Les Magasins Généraux accueillent la première édition d’un Prix LGBTQIA+ dans l’art

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Du 17 au 22 mai 2022, la première édition du Prix Utopi·e — le premier prix LGBTQIA+ dans l’art — est présentée aux Magasins généraux. Cette semaine d’exposition et de festival vise à encourager et à visibiliser la scène artistique queer, et à faire appel à une approche de l’art attentive aux différences, engagée, diversifiée et inclusive. Le public est invité à venir découvrir l’exposition des œuvres des 10 artistes sélectioné·es par le jury du prix parmi 250 candidatures et de prendre part à une programmation transdisciplinaire : performances, DJ sets, conférences, lectures, arts vivants… Deux prix seront décernés à cette occasion : un Prix du jury et un Prix du public.

Le Prix Utopi·e a pour vocation d’être « un tremplin pour les artistes, une plateforme d’échanges qui voit dans l’art un puissant langage, prêt à reconstruire les représentations normatives que véhicule notre société ».

Utopi·e est un prix qui appelle à « une nouvelle lecture de l’art, respectueuse des réalités LGBTQIA+ ».

Pensé par deux professionnelles de l’art, Agathe Pinet et Myriama Idir, il a pour ambition de créer des espaces de rencontres bienveillants entre les communautés, et celle.ceux qui veulent les découvrir et y participer.

  • L’idée d’Agathe Pinet et Myriama Idir, fondatrices du Prix Utopi·e

Utopi·e est né de réflexions multiples : tout d’abord, le constat de la sous-représentation des artistes LGBTQIA+ dans le milieu de l’art et par conséquent, le manque de visibilité pour les personnes de cette communauté.

© Jeanne Lucas

« Cela peut ne pas sembler primordial pour les personnes n’appartenant pas à une minorité, mais nous savons l’importance de se sentir légitime pour exister. L’autre enjeu, plus personnel pour nous, était de prendre part à la communauté LGBTQIA+ de façon plus militante, en proposant un projet avec des résultats concrets pour les artistes sélectionné·es. Il y a un an, lorsque le Prix Utopi·e n’était qu’une envie, nous n’imaginions pas recevoir une telle résonance. À travers « notre » Utopi·e nous voulons amplifier la voix des artistes qui elleux-mêmes explorent ce
que signifie être queer et nous ouvrent les yeux vers de nouvelles perspectives »
. Agathe Pinet et Myriama Idir

Ce désir, renforcé par celui de faire évoluer le milieu de l’art vers plus d’inclusivité, a façonné Utopi·e dans sa forme actuelle. Il devient un espace de dialogue, d’exposition et de questionnement sur les pratiques artistiques queer et ses enjeux.

Au-delà de l’appel à candidatures et de l’exposition aux Magasins généraux, le festival propose une programmation qui prolonge ces questionnements et nous interroge dans les multitudes de rapports que nous entretenons. L’exposition « devient espace de porosité entre les champs artistiques, et les œuvres autant d’emblèmes pour regarder le monde tant dans ses beautés que dans sa crise de sens ».

  • Un espace pour l’art queer

Etymologiquement, utopie est un terme dérivé du grec « topos » signifiant lieu, auquel s’ajoute le suffixe
« u » déterminant un espace « sans lieu », quasi irréaliste.

Le choix du nom « Prix Utopi·e » est motivé par une volonté de démontrer, à l’inverse, qu’un espace pour l’art queer peut exister, pour l’installer comme un courant de pensée identifiable et identifié.

« Nous souhaitions créer un espace au sein du milieu de l’art qui ait réellement du sens, et qui soit bienveillant pour tous·tes », déclarent les fondatrices du prix.

Les pratiques LGBTQIA+ ne sont pas nouvelles, mais leur légitimité dans le monde de l’art reste à être
pleinement accueillie. C’est pourquoi, il a semblé essentiel aux deux fondatrices de mener à bien ce
prix, entouré d’artistes, de juré·es et de partenaires qui défendent un idéal commun, en faveur des
représentations minoritaires.

L’exposition-festival Utopi·e est « une synthèse concrète et dégenrée qui montre qu’un changement est possible vers une plus grande diversité artistique et culturelle ».

  • L’appel à candidatures

Lancé en février 2022, l’appel public à candidatures du prix Utopi·e invitait les artistes à proposer une œuvre qui traite des diversités et des enjeux queer, en offrant une vision étendue de l’art et de la société.

Parmi plus de 250 dossiers reçus, 10 ont été choisis par un jury professionnel et indépendant dont les recherches et les activités sont liées aux thématiques LGBTQIA+.

Le jury était composé de 

Isabelle Alfonsi et Cécilia Becanovic, co-fondatrices de la galerie Marcelle Alix
Thomas Conchou, commissaire d’exposition
Raphaël Gatel, sociologue de l’art
Brandon Gercara, artiste
Myriam Mihindou, artiste.

  • Les œuvres exposées

« Sélectionnées pour la modernité de leur langage esthétique et poétique, les œuvres exposées constituent de forts points d’appui pour entretenir un dialogue sociopolitique en proposant des ouvertures à une conversation plus globale ».

Elles proposent de nouvelles façons de se définir, d’appréhender sa sexualité, son identité de genre et les enjeux qui y sont liés. Elles dénoncent aussi des sociétés violentes pour les personnes issues de la communauté LGBTQIA+ à l’instar des œuvres d’Alireza Shojaian, obligé de quitter l’Iran pour continuer son œuvre soumise à la censure dans son pays.

  • Les 10 artistes de la première édition du Prix Utopi·e

Les 10 artistes présentés sont: Aurilian, Zoe Heselton, Hélène Alix Mourrier, Valentin Noujaïm, Anouchka Oler Nussbaum, Damien Rouxel, Victorien Soufflet, Alireza Shojaian, Nanténé Traoré, etaïnn zwer.

« Parmi les projets sélectionnés, certains se réapproprient la culture à l’origine de la majorité des représentations de nos sociétés pour en proposer une version actualisée », à l’image de la série « Tu vas
pas muter » de Nanténé Traoré qui a photographié des personnes pendant leur transition.

Loin d’un regard uniquement parisien et lisse, plusieurs artistes vivent loin de la capitale, comme Zoe Heselton, Damien Rouxel, Valentin Noujaïm ou encore Aurilian. Comme etaïnn zwer, ielles
ne sont pas toujours implanté·es dans les systèmes établis de l’art.

Ainsi, l’ensemble des œuvres exposées « offrent une vision plus transversale des expériences et des pensées de chacun·es ».

  • Le prix du jury et le prix du public

Deux prix seront décernés pendant la semaine d’exposition-festival aux Magasins généraux.

Le·a lauréat·e du Prix du jury sera doté·e d’une somme de 5 000€ et aura l’opportunité de présenter des
œuvres pendant deux semaines dans un espace dédié de la galerie Marcelle Alix à Paris.

L’artiste lauréat·e du Prix du public recevra 2 000€ et participera à une résidence d’un mois à la Villa Noailles à Hyères.

Infos pratiques

Exposition-festival du 17 au 22 mai 2022 à partir de 14h
Soirée d’ouverture et remise du Prix du jury mardi 17 mai (Journée Mondiale contre les LGBTIphobies) de 18h à 23h
Journée de clôture et remise du Prix du public dimanche 22 mai de 15h à 21h
Entrée libre et gratuite.

A propos des Magasins Généraux

Les Magasins généraux sont un centre de création fondé par BETC. Nés dans un bâtiment industriel des années trente au bord du canal de l’Ourcq à Pantin, ils participent activement à l’énergie et à l’émergence du Grand Paris.

Les Magasins généraux développent toute l’année une programmation artistique et culturelle originale, sans limite de forme – expositions, festivals, conférences, projets d’édition… – avec des artistes de tous horizons. Afin d’encourager les synergies entre art et société, les Magasins généraux associent au gré de leurs projets des marques, des médias, des associations, des acteurs locaux ou des institutions culturelles, à travers la construction de collaborations inédites.

SOURCE: Magasins Généraux (DP)

PHOTOS: Magasins Généraux

PHOTO du carrousel: Victorien Soufflet, Vue de l’exposition « Daybeds, day dream, they have non reproductive desires », KEUR, Paris, 2020 © Victorien Soufflet

Date de première publication: 17/05/2022

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