Depuis le 11 avril 2013, l’agence DDB Paris a lancé une opération qui constitue une première française sur Facebook et un audacieux dispositif de promotion digitale pour le Musée de la Grande Guerre. « Au cœur du quotidien d’un Poilu » est le témoignage quotidien d’un jeune Français et de ses camarades, entraînés dans la guerre de 14. Ce journal de bord numérique peut se feuilleter et se partager sur facebook jusqu’au 17 mai.

Alors que 23 millions de Français partagent aujourd’hui leur vie avec leurs proches sur Facebook, le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux a imaginé ce qu’un jeune Français ordinaire aurait pu poster en 1914, alors que la guerre éclate et que sa vie bascule.

Une manière originale et inédite d’évoquer la vie des soldats dans les tranchées, à travers le témoignage fictif mais réaliste de Léon Vivien, enseignant, jeune marié et bientôt père. Une histoire faite de joie et d’angoisses, de haines et d’amitiés, de patriotisme et d’horreur.

« Pour la première fois, un musée, en reprenant tous les moyens narratifs propres à ce réseau, va offrir aux Français la possibilité de vivre au jour le jour le quotidien d’un Poilu. C’est surtout une manière originale pour les jeunes générations de découvrir cette période de l’Histoire, à travers un outil qui leur est familier », explique Michel Rouger, directeur du Musée de la Grande Guerre.

« Notre génération n’a jamais connu la guerre et le dernier témoin français de la Première Guerre mondiale, Lazare Ponticelli, est décédé en 2008 », rappelle également au Parisien Jean-François Bouchet, rédacteur à l’agence DDB et auteur des posts de Léon Vivien.

Facebook permet donc de toucher particulièrement le public des 15-35 ans, qui vont pouvoir réaliser ce que leurs amis ou eux-mêmes auraient pu poster sur le réseau en 1914, s’il avait existé.

Le feuilleton débute avec l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, le 28 juin1914. La page Facebook spécialement créée a été conçue comme le compte personnel de Léon Vivien.

Elle est alimentée par ses posts quotidiens (souvent trois ou quatre par jour) et les commentaires de sa famille ou de ses camarades. Coups de gueule, anecdotes et autres moments de vie sont partagés sur le ton de la plaisanterie, de l’angoisse, de la fatigue ou de l’espoir.

« Il était indispensable que les publications de Facebook soient justes, que le langage d’époque soit crédible », insiste Michel Rouger.

Le musée a fourni les divers documents, photographies, dessins, affiches, fichiers sonores, issus de sa collection, et l’historien Jean-Pierre Verney a apporté sa caution scientifique à l’ensemble des publications.

Mais la page n’est pas figée dans le passé, c’est un espace d’échanges avec les internautes d’aujourd’hui. Ils peuvent poser des questions au musée, commenter ou « liker » les publications de Léon. Souvent, leurs messages sont des paroles de soutien, d’encouragement, de remerciement. Certains se laissent transporter au temps de Léon, d’autres observent ce quotidien avec recul et horreur.

A la veille du centenaire de la Grande Guerre, l’utilisation de Facebook permet de rapprocher les deux époques. A travers cette histoire humaine, le projet aide à mieux comprendre la vie quotidienne des soldats, à se rapprocher d’eux et finalement à se plonger véritablement dans l’Histoire. Pour ce projet, Facebook, réseau social et véritable média de masse, se transforme en outil de médiation, de connaissance et de transmission de la mémoire collective.

Premiers chiffres du succès: au 8 mai 2013, la page facebook de Léon Vivien  comptait plus de 52 000 amis, contre 2 500 amis pour la page facebook officielle du musée !

Site web du musée

Page facebook du musée

Présentation du projet sur le site web du musée

Déjà une utilisation historique de facebook par la Tour de Londres

Autre manière de plonger dans l’histoire sur Facebook, la Tour de Londres a lancé en 2011 sur sa page facebook un retour sur près de mille ans d’histoire, remontant à la création de la forteresse par Guillaume le Conquérant, en 1066. Cette chronologie sur facebook évoque les moments plus ou moins terribles de l’histoire de la Tour, de l’exécution d’Anne Boleyn au grand incendie de Londres en 1666, en passant par la torture de Guy Fawkes et d’autres événements légendaires.

L’initiative s’inscrit dans une perspective de développement et de renouvellement du public du monument, afin de toucher les plus jeunes via les médias sociaux tels que Facebook, en profitant des interactions permises par ces plateformes.

Comme l’a expliqué Tim Powell, Directeur des médias numériques de l’institution Historic Royal Palaces, gestionnaire du lieu, « facebook est un moyen incroyablement puissant pour que le jeune public découvre et interagisse avec la riche histoire de la tour, de la même manière qu’il communique avec ses amis et partage sa propre vie. On se demande juste si Henri VIII et d’autres personnages plus ou moins glorieux qui ont fait l’histoire de la tour auraient apprécié d’avoir leur vie passer ainsi  devant le jugement de la génération Facebook !”.

Site web Tower of London

Présentation de l’initiative sur le site du monument

Page facebook

Rédaction : Carole Heulin

Date de première publication: 10/05/2013

SUR LE WEB:

Leon Vivien sur facebook

. « Et si facebook avait existé en 1914 ? » (11/04/2013)

. « La page Facebook de Léon Vivien, poilu, né en 1885″ (14/04/2013)

La Tour de londres sur facebook

. « Tower Of London Has World’s Longest Facebook Timeline » (27/09/2012)

. « The oldest Timeline on Facebook? Tower of London launches 1000 years of history » (28/09/2012)