Première exposition « monumentale » pour les créations sur iPad de l’artiste britannique David Hockney

La création artistique sur iPad, telle est la tendance impulsée par David Hockney, grand maître britannique de la peinture. Un nouveau « mouvement pictural » reconnu par le De Young Fine Arts Museum de San Francisco dans une grande exposition.

Près de 35 000 ans après l’émergence de l’art pariétal, l’art connaîtrait-il un nouveau tournant, influencé par l’utilisation des nouveaux outils technologiques ?

Pilier de cette évolution: David Hockney, qui s’est affirmé depuis près de 50 ans comme l’un des artistes anglais les plus célèbres et les plus innovants.

A 76 ans, l’artiste est toujours aussi prolifique et créatif. Preuve en est de la nouvelle exposition « David Hockney qui lui est dédiée et qui vient d’ouvrir ses portes au de Young Museum à San Francisco jusqu’au 20 janvier 2014.

Les nouvelles technologies, moteur dans la carrière de David Hockney

« A bigger Exhibition », tel est le titre de cette exposition, qui entrera dans l’histoire du musée comme sa plus conséquente. Sur 18 000 m2, l’artiste expose 396 pièces, réalisées entre 1999 et aujourd’hui. La plupart sont des paysages et des portraits, créés au moyen d’une grande diversité de médiums: aquarelle, fusain et même vidéo.

Le point d’orgue de cet événement demeure la présentation de « peintures iPad », dont ses 12 impressionnantes vues du parc national de Yosemite.

Les nouvelles technologies occupent une place majeure dans l’art de David Hockney. L’artiste avait déjà utilisé des outils comme Photoshop pour proposer des interprétations de l’œuvre « Le sermon sur la montagne » de l’artiste français baroque, Claude Lorrain, artiste qu’il admire mais dont il trouvait la composition trop sombre. Ses propositions composent d’ailleurs une des sections de l’exposition.

Un artiste enthousiaste quant aux potentialités offertes par l’iPhone et l’Ipad

L’apparition de l’iPhone et de l’iPad ont néanmoins eu un effet beaucoup plus marquant sur sa création. 

« Je suis persuadé que c’est un nouveau médium» affirme-t-il de l’iPhone et de l’iPad. « Je les trouve plus intéressant que Photoshop, car nous pouvons constituer une couleur à partir d’une autre et pouvons travailler très vite. C’est quelque chose qui intéresse vivement tout dessinateur. »

Autre atout de ces outils: ils sont facilement transportables, grâce à une taille et un poids raisonnables. C’est ainsi que David Hockney a commencé à dessiner sur l’iPhone en 2008, puis dès l’apparition de l’iPad, faisant de lui un précurseur. L’artiste n’était pourtant pas certain de ce qu’il était en train de créer jusqu’à ce qu’il en imprime le résultat.

« J’ai commencé par dessiner sur un iphone puis j’envoyais cela à des amis. J’ai été quelque peu étonné par le résultat pour tout dire », affirme- t-il en riant. « Et je le suis toujours. »

Retour à l’utilisation millénaire du doigt comme outil de création

Se servant de son doigt tel un pinceau l’artiste utilise notamment une application conçue par l’ancien ingénieur d’Apple Steve Sprang. appelée « Brushes » et rapidement approprié par les artistes, graphistes et designers. Ainsi qu’une dizaine d’autres programmes tels que Touch Sketch, SketchBook, et Bamboo Paper.

Comme l’explique l’historienne d’art de l’Université de Long Island, Maureen Nappi, qui travaille sur l’évolution du dessin, « l’utilisation des doigts comme  moyen de création est un principe millénaire, déjà présent chez les hommes préhistoriques ».

L’art digital acquiert ses lettres de noblesse avec David Hockney et cette exposition

Selon l’historien d’art Kevin Hatch, « le tournant digital de l’art aurait été amorcé il y a près de 25 ans », mais le fait qu’un artiste majeur, reconnu comme un grand maître de la peinture à huile, exploite ces technologies et puisse les exposer dans une des institutions muséales de premier plan, donne toute sa légitimité à cet « art digital », au même titre que la photographie il y a 100 ans.

Des vues spectaculaires du parc Yosemite

Le résultat est assez impressionnant, comme en témoignent notamment les douze images du parc Yosemite, imprimées sur des panneaux de près de 6 mètres. L’artiste offre de larges panoramas de pins verts, sur fond de paysages montagneux, le tout dans une atmosphère tantôt lumineuse ou nuageuse.

Pour le directeur de l’institution, Colin Bailey, David Hockney y fait montre d’une « grande maîtrise de l’espace, de l’atmosphère et de la lumière. »

D’autres dessins iPad sont également présentés sur des écrans plus ou moins géants. Certaines peintures de paysage de Hockney ont été agrandies pour créer des impressions immenses de la taille d’un mur, qui nécessitent 18 moniteurs pour leur affichage haute résolution. D’autres images présentées dans l’exposition sont animées, permettant ainsi aux visiteurs de comprendre la manière dont elles ont été créées. L’exposition comprend enfin 147 autres œuvres numériques diffusés sur sept écrans LED.

Une visite audioguide réalisée par Antenna International et loué 7 $ ou 6 $ propose notamment une interview du commissaire de l’exposition,  Richard Benefield, des interview de visiteurs réagissant devant les œuvres et une sélection de titres musicaux d’artistes inspirés par Hockney.

Ironie de l’histoire: le peintre âgé de 78 ans présente ses œuvres créées sur iPad à quelques kilomètres du lieu où a été inventé cet objet numérique. Quel meilleur exemple de fusion de l’art et de la technologie ! 

Site web de l’exposition

Sources : Smithsonian.com, wnyt.com, CBS SF Bay Area, Huffington Post, de Young

Date de première publication: 12/11/2013

Photos © David Hockney

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