La Digital Public Library of America (DPLA), initiative visant à créer une bibliothèque numérique américaine, a été lancée en version bêta le 18 avril 2013. Dans cette première étape, la DPLA combinera des collections numériques provenant des archives des états et des régions, des bibliothèques universitaires, et des collections nationales.

Le projet DPLA est né en octobre 2010 pendant une réunion de quarante professionnels des bibliothèques, fondations et universités à Cambridge, Massachusetts. Ils se sont mis d’accord pour créer « un réseau ouvert, distribué des ressources numériques complètes qui est fondé sur le patrimoine américain des bibliothèques, universités, archives et musées, pour éduquer, informer et valoriser cette génération et celle de l’avenir ». Depuis avril 2010, le projet est entré dans sa phase de conception.

La version bêta de la DPLA a été lancée le 18 avril 2013, à la Boston Public Library pendant la semaine nationale des bibliothèques. Nombreuses institutions américaines participent déjà avec ce projet, dont le Smithsonian, les National Archives and Records Administration, la Harvard University Library, la New York Public Library, ARTstor, et des bibliothèques numériques aux niveaux des régions et des états.

Il s’agit de la « plus vaste entreprise de numérisation et de diffusion du patrimoine culturel et scientifique américain » puique la Digital Public Library of America (DPLA), offre dès son lancement l’accès à plus de deux millions de documents issus des plus riches bibliothèques, musées et archives du pays.

« La DPLA ouvrira tout un univers d’informations aux étudiants de tous âges et de tous intérêts à travers le pays et rendra nos collections encore plus accessibles au public », a déclaré Tony Marx, directeur de la New York Public Library, sur le site www.dp.la.

La bibliothèque new-yorkaise apportera plusieurs collections historiques, dont la Thomas Addis Emmet Collection, qui réunit notamment 11 000 lettres manuscrites de la plupart des personnages marquants de la révolution américaine et les tout premiers plans de la ville de New York. De leurs côtés, les Archives nationales américaines fourniront plus de 1,2 million de pièces numériques, dont des documents de la Guerre civile américaine et des affiches de la Seconde Guerre mondiale.

La DPLA se distingue des sites comme Google Books en donnant un accès libre aux collections existantes des bibliothèques. Un utilisateur peut ainsi consulter le site de la DPLA, entrer un titre ou un auteur, et trouver une version numérique d’un ouvrage qui se trouve, par exemple, au Smithsonian. La DPLA ne cherche pas à remplacer Google, mais plutôt à compléter les initiatives du moteur de recherches.

« Si vous êtes Google, vous pouvez venir et vous servir, » dit Dan Cohen, directeur de la DPLA, dans The Verge. « C’est exactement comme Wikipedia. Vous pouvez prendre ces informations et les utiliser comme vous voulez. »

Financement primaire par les institutions philanthropiques

La DPLA est financée pour les trois premières années par les dons des grandes institutions, dont les fondations Sloan, Arcadia, Knight et Soros, ainsi que le National Endowment for the Humanities et l’Institute of Museum and Library Services. Ses concepteurs espèrent ensuite développer un modèle d’entreprise durable, soutenu par des bibliothèques et des musées à travers les États-Unis.

La DPLA démarrera avec du contenu déjà numérisé par les musées et bibliothèques américains, surtout des contenus écrits et rares. Ses concepteurs travaillent déjà à créer un système qui serait compatible avec des autres types de contenus, comme les images, les films, et les enregistrements sonores.

La DPLA ne propose actuellement que des contenus entrés dans la domaine public, afin de respecter les règles du droit d’auteur. Les contenus proposés par la DPLA seront disponibles pour des téléchargements et un accès universel. Les services seront gratuits, et la plateforme fonctionne sur un support open source. A l’avenir, la DPLA entend financer la numérisation de nouveaux contenus pour les rendre disponible, sur sa plateforme mais également sur les plateformes des bibliothèques, musées et archives partenaires aux Etats-Unis.

Accès central mais hébergement délocalisé

La DPLA n’entend pas stocker les données sur son propre serveur mais elle établira des connections avec les collections de ses partenaires, en ajoutant ou regroupant les descriptions de chaque objet (les métadonnées). La base de données des contenus et les métadonnées pourront faire l’objet d’API utilisables par des tiers.

L’interface permettra également à n’importe quel lecteur de consulter des ouvrages inaccessibles. En utilisant l’URL, http://dp.la/, un utilisateur pourra faire une recherche dans les collections en entrant un titre ou un auteur, et ils sera dirigé vers le livre ou tout autre « objet numérique » hébergé par l’institution partenaire.

La plate-forme de la DPLA entend donc devenir une tête de réseau pour un nombre croissant d’organisations à travers les Etats-Unis qui fourniront du contenu et des services. La DPLA pourra également s’appuyer sur ce réseau vaste de contributeurs et de contenus pour constituer des « assemblages » et collections thématiques.

De futures coopérations avec Europeana

La DPLA a été conçue pour pouvoir s’intégrer facilement avec Europeana, la bibliothèque numérique européenne. Des coopérations et partenariats sont déjà envisagés. A l’image d’un premier projet commun déjà présenté sur le site du Clic France, l’exposition sur les migrations, « Quitter l’Europe, une nouvelle vie en Amérique ».

Site web de la DPLA

Page wikipedia

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Auteur: Marina Gross-Hoy

Date de première publication

Informations fournies par la DPLA