mont-de-Piété, tout au fond du Jardin du Mayeur, derrière la Grand-Place. Cet immeuble construit en 1625 par l’Anversois Wenceslas Coebergher a longtemps accueilli les collections militaires, les silex ou la porcelaine. Classé à l’extérieur comme à l’intérieur, le bâtiment a fait l’objet d’une restauration minutieuse dans le respect des portes et des tambours de pierre bleue du XVIIe siècle.

De l’originalité de la Ducasse rituelle de Mons (reconnue par l’UNESCO en 2005) à la légende de saint Georges, entre réalité et imaginaire, le « Musée du Doudou » s’attache notamment à « comprendre et à valoriser les différents aspects de cette histoire universelle et multiséculaire ». L’espace invite le visiteur à découvrir ce patrimoine exceptionnel, mis en valeur à travers différents regards : historique, anthropologique, scientifique, artistique, laïc ou religieux.

« Nous ne disposons pas de collections permanentes sur ce thème, bien sûr, explique Manuela Valentino, conservatrice des patrimoines Unesco à MonsIl s’agit donc de donner des clés de lecture aux visiteurs, qu’il s’agisse des gens du cru qui connaissent les traditions ou des visiteurs qui vont les découvrir grâce aux technologies d’aujourd’hui et qui auront peut-être envie de s’y plonger ensuite. »

Le bureau d’architectes Sofateliers a exploité tous les espaces disponibles pour proposer une évocation spectaculaire qui fait largement appel aux technologies numériques.

Investissement : 4,1 millions. Le projet a été cofinancé par l’Europe et le Commissariat Général au Tourisme. 

Silex’s

Mons musée silex banner

mons silexs spiennes_homeAutre site classé au patrimoine mondial de l’Unesco, dans la campagne montoise, les minières néolithiques de Silex de Spiennes accueillent les visiteurs. Le site très ancien (6.400 ans) et qui se déploie surtout en sous-sol a été prolongé en surface par un centre d’interprétation conçu par le bureau Holoffe et Vermeersch. Un lieu offrant une salle de projection, une zone de fouilles en surface et un espace pour les activités pédagogiques.

Reconnu par l’UNESCO en 2000, le site archéologique de Spiennes est l’un des plus anciens et des plus vastes centres d’extraction de silex d’Europe. Parsemé de milliers de puits de mines, le site s’étend sur 100 hectares, à 6km de la Ville de Mons.

Situé au cœur d’un écrin vert, le «SILEX’S», centre d’interprétation des minières néolithiques de Spiennes permet de comprendre toutes les facettes de ce site archéologique à la réputation internationale. Balades didactiques en extérieur, visite de l’exposition semi-permanente, descente dans une véritable minière néolithique sont proposées aux visiteurs.

Investissement : 3,3 millions. Un projet cofinancé par l’union Européenne, la Région Wallonne/CGT et la Ville de Mons. 

Le Mons Memorial Museum

Mons mons memorial museum banner

Mons, ville de garnison et ville fortifiée, fut le théâtre d’événements majeurs du Moyen Age aux deux guerres mondiales du XXe siècle. Une histoire mouvementée qui a donné naissance à une riche collection militaire qui trouve un écrin à la mesure de cette histoire.

mons memorial imageL’ancienne Machine-à-Eau, qui alimentait la ville en eau potable, a été recyclée et agrandie par les architectes Pierre Hebbelink et Pierre de Wit, qui ont imaginé « un choc esthétique entre l’ancien édifice de fer et de verre restauré et l’épure radicale des extensions ».

Musée, lieu de réflexions, espace de questionnement, le Mons Memorial Museum a été pensé comme un espace multi-façettes.

« La ville a accumulé d’importantes collections en la matière, nous en exposons à peine 10 %, explique le conservateur Guillaume BlondeauNos points forts sont sans doute ces objets personnels, parfois intimes, légués par des anciens combattants ou des civils, mais aussi leurs témoignages et leurs récits. Nous essayons d’expliquer que la guerre n’est pas qu’une affaire militaire, qu’elle a bouleversé la vie de générations entières, qu’elle a transformé le droit ou la vie sociale. »

Ce nouvel espace muséal invite les visiteurs de tous âges à « s’interroger sur les réalités multiples et complexes des phénomènes guerriers ». Une vaste exposition permanente confronte le public à l’histoire singulière de la ville de Mons ainsi qu’aux événements internationaux des deux guerres mondiales et des périodes qui les enserrent. Le visiteur est plongé dans le vécu quotidien des soldats et des civils en période de guerre, grâce à de nombreux documents témoignages (lettres, carnets, interviews …). Ces témoignages forment le véritable fil conducteur de la visite et viennent donner vie aux objets présentés. Les objets exposés, sélectionnés parmi les 5 000 que comptent les collections d’histoire militaire de la ville de Mons, « posent une réflexion fondamentale sur les rapports entre population civile et militaire. Réflexion qui prend corps dans un parcours conduisant le visiteur du Moyen Âge, en passant par l’Ancien Régime, jusqu’aux deux guerres mondiales ». Celle-ci peut se poursuivre dans la salle d’exposition temporaire qui proposera régulièrement aux visiteurs un focus sur un sujet d’histoire militaire.

Investissement : 10 millions.

L’Artothèque

mons artotheque banner

Le «musée des musées» de Mons est un lieu unique qui rassemble toutes les collections des institutions de la ville. Plus de 50.000 pièces ont ainsi été stockées, numérisées, classées et restaurées dans l’ancienne chapelle du couvent des Ursulines, au pied de la collégiale Sainte-Waudru, bâti de briques et de tuffeau entre 1707 et 1711. Un espace devenu tour à tour magasin de meubles, imprimerie que les architectes L’Escaut-Gigogne ont transformé en musée.

mons artothequeLes architectes ont enchâssé une boîte futuriste à l’intérieur de la nef pour y abriter les œuvres. Un espace ouvert au regard des visiteurs.

A la fois centre de réserve, de recherche, de restauration et d’étude du patrimoine, l’Artothèque rassemble en son sein les collections qui ne seront pas exposées de façon permanente dans les autres sites muséaux. Outre sa mission de conservation, ce lieu a également un large rôle de promotion du patrimoine montois en le rendant accessible virtuellement mais aussi en levant une partie du voile sur les métiers « cachés » dans les musées.

Pas moins de 6 000 pièces exposées dans l’ancienne chapelle peuvent être également consultées sur tablette numériqueUne manière de mettre en contact le visiteur avec l’oeuvre d’art.

« L’oeuvre d’art est toujours très proche du visiteur », explique Xavier Roland. « L’oeuvre est là, et il y a son double numérique que le visiteur peut manipuler, autour duquel il peut avoir de l’information. S’il est intéressé par un objet, il peut cliquer, et avoir d’autres objets similaires. C’est l’aboutissement de dix ans de réflexion et d’un chantier titanesqueA Mons en matière de musées, tout est donc devenu transversal. Il en va de même de la gestion de l’ensemble des collections qui rassemblent 50.000 pièces. L’idée a été de les rassembler dans un lieu unique et de les numériser intégralement. Il s’agit d’un outil de travail pour nos musées et pour les chercheurs. Mais le lieu est ouvert malgré tout puisque 1.500 œuvres ou pièces sont rendues accessibles virtuellement. »

Et le bourgmestre d’ajouter: « Un travail de recherche et développement en matière d’accès à la culture se développe ici, dit Elio Di Rupo. On dépasse le stade du numérique. En matière de consultation d’œuvres par exemple, de nouvelles générations d’outils voient le jour. Nous voulons que les gens viennent ici pour s’inventer leur propre musée. Le visiteur devient partie prenante du musée, de ce qu’on veut lui montrer. La révolution numérique est sans doute l’une des grands enjeux de ce siècle, dit-il. Les musées doivent prendre part à cette révolution et utiliser le numérique comme un outil supplémentaire et primordial de la pratique muséale. »

Investissement : 10,8 millions. Le projet est cofinancé par l’Europe, le SPW (DGO4 – Patrimoine) et la FWB.

Le samedi 4 et dimanche 5 avril, Mons 2015 a attiré plus de 50.000 personnes venues découvrir les nouveaux musées, la nouvelle salle de concert Arsonic et les installations urbaines.

D’autres inaugurations de nouveaux espaces muséaux suivront encore avant l’été : le Mundaneum rénové, le Manège de Sury voué aux expositions, la guinguette littéraire dans les jardins de la maison Losseau et le centre d’interprétation du beffroi.

Mons musée 1 © David BormansMons musée 2 c Jean-François BerhinMons Musée 4 c Jean-François Berhin

Le long et vaste chantier de la numérisation des collections

Parallèlement aux différents chantiers muséaux conduit dans les différents lieux, l’équipe du Pôle muséal de Mons chargée de la conservation a mené son propre «chantier des collections muséales montoises». Ce travail était d’autant plus nécessaire dans l’optique de préparer celles-ci à leur mise en exposition dans les futurs musées et à leur déménagement en 2015 dans les nouvelles réserves situées dans l’Artothèque. Ce « chantier des collections » s’est mis en place en 2014, avec la volonté de numériser en haute définition certains objets des différentes collections et avec l’ambition d’avoir des fiches d’inventaire majoritairement complétées.

Pour ce qui est de la numérisation, il a fallu effectuer une première sélection des objets en donnant la priorité à ceux qui se démarquent par leur rareté, leur valeur patrimoniale, tout en veillant à ce que chaque collection (Antiquité, période gallo-romaine, Guerres 14/18, 40/45, beaux-arts, numismatique, céramique, etc.) soit bien représentée. Ce sont en tout plus de 1 000 objets qui ont été choisis afin d’être numérisés. C’est l’Atelier de l’Imagier, artisans bruxellois spécialisés dans la haute définition numérique du patrimoine, qui a été mandaté pour ce travail spécifique, portant sur les peintures, sculptures, objets de la Préhistoire, documents, photographies et bien d’autres documents. L’Atelier de l’Imagier a installé un petit studio dans les réserves permettant de procéder à la numérisation des objets sélectionnés sans avoir à déplacer ceux-ci en dehors de leur lieu de conservation.

Les objets numérisés en haute définition par l’Atelier de l’Imagier s’ajoutent au reste des collections qui ont été photographiées et inventoriées par l’équipe du Pôle muséal.

L’objectif d’inventorier et photographier la majeure partie des œuvres et objets afin de pouvoir proposer au public un service de consultation en ligne des collections a été atteint avant le déménagement des collections. Ces collections sont aujourd’hui accessibles, d’une part à l’Artothèque ou à domicile via la base de données commune numerique.be qui valorise les collections d’une soixantaine de musées wallons et bruxellois.

SOURCES: polemuseal.mons.be, lesoir.be

Date de première publication: 08/04/2015

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