Après la crise du covid-19, le nouveau Grand Palais doit revoir ses ambitions et réorienter une partie de son projet de rénovation

Dans un contexte fortement modifié par la crise sanitaire, le ministère de la Culture a décidé de « réorienter » le projet de restauration du Grand Palais et du Palais de la Découverte, dont les études et travaux préparatoires sont en cours depuis 2016. Construit pour l’Exposition universelle de 1900 et dédié « à la gloire de l’art français », le Grand Palais bénéficiera d’une restauration massive mais dont le périmètre a été revu vers un concept plus sobre et écologique.

Le premier projet, jugé par certains observateurs « pharaoniques », avait été présenté en 2018. (Lire l’article du Clic France: La RMN-GP et l’état Français imaginent un nouveau Grand Palais pour 2021)

La réorientation du chantier est liée à deux principaux facteurs.

Tout d’abord, le périmètre du projet s’est étendu : depuis fin 2018, les façades et la statuaire du Grand Palais ont connu une dégradation très importante, générant la mise sous filet de l’ensemble des ouvrages. Ce phénomène inattendu n’était pas pris en compte dans le projet initial. Cette restauration, indispensable, devra être réalisée dans le respect de l’enveloppe du projet global.

Par ailleurs, la tenue d’épreuves olympiques et paralympiques en 2024 au Grand Palais et les retards infligés au projet depuis mars 2020 par la crise sanitaire ont conduit le ministère de la culture et la Réunion des musées nationaux – Grand Palais (Rmn-Grand Palais) à prendre acte des risques, désormais non soutenables, de dérapage du calendrier de réalisation des travaux et de dérive financière significative du projet.

Respecter les impératifs budgétaires et calendaires

Le ministère de la Culture a donc demandé à Chris Dercon, Président de la Rmn-Grand Palais, de concevoir, avec l’aide des services de l’Etat, et en lien avec Universcience, opérateur du Palais de la Découverte, un projet de restauration respectant les impératifs budgétaires et calendaires, en maintenant l’ambition programmatique et culturelle initiale, et en intégrant la restauration de nouveaux éléments.

Conformément aux dispositions du Code du Patrimoine, l’architecte en chef des monuments historiques territorialement compétent, François Chatillon, assurera la maîtrise d’œuvre des volets de restauration et de mise aux normes, sous le contrôle de la Conservation régionale des Monuments Historiques. La Rmn-Grand Palais fera par ailleurs appel à des architectes, des designers et des artistes, à travers des concours spécifiques d’aménagement et des commandes publiques.

En accord avec le ministère de la Culture, la Rmn-Grand Palais va opter pour un projet de restauration plus sobre, visant à redécouvrir le bâtiment et à retrouver et à exploiter ses espaces initiaux.

Les destructions sont réduites au minimum, et le projet n’impose plus de creuser sous la Nef ni dans les espaces boisés classés et espaces verts protégés situés aux abords du monument. La dimension écologique du projet est ainsi renforcée.

Une « architecture post-Covid »

Des principes structurants du programme architectural sont affirmés :
restaurer et mettre aux normes le monument, notamment en matière de sécurité incendie et d’accessibilité ;
retrouver les circulations historiques du bâtiment, du nord au sud (connexion Champs-Elysées – Seine) et de l’est à l’ouest (connexion entre la Nef du Grand Palais et du Palais de la découverte) ;
restaurer la Nef pour augmenter sa jauge et réguler sa thermie ;
créer une entrée commune pour les publics du Grand Palais et du Palais de la découverte.

En outre, le projet s’inscrit dans une « architecture post-Covid », visant à disposer de lieux de circulation généreux.

Rapprocher arts et sciences

Ce projet conforte les ambitions culturelles initiales du nouveau Grand Palais et intègre celles du Palais de la Découverte, dans un projet qui rapproche arts et sciences.

Les espaces d’exposition seront remis pleinement aux normes techniques et d’accessibilité pour améliorer l’expérience de visite des publics, autour de projets artistiques et culturels repensés par chaque institution.

Les liens entre les productions d’expositions de la Rmn-Grand Palais, l’offre de médiation, la programmation culturelle et l’ensemble des événements accueillis au Grand Palais seront renforcés. De vastes espaces offriront la possibilité d’une visite en accès libre et seront conçus et aménagés comme de véritables lieux de vie pour le public.

Le projet permettra de développer de nouvelles offres comme des expositions immersives.

Il donne également une large place à l’éducation artistique et culturelle grâce à la Galerie des enfants, menée conjointement par la Rmn-Grand Palais et Universcience, et aux ateliers de médiation. La muséographie et l’offre du Palais de la Découverte seront renouvelées conformément au projet scientifique et culturel porté par Universcience.

Lieu hybride accueillant des événements et des expositions, lieu républicain ayant traversé tout le XXème siècle, lieu fragmenté au cours de son histoire, le Grand Palais redeviendra, par cette grande restauration, un lieu culturel majeur à Paris offrant une nouvelle programmation pluridisciplinaire et une nouvelle expérience de visite. Il deviendra une plateforme de dialogue entre les arts et les industries culturelles et créatives ainsi qu’avec les sciences, afin d’appréhender les enjeux du monde contemporain et de tracer des perspectives d’avenir.

La Nef et les galeries l’entourant devront être restaurées et mises aux normes d’ici le printemps 2024 pour l’accueil les Jeux Olympiques et Paralympiques. L’intégralité du monument, y compris le Palais de la Découverte, sera ouvert au public au printemps 2025.

Un « Grand Palais éphémère » en cours de montage sur le Champ-de-Mars

Un bâtiment provisoire d’environ 10.000 m2 est en cours de construction à côté de la tour Eiffel, pour accueillir les évènements normalement organisés au Grand Palais le temps de travaux. 

Le Grand Palais éphémère  abritera en 2024 les compétitions de judo et de lutte des Jeux Olympiques.
(c) Wilmotte & Associés Architectes

Le « Grand Palais éphémère », bâtiment provisoire d’environ 10.000 m2 conçu par l’architecte Jean-Michel Wilmotte, accueillera d’ici là les manifestations artistiques et culturelles, ainsi que les événements liés à la mode, à la gastronomie et au sport habituellement organisés dans la Nef. Une grande partie du Champ-de-Mars restera accessible aux promeneurs.

Une fois ces travaux de rénovation achevés, le Grand Palais historique accueillera à l’été 2024 les épreuves d’escrime et de taekwondo des Jeux olympiques, puis d’escrime fauteuil et de para judo des Jeux paralympiques. Le « Grand Palais éphémère » abritera au même moment les compétitions de judo et de lutte des JO, puis celles de tennis de table paralympiques.

SOURCE: RMN-GP (CP)

PHOTOS: RMN-GP

Date de première publication: 28/09/2020

La RMN-GP est membre du Clic France 

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La RMN-GP et l’état Français imaginent un nouveau Grand Palais pour 2021

 

. « Le projet pharaonique du Grand Palais définitivement enterré » (Le Figaro, 25/09/2020)

. « Jugé « trop pharaonique », le chantier du Grand Palais abandonné » (Le Monde, 27/09/2020)

. « Un Grand Palais « plus sobre et plus écologique » à Paris : comment le trop coûteux projet de restauration a été révisé » (France TV Infos, 28/09/2020)

. « L’ambitieux projet architectural du Grand Palais abandonné » (Connaissance des Arts, 28/09/2020)

. « Restauration du Grand Palais : vers un monument plus sobre » (Le Moniteur, 28/09/2020)

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