DOSSIER / Peut-on vraiment monétiser les contenus et activités numériques des musées et des lieux de patrimoine ? (04/12/2020)

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Depuis la crise du covid 19 et le confinement qu’elle a déclenché, une question récurrente est posée par les gestionnaires des musées, mais également leurs tutelles et les experts. Comment monétiser les contenus numériques des musées et des lieux de patrimoine ? De manière étonnante, cette interrogation était quasi inexistante avant même que les institutions culturelles ne doivent leur « existence » et leur relation avec le public aux nouveaux contenus et expériences numériques. Les difficultés financières engendrées par la fermeture des musées les conduisent donc aujourd’hui à chercher à générer des revenus de leurs activités en ligne. Mais est-ce vraiment possible ? Et les deux objectifs -audience et monétisation- sont ils vraiment compatibles ?  

Le 5ème et dernier atelier webinar 2020 du Clic France, le jeudi 10 décembre 2020, sera consacré à « la monétisation des contenus ou activités numériques ». N’hésitez pas à nous faire part de vos expériences par mail webinar@club-innovation-culture.fr

SOMMAIRE

Le plus évident: optimiser les ventes de la boutique en ligne…

… et imaginer de nouveaux produits dérivés à vendre en ligne ou en boutique

Le plus délicat: vendre des contenus

Le plus attendu: vendre des ateliers et cours payants, pour adultes …

… et des activités jeunesse payantes

Le plus légitime: commercialiser des visites, mais guidées et interactives  

Le plus compréhensible: facturer des événements spéciaux en ligne

Le plus malin: virtualiser ses ventes aux enchères et sa soirée de gala ….

… et stimuler les collectes de dons

Le plus progressif: « suggérer » de payer pour des contenus

Le plus indirect: fidéliser ses « amis » par des contenus et services exclusifs

Le plus efficace: séduire des mécènes.

Juxtaposer ces deux objectifs est d’autant plus dangereux que des visites virtuelles ou des conférences en ligne payantes ne remplaceront jamais les revenus perdus par l’effondrement du nombre de visiteurs et des recettes billetterie induites. Les masses financières en jeu ne sont en effet pas comparables.

Des expériences numériques menées par des institutions culturelles d’Amérique du Nord ou d’Europe ont cependant permis de générer des revenus, même s’ils demeurent le plus souvent limités et le réel montant de ces recettes est rarement communiqué à l’extérieur.

Voici donc quelques méthodes utilisées par certains lieux culturels pour générer de nouvelles recettes, avec leurs contenus et surtout leurs activités numériques.

  • Le plus évident: optimiser les ventes de la boutique en ligne…

Un des premiers moyens d’accroitre les revenus numériques est de s’appuyer sur la seule activité en ligne originellement créée pour générer des revenus, et cela bien avant le covid-19: la boutique en ligne.

Activité commerciale par définition, elle devrait aisément profiter de l’explosion globale des ventes en ligne et du succès phénoménal des acteurs mondiaux du e-commerce, Amazon, Alibaba ou Fnac-Darty et Cdiscount en France.

Inspirés par ces modèles, des musées ont joué la carte de l’innovation sur leurs boutiques en ligne.

. Le musée KMAC de Louisville a ainsi lancé un Happy Hour virtuel sur Zoom, qui présentait chaque mois une sélection thématique d’objets de sa boutique du musée, en y associant même des produits imaginés par des artistes locaux.

Ceux qui regardaient l’événement Zoom ajoutaient simplement un commentaire lorsqu’ils voulaient acheter un objet et étaient contactés et facturés après l’évènement. Chaque épisode du Virtual Happy Hour, qui proposait des réductions jusqu’à 70%, a rapporté autour de 1 000 $ de ventes pour le musée, soit une très belle performance pour une heure sur Zoom.

. Les musées chinois ont proposé des sessions de Live Streaming, en partenariat avec Alibaba, pour doper la commercialisation de leurs produits dérivés.

. De leurs côtés, le Rijksmuseum d’Amsterdam et Met de NYC ont largement mis en avant sur leurs réseaux sociaux, les nouveaux produits dérivés conçus dans le cadre de leur concours créatif et de leur programme Open Content pour en pousser les ventes.

  • … et imaginer de nouveaux produits dérivés à vendre en ligne ou en boutique

D’autres musées ont profité de cette période extra-ordinaire pour imaginer de nouveaux produits dérivés.

Le nouveau produit dérivé le plus évident et populaire a évidemment été le masque de protection. La majorité des grands musées américains et néerlandais ont très vite mis en vente sur leur boutique en ligne ces accessoires si recherchés, aux couleurs de leurs œuvres.

Certains modèles ont d’ailleurs constitué les meilleures ventes jusqu’à être en rupture de stock pendant plusieurs semaines au printemps 2020.

Voici une sélection de ces masques arty:  Whitney NYC (2 modèles, 39 $), Brooklyn Museum NYC (3 modèles, 20 $), Met Museum NYC (7 modèles, 12 à 25 $), MoMA NYC (plus de 13 modèles, 13.95 à 88.95 $), Boston Museum of Fine Arts (17 modèles, 14,95 à 25 $), Cleveland Museum of Art (4 modèles, 5 à 15 $), Lacma LA (23 modèles, 15 à 75 $), National Gallery Washington (12 modèles, 15 à 25 $), The Broad LA (6 modèles, 16 à 25 $), Getty Museum (9 modèles, 9 à 9.95 $), Rijksmuseum Amsterdam (1 modèle, 18.95 €), Van Gogh Museum Amsterdam (3 modèles, 27.80 €), Guggenheim Bilbao (5 modèles, 9 €), Tate (10 modèles, 8.5 à 10£), V&A Museum (8 modèles, 5 à 10£), RMN Boutique des musées (6 modèles, 9.90 €), Centre Pompidou (2 modèles, 9.90 €).

  • Le plus délicat: vendre des contenus

. En mai 2020, le mémorial de Verdun a été l’un des premiers lieux culturels dans le monde à proposer une visite virtuelle, en 3D sur la plateforme Matterport, dont l’accès intégral nécessite le paiement d’un droit d’entrée, même réduit de 3 euros. (Lire article du Clic France: Covid-19 / Le mémorial de Verdun met en ligne une nouvelle visite virtuelle, en partie payante)

. En novembre 2020, la National Gallery de Londres a été l’une des premières institutions muséales à commercialiser une visite vidéo préenregistrée. « Artemisia: le film de l’exposition guidé par un commissaire » peut être acheté et regardé à la demande au tarif de 8 £ (Gratuit pour les membres). Cette visite de 30 minutes, avec la commissaire de l’exposition, Letizia Treves, conservateur des peintures italiennes, espagnoles et françaises après le XVIIe siècle de la National Gallery et experte mondiale de la peinture italienne, est disponible dans le compte de l’acheteur, pendant 48 heures. Cette commercialisation a suscité de nombreuses réactions en Grande-Bretagne, notamment de la part de certains journalistes et même de membres du parlement qui considèrent que l’institution « ne respecte pas ses missions en vendant un tel contenu ».

. Toujours à Londres, le Design Museum a annoncé le 24 novembre la mise en vente d’une vidéo de visite de l’exposition consacrée aux musiques électroniques au prix de 7.99£ (gratuit pour les membres). Cette nouvelle offre commercialisée sur facebook fait d’ailleurs l’objet d’une soirée de lancement, diffusée par facebook. (Lire article du Clic France: Le Design Museum de Londres lance une visite virtuelle payante de l’exposition « Electronic »)

  • Le plus attendu: vendre des ateliers et cours payants, pour adultes …

Transférer en mode numérique des ateliers et des conférences pour adultes, habituellement proposés au public et les faire payer est une voie que plusieurs musées ont décidé d’emprunter (et de tester) pour générer des revenus en ligne.

La découverte de Moïse par Orazio Gentileschi. (c) National Gallery

. La National Gallery de Londres a été l’un des premiers musées à lancer un programme d’activités en ligne payantes, dès juin 2020. Jusqu’à 5 sessions thématiques de cours ont ainsi été proposées en parallèle, au tarif de de 50 à 75 £.

Ces cours payants incluent « Histoires d’art – de 1400 à 1500 – De Botticelli à Bellini, découvrez la peinture de la Renaissance du XVe siècle », en 6 cours sur Zoom, le mercredi 17h30 – 19h30, du 21 octobre au 25 novembre 2020, vendu 75£ pour les non membres et 70£ pour les membres.

La National Gallery propose également un cours payant pour les enseignants consacré à son initiative éducative « Take One Picture » et à l’œuvre de sa collection La découverte de Moïse par Orazio Gentileschi. La session (2 dates possibles en octobre et décembre) de 2H30 sur Zoom est vendue 45£.

A Londres, trois autres musées ont également proposé des cours payants.

. Du 16 octobre au 20 novembre 2020, la Tate a diffusé un cours de gravure en ligne de six semaines afin de pouvoir « explorer les qualités magiques et l’alchimie de la gravure cyanotype ». Ce cours utilisait la photographie de paysage poétique de Don McCullin comme tremplin pour « encourager à réfléchir aux paysages qui vous entourent ». Au cours des 6 semaines, ces sessions de 2 heures comprenaient des démonstrations en direct et des interactions de groupe avec l’artiste et graveuse Colette Whittington, ainsi que des conférences préenregistrées dans la galerie ou en studio. Les apprenants pouvaient partager leur travail en direct dans des soirées et dialoguer avec d’autres participants dans un forum en ligne. Les inscrits reçoivent un pack de matériel de base. Vendue 100£, la session de cours était accessible via Zoom.

. En novembre 2020, le British Museum propose une formation payante « Sanskrit: une introduction pour les débutants ». Tous les vendredis de 17h00 à 20h00, pendant 4 semaines, ce cours présenté en collaboration avec une société spécialisée dans l’éducation pour adultes, utilise des objets du British Museum, y compris ceux liés aux anciens enseignements du Tantra, pour fournir une base dans la langue sacrée du sanskrit. La session est commercialisée 129 £ (Membres 103 £). Cette formation accompagne l’exposition Tantra: des lumières à la révolution au British Museum (jusqu’au 24 janvier 2021).

. Lors de sa fermeture, le V&A a décidé de basculer son Academie en ligne. Les cours d’histoire de l’art de la V&A Academy offrent des cours sur des domaines clés de l’histoire de l’art et s’appuient largement sur les collections du V&A. Ces cours combinent des conférences, des sessions de questions-réponses, des discussions de groupe et des études de cas d’objets pour « raconter l’histoire de la créativité humaine ».

Diffusées via une plateforme Microsoft, 4 sessions thématiques sont proposées au tarif de 395£ (12 cours de 3 heures, de janvier à mars 2021) sur les thèmes suivants: « Arts d’Asie du Sud et du Sud-Est: commerce, transfert et accueil », « Classicisme des anciens à la Renaissance » et « De Flandre à Florence: Europe 1380-1450 ». Le V&A propose deux autres sessions moins onéreuses: « L’art de la vie quotidienne: une histoire de la peinture de genre » à 120£ (6 cours de 3 heures, de janvier à février 2021), « Une histoire gay des objets et du design » à 120£ (6 cours de 3 heures, en février et mars 2021) ou « Sacs: passé, présent et futur » à 90£.

. Pour la saison 2020-2021, les cours d’éducation artistique de Paris Musées « Les Paris de l’Art » sont également disponibles en ligne ! Chacune des séances est disponible au choix, à l’auditorium du Petit Palais ou en rediffusion en ligne (vidéo disponible en streaming le mardi suivant la présentation effectuée à l’auditorium, visionnage illimité durant 1 an après la date de diffusion). Les deux formules (auditorium ou en ligne) sont disponibles à la vente sur le site de billetterie de Paris Musées. Les cours en ligne ont démarré le 13 octobre 2020. ils sont vendus en ligne jusqu’au 31/08/2021 au tarif de 6 à 8 € par cours ou de 80 à 130 € pour la série. (Article du Clic France: Quand les institutions muséales et culturelles françaises tentent de monétiser leurs offres numériques !)

Plus original, d’autres musées diversifient leurs revenus en proposant des cours de cuisine. Le Musée et Bibliothèque nationale tchèque et slovaque, Cedar Rapids, Iowa, a ainsi lancé des cours de cuisine virtuels, où les participants ont la possibilité d’apprendre des recettes slaves traditionnelles. Ces activités en ligne sont facturées 20 $ pour les membres et 25 $ pour les non-membres pour un cours, avec la possibilité d’acheter la série de 5 cours au tarif de 90 ou 115 $.

Après leur cours, les participants peuvent acheter des livres et produits de cuisine à prix réduit dans la boutique du musée.

. Pendant la quarantaine, le musée Cummer (Jacksonville, Floride) a également organisé des cours de cuisine en ligne et en novembre 2020, le musée a lancé une nouvelle initiative avec la chef du Cummer Café, Amelia. Celle-ci proposera plusieurs cours et chaque session sera consacrée à un plat principal et une entrée, et pour chaque cours, les ingrédients sont livrés à domicile. Premier épisode, le 19 novembre 2020, avec la  recette du Coq au Vin, accompagné d’une salade de haricot vert. Ce premier cours est facturé 85 $ inclus la livraison des ingrédients et une partie de la recette revient au musée.

. Les musées Carnegie de Pittsburgh (Pennsylvanie), dans le cadre de leur programme de « voyage organisé virtuel » proposent des conférences payantes sur zoom, d’une heure, sur des thèmes aussi variés que les bijoux de Russie (1 heure, 25$) ou Rembrandt (1H15, 20$). Ces cours peuvent être achetés pour faire des cadeaux.

. Pendant le confinement, le musée d’art d’Asheville (Caroline du Sud) a également proposé une série de cours virtuels pour adultes, tels que «Cultiver les compétences en photographie numérique». le musée a très bien vendu ces cours thématiques sur zoom, au tarif de 85 $ pour les non-membres et 75 $ pour les membres.

. la Royal Collection Trust (RCT) organise également des cours et conférences en ligne, sur Zoom, venus à l’unité au tarif de 5£.

  • … et des activités jeunesse payantes

Deux types d’activités jeunesse payantes ont été imaginées par certains musées, dans le cadre familial ou dans le cadre scolaire.

. Dans le cadre familial

Depuis sa fermeture, le Met Museum a proposé plusieurs activités payantes destinés aux enfants. Virtual Painting Lab (5–8 ans, le lundi de 16 à 17.00) permet d’apprendre « une variété de techniques utilisées dans les œuvres d’art de la collection The Met, des peintures sur panneaux anciennes au Pop Art et d’utiliser une variété de supports, y compris l’aquarelle, l’acrylique et la tempera, pour créer son propre portfolio de peintures ». Ce cours virtuel sur zoom, en groupe de moins de 25 enfants avec 2 éducateurs par groupe, est commercialisé au tarif de 155 $ (pour les membres) et 180 $ (pour les non membres) pour 6 leçons. Virtual Hello, Met! (2-4 ans, le jeudi de 11 à 11.45) propose de « plonger dans des histoires, des chansons et des activités artistiques, en connectant la collection The Met et le monde qui vous entoure! Les enfants et leurs adultes explorent la création artistique chez eux et découvrent de nouvelles façons de créer ensemble ». Ce cours virtuel sur zoom, en groupe de moins de 25 enfants accompagnés d’un adulte, et guidé par 2 éducateurs par groupe, est commercialisé au tarif de 300 $ (pour les membres) et 345 $ (pour les non membres) pour 7 leçons.

Virtual Stories and Glories: World Mythology at The Met (5-8 ans, le vendredi de 16 à 17.00) propose de « découvrir le monde de l’art au Met! Plongez dans des histoires, la mythologie et le folklore du monde entier au cours de ce programme interactif réservé aux enfants. ». Ce cours virtuel sur zoom, en groupe de moins de 25 enfants, guidé par 2 éducateurs par groupe, est commercialisé au tarif de 175 $ (pour les membres) et 200 $ (pour les non membres) pour 6 leçons. Les sessions d’octobre et novembre 2020 de ces 3 cours étaient soldout.

. Le Gugenheim NYC propose également des visites familiales en ligne « Guggenheim à la maison », adaptées de ces activités réelles. Pour les familles avec enfants de 5 ans et plus, cette visite interactive collective de 60 minutes pour les familles comprend des activités créatives et pratiques conçues pour aider les familles à s’engager entre elles et avec des proches de loin. Chaque visite est organisée autour d’un thème unique et met en valeur des œuvres de la collection Guggenheim et des expositions spéciales. Tarif: 15 $ par famille et 10 $ pour les membres. Le dimanche, de 11 h 00 à 12 h 00. Pour les familles avec enfants de 2 à 4 ans, la visite collective Petits Guggs permet aux « petits amateurs d’art et leurs parents ou tuteurs d’explorer une ou deux œuvres d’art puis de créer ensemble une œuvre d’art ». Le dimanche, de 11h à 11h45. 15 $ par famille, 10 $ pour les membres. Chaque inscription familiale comprend l’accès pour tous les membres du groupe familial, même s’ils se trouvent à différents endroits. Entre juin et novembre 2020, ces séances étaient régulièrement soldout.

Le musée de NYC propose également des visites et ateliers privés en ligne, pour « vous et votre famille, vos amis, ou pour une célébration spéciale ». Dans ce programme de 60 minutes, l’un des éducateurs du musée travaille directement avec le groupe constitué pour choisir un thème, une œuvre d’art ou un artiste de la collection Guggenheim. « Nous créerons un espace numérique dédié pour une connexion réelle à travers la conversation, et si vous le souhaitez, nous pouvons faciliter la création artistique pratique en utilisant des matériaux que vous avez déjà chez vous ». 250 $ par groupe par programme. Chaque visite atelier comprend l’accès pour les participants jusqu’à 20 appareils fixes ou mobiles distincts.

Le musée vend également à l’unité des Cours d’art à domicile pour les enfants de 4 à 14 ans. Chaque mardi, de 16.00 à 16.45, la session en ligne sur Zoom de 45 minutes en direct, permet aux enfants de « s’engager et de s’inspirer des œuvres d’art de la collection et des expositions spéciales du Guggenheim, ainsi que de l’architecture du musée ». Un nouveau thème est choisi chaque semaine, pour inciter les enfants « à créer leur propre art! ». Un lien de réunion Zoom et une liste de matériel sont envoyés par courrier électronique au moins 24 heures avant chaque cours. Les sessions pour les classes d’âge suivantes Pré-K et K (4-5 ans), K-2 (5-7 ans), 3-5 ans (8-10 ans) et 6-8 ans (11-14 ans) sont programmées chaque semaine le Mardi, mercredi et jeudi. Chaque cours est facturé 15 $ et 10 $ pour les membres.

Des cours d’art sont également vendus par session. Les Kits d’art Guggenheim sont « un cycle complet de cours d’art et du matériel envoyé chez l’apprenant ». Une série est ainsi proposée en 6 cours, du mercredi 14 octobre au 18 novembre 2020, de 15 h à 15 h 45. Les sessions sont enregistrées et partagées avec les participants qui ne peuvent pas assister en direct sur Zoom. Les kits sont activés lors de sessions en ligne en direct avec des éducateurs Guggenheim, et à travers des visites virtuelles du musées et des activités artistiques « conçues pour encourager la créativité et la création artistique ». Les kits artistiques peuvent être utilisés dans n’importe quel environnement d’apprentissage – en classe, à la maison ou dans un module d’apprentissage – et sont suggéré pour les enfants de 5 à 12 ans – « frères et sœurs et familles bienvenus ». En octobre-novembre 2020, le thème est «Jouer avec la peinture». Tarif incluant le kit (et tout le matériel artistique requis) et l’inscription à six sessions de cours en ligne en direct: 150 $ et 125 $ pour les membres. Les participants pouvaient encore s’inscrire après la date limite d’expédition du 5 octobre et avaient accès aux enregistrements de tous les cours qu’ils auraient pu manquer. La session d’octobre – novembre 2020 a été soldout. Une nouvelle session est organisée du 20 janvier au 24 février 2021, sur le thème du collage.

. Le Brooklyn Museum a transféré une grande partie de ses cours d’art pour enfants et ados en version en ligne. Ces cours payants s’adressent aux enfants de 6 à 13 ans et aux ados de 14 à 17 ans. Les cours d’automne 2020 se dérouleront entièrement en ligne, via Zoom. Chaque classe propose une visite virtuelle de nos galeries et un cours d’art à la maison, avec les conseils en direct des éducateurs. La liste de matériel de chaque cours est envoyée par mail. Tarif pour 5 cours de 2 heures: 145 $ et 135 $ pour les membres. Des bourses d’étude sont disponibles pour toutes les classes de jeunes et d’adolescents.

Le programme jeunesse Galerie / Studio propose des cours d’art « amusants et stimulants », guidés par des artistes enseignants professionnels qui permettent de « discuter des œuvres d’art de notre collection, d’apprendre de nouvelles techniques et créez votre propre art en utilisant à la fois des matériaux nouveaux et traditionnels ». Thèmes des cours de l’automne 2020: Sculpture, 8 à 10 ans, le samedi, de 10 h à 12 h; Dessin: histoires mondiales et personnages d’un autre monde, 8 à 10 ans; le dimanche, de 10 h à 12 h; Dessin, 11 à 13 ans, le samedi, 13 h à 15 h. Du 24 octobre au 22 novembre 2020.

Le programme adolescents Galerie / Studio s’adresse à tous les niveaux d’expérience. Thèmes des cours de l’automne 2020: « Photographie: Capturez l’instant », inspirés par John Edmonds et JR, le dimanche, 13 h à 15 h. Du 25 octobre au 22 novembre 2020. Programme travail-études: en échange d’un cours gratuit, des adolescents aident les éducateurs lors d’une classe en ligne.

Le Brooklyn Museum organise également des sessions de cours en ligne pour les adultes, vendues au même tarif. Le cours d’automne 2020 est consacrée au thème « Peinture: hors de propos », inspiré par l’exposition Out of Place: A Feminist Look at the Collection. Les 5 cours de 2 heures ont lieu le jeudi, de 18 h 30 à 20 h 30, du 22 octobre au 19 novembre 2020.

. Le Museum of Fine Arts MFA de Boston a choisi de vendre ses cours en ligne pour enfants Artful Adventures Home School à l’unité. Ils sont inspirés par les objets de la collection, guidés par des médiateurs, diffusés via Zoom et vendus au même tarif: 9 $ pour les membres et 11 $ pour les non membres. Voici quelques exemples de cours: « Le monde de l’artiste: assemblage », Familles et enfants de 4 ans et plus, Vendredi 13 novembre 2020 de 10h00 à 11h00; « Sculptures and Body Language », enfants de 6 à 10 ans, Vendredi 13 novembre 2020 de 11h30 à 12h30; « A Visual History of Hot Drinks: Tea, Hot Chocolate, and Coffee », enfants de 11 à 13 ans, Vendredi 13 novembre 2020 de 13h30 à 14h30; « Conceptual Contemporary Sculpture », ados de 14 à 18 ans, Vendredi 13 novembre 2020; « The Artist’s World: Printing », famille et enfants de plus de 4 ans, vendredi 20 novembre 2020; « Oreillers », enfants de 6-10 ans, vendredi 20 novembre 2020; « Mythology and Folklore », enfants de 11-13 ans; « The Photograph », ados de 14-18 ans, vendredi 4 décembre 2020; « Egypt and the Afterlife », enfants de 11-13 ans, vendredi 18 décembre 2020, 13.30- 14.30. Le MFA propose également des cours pour les enfants et les adolescents atteints de troubles autistiques avec la série « Beyond the Spectrum Online » sur le thème « Carnets de croquis et art de la rue », ados de 13-18 ans, samedi 21 novembre 2020, en relation avec l’exposition MFA « Writing the Future: Basquiat and the Hip-Hop Generation » et « Aventures artistiques pour enfants », 8-12 ans, le samedi 14 novembre 2020, de 10.30 à 11.30.

. le succès des « summer camps » numériques

Depuis longtemps, les camps d’été ont été des sources de revenus non négligeables pour les musées notamment américains. En 2020, le lancement de versions virtuelles des camps d’été a été un moyen d’atténuer la chute de leurs recettes commerciales.

. Le Children’s Museum of Pittsburgh a ainsi testé pendant tout l’été une série de camps virtuels d’une semaine destinés aux 3-13 ans. Le tarif de 120 à 150 $ par semaine et par enfant, avec 15% de réduction pour les membres du musée. Ce montant inclut les activités en ligne pendant 10 semaines (2 à 3 ateliers virtuels thématiques de 2 heures chaque semaine et d’autres activités) et des fournitures qui peuvent être retirées au Musée une semaine avant ou livrées au domicile des participants moyennant des frais supplémentaires.

. Le Bass Museum of Art de Miami a également lancé des camps d’art virtuel d’été, qui comprennent des instructions vidéo en direct quotidiennes pour les enfants.


Du 8 juin au 14 août 2020, The Bass a proposé ses « virtual art camps » du lundi au vendredi aux enfants de 4-6 ans (9 h 30 à 11 h) et de 7 à 12 ans (13 h à 14 h 30). Ce nouveau programme proposait des activités vidéo quotidiennes en direct sur zoom (de 90 minutes) avec des éducateurs de musée pour un apprentissage interactif, avec des instructions simples étape par étape et du matériel artistique dédié pour chaque leçon. Les « campeurs » ont pu vivre « des expériences artistiques amusantes, mémorables et uniques », tout en se connectant virtuellement avec d’autres enfants et en découvrant différents artistes, supports artistiques et techniques ». À la fin de chaque semaine, famille et amis étaient invités à assister à l’exposition virtuelle des participants des 2 camps virtuels Little Ones Art Camp (4-6 ans) et Kids Art Camp (7-12 ans). . Les frais d’inscription s’élevaient à 80 $ par semaine par enfant et 60 $ pour les membres du musée. Ce prix incluait les cours et activités en ligne mais également un carnet de croquis du Bass Museum of Art et tout le matériel nécessaire pour le camp virtuel de la semaine mis à disposition au musée ou expédié avec des frais supplémentaires.

Les camps virtuels de l’été 2020 organisés par le Children’s Museum of Pittsburgh et The Bass ont tous les deux affiché complet pour l’ensemble de leurs sessions. Un succès qui a conduit l’institution de Miami à programmer ses nouveaux « Winter Art Camps » du 21 au 31 décembre 2020, au tarif de 160 à 200 $ par semaine par enfant.

. Le Denver Museum of Nature and Science proposait déjà un cours de sciences virtuelles aux groupes d’élèves et aux classes scolaires, l’Académie virtuelle des sciences. Avec la pandémie, le musée a fortement développé et diversifié cette offre numérique. En 2020, 6 sessions thématiques de 45 minutes sur Zoom ou Goole sont ainsi commercialisées, 120 à 140 $ pour un groupe de 30 jeunes participants.

. Dans le cadre scolaire

Frick Collection, Met Museum, Guggenheim Museum, Brooklyn Museum à New York City mais également le CMA de Cleveland ou le MFA Boston, tous les grands musées américains ont décidé de remplacer leurs visites scolaires rendues impossibles par le confinement avec des versions en ligne, même si le musée de Boston et d’autres ont choisi d’offrir également de nombreuses activités scolaires en ligne gratuites sur différents thèmes comme la révolution américaine, l’Egypte ancienne ou « Black histories, Black future ». (Lire le dossier Clic France: DOSSIER / Tour du monde des visites scolaires virtuelles)

Pour les activités jeunesse, hors summer camps, les musées s’accordent à penser que leur facturation permet uniquement de couvrir les frais d’organisation et de médiation. C’est peut être moins le cas pour les activités destinées aux adultes, facturées plus chères et donc plus facilement génératrices de bénéfices d’exploitation.

  • Le plus légitime: commercialiser des visites, mais guidées et interactives  

Le succès des visites en direct, qui ont largement contribuer à faire le le buzz pendant le confinement, a donné des idées à certains gestionnaires de musées et lieux de culture. Des musées ont ainsi tenté de vendre une visite numérique en direct.

. Le musée Van Abbe d’Eindhoven propose une présentation de sa collection pendant les heures d’ouverture normales, à l’aide d’un robot. Ce robot contrôlable permet de découvrir le musée et l’art depuis son canapé. La visite se fait toujours en présence d’un superviseur présent dans le musée qui peut parler à distance et donner des explication sur les œuvres d’art.

Lancée avant le confinement, la visite robot d’une heure peut être réservée 13 € pour une visite individuelle et 40 €  pour une visite avec un guide. Les visites doivent être réservées une semaine à l’avance. Ce projet a été partiellement financée par la loterie nationale des Pays Bas et Creative Europe.

. Pendant sa fermeture, le Musée de l’air et de l’espace de San Diego propose également de visiter ses espaces « en toute sécurité virtuellement, en temps réel, dans le confort de leur foyer », via un robot. Les visites privées d’une heure peuvent être programmées les mercredis et jeudis entre 10 h et 15 h pour 50 $. Chaque réservation peut inclure jusqu’à cinq personnes dans votre groupe personnel sans frais supplémentaires.

Cette visite virtuelle du musée utilise le robot de téléprésence BEAM et une « interface et un dispositif simple à utiliser et accessible à tous« . Cette technologie permet « une expérience indépendante et interactive à travers un chemin autodéterminé » et les visiteurs virtuels peuvent interagir avec un guide tout en explorant les galeries, et « observer les objets aussi clairement que s’ils y étaient ».

. Durant sa fermeture, le Met Museum propose une visite en ligne de 60 minutes avec un guide, pour des groupes de moins de 40 personnes (adultes ou étudiants) sur réservation. Ces visites sont possibles du lundi au vendredi, de 10 h à 15 h et quelques rendez-vous limités sont disponibles le week-end. Le tarif fixe est de 300 $ par groupe d’adultes. et de 200 $ par groupe d’étudiants universitaires. Les organisations sous-financées peuvent bénéficier de tarifs réduits voire de gratuité. Cette visite est proposée en anglais, mais également en chinois (Mandarin), français, japonais et espagnol, en fonction de la disponibilité des guides du musée. Chaque groupe doit choisir parmi une liste de thèmes: art américain, art d’Asie, art ancien, le cloitre du Met, art moderne et contemporain et même l’exposition en cours « about time, fashion and duration ».

. La collection Frick de NYC propose également des visites privées interactives en ligne sur Zoom, pour « voyager virtuellement avec votre famille, vos amis, votre club de lecture, votre groupe d’anciens élèves ou vos collègues ». Un éducateur guide chaque groupe à travers la visite virtuelle à 360 ° de la collection Frick, discutant de l’histoire du manoir Frick au 1 East 70th Street et explorant des images d’art haute résolution de la collection permanente. Les participants ont la possibilité de poser des questions en temps réel tout au long de la visite. Cette visite numérique permet ainsi de découvrir une « collection, hébergée dans l’un des rares manoirs de l’âge d’or de la ville de New York, qui comprend des chefs-d’œuvre de Bellini, Rembrandt, Vermeer, Holbein, Fragonard, Gainsborough, Ingres, Turner, Van Dyck, Veronese, Duccio, Velázquez et Goya ».

Les visites privées en ligne d’environ 1 heure, sur un ordinateur, une tablette ou un smartphone, sont programmées du lundi au vendredi de 10 h 00 à 19 h 00, sous réserve de disponibilité. Tarif forfaitaire de 300 $ pour un groupe et jusqu’à 40 appareils connectés.

. Le musée juif de Londres propose une visite virtuelle en groupe, via Zoom, mais vendue individuellement. « Explorez les points forts des galeries du musée juif et découvrez l’histoire vaste et variée de la collection. De la plus ancienne lampe de Hanouka fabriquée en Grande-Bretagne à l’histoire inspirante de notre cap d’infirmières de la Seconde Guerre mondiale, cette visite met en valeur nos galeries de judaïsme, d’histoire et de l’holocauste » explique le musée.

Chaque visite programmée est vendue au tarif suivant: adulte + don, 6,50 £; adulte sans don, 5,50 £, membre + Don, 5,50 £; membre sans don, 4,50 £.

. La Plaza de Cultura y Artes (Los Angeles) a lancé une programmation culturelle dans laquelle le public peut acheter une session vidéo d’une heure avec un artiste, un musicien, un chef ou un autre expert de la communauté LA Plaza.

. Depuis mai 2020, le zoo d’Elmwood Park (Norristown, Philadelphia) vend des «caméos» d’animaux virtuels, qui permet à des particuliers ou des entreprises d’acheter l’apparition exclusive d’animaux sauvages lors de leurs vidéoconférences. Ces animaux sont « disponibles » pour des sessions de 15 minutes, accompagnés d’un membre de l’équipe qui peut répondre aux questions et raconter des histoires sur l’animal invité.

Deux tarifs sont prévus en fonction des animaux choisis: 100 $ pour les animaux du groupe 1 incluant le Stella (grand-duc d’Amérique), un perroquet, un âne, une chèvre ou un porc-épic; 150 $ pour les animaux du groupe 2 incluant Reggie ou Noah (pygargues à tête blanche), girafe

. Le Lincoln Park Zoo facture quinze dollars par billet pour des sessions spéciales en ligne avec des phoques, des ours noirs, des loups ou des flamants roses.

Selon un expert du secteur, ces expériences proposées par des zoos ont généré, pendant le confinement, des dizaines de milliers de dollars.

. En juin et novembre, la Cité de l’Architecture et la Fondation Louis Vuitton ont annoncé le lancement de visite virtuelle guidée de leurs expositions en cours, commercialisées au prix de 10 euros. (Article du Clic France: Quand les institutions muséales et culturelles françaises tentent de monétiser leurs offres numériques !)

  • Le plus compréhensible: facturer des événements spéciaux en ligne

Des lieux culturels ont essayé de commercialiser des événements numériques, comme ils le font habituellement pour des événements organisés dans le cadre de leur programmation.

. Lorsque le musée Mattatuck (Waterbury, Connecticut) a fermé ses portes en mars 2020, il a décidé de présenter l’édition d’avril de son événement régulier Murder Mystery, en version en ligne. Depuis plus de 6 ans, cet escape game réservé aux jeunes adultes de plus de 21 ans est devenu incontournable et une source de revenus pour le musée.

Sa version #QuarantineEdition est facturée 10 $ pour les membres et 15 dollars pour les non-membres. Depuis avril 2020, le « mystère du meurtre virtuel » est organisé plusieurs fois par mois et accueille à chaque fois plus de 150 participants venus d’environ vingt-quatre États et deux pays. L’initiative est même maintenue malgré la réouverture du musée et une édition est déjà programmée en février 2021.

. Le Walt Disney Family Museum propose également des escape game virtuels. Facturés 500 $ pour un groupe jusqu’à 10 participants, ces sessions s’adressent avant tout à des entreprises dans un objectif de « team building ». « Faites la course contre la montre pour résoudre des énigmes en utilisant l’art virtuel et les artefacts qui débloqueront la pièce suivante ».

A destination des mêmes publics, le musée a créé plusieurs activités en ligne, en groupe: chasses aux trésors virtuelles (100 dollars par personne pour 10 à 20 personnes), ateliers créatifs en ligne et ateliers de consolidation d’équipe et de développement (75 $ par participant pour un groupe de  15 à 100 invités).

. le Virginia Museum of History & Culture s’est associé à l’organisateur d’un festival gastronomique pour en proposer une version totalement numérique. La 7ème édition de Fire, Flour & Fork comprenait un total de six sessions – trois cours virtuels du soir les jeudis d’octobre et une demi-journée de conférences le samedi 7 novembre 2020.

 

 

 

 

Les billets ont été vendus en ligne: les séances du soir coûtaient 10 $ chacune, ou 25 $ les trois. avec un forfait complet pour 50 $, incluant la demi-journée. En achetant les cours, les détenteurs de billets bénéficiaient d’une réduction sur l’achat de la nourriture et du vin liés aux cours, dans les magasins locaux.

Evergreen Cemetery Walk logo

. Encore plus original, le musée d’histoire du comté de McLean a imaginé une visite en direct d’un cimetière, guidée par un acteur professionnel. Cet évènement a été facturé 25 $ par foyer et 20 $ pour les foyers membres. Ce tarif permet de regarder la visite en replay dans son intégralité sous forme d’une vidéo d’une heure disponible entre le 3 octobre et le 1er décembre 2020 ou d’assister à chaque visite en live, sur Teachable, la plate-forme en ligne utilisée pour accueillir l’événement virtuel. En plus de la diffusion de la marche, Teachable permet d’ajouter du contenu et des vidéos supplémentaires pour « améliorer l’expérience de la promenade du cimetière comme jamais auparavant ». Il s’agit de la version numérique d’un événement qui est organisé par le musée depuis 25 ans et qui attire chaque année plus de 3 000 participants.

. Le 20 novembre 2020, le KMAC Museum (Louisville, Kentucky) a organisé son premier vernissage virtuel qui permettait de découvrir les nouvelles expositions de l’hiver, en échange de l’achat d’un billet de tombola vendu 25 $ chacun ou 100 $ par 5.

. le 21 janvier 2021, le MCA de Chicago organise The Dreamscape, un concert en ligne, diffusé sur Zoom et commercialisé sur le site web.

 

  • Le plus malin: virtualiser ses ventes aux enchères et sa soirée de gala ….

Durant leur fermeture, de nombreux musées ont organisé des ventes aux enchères en ligne destinées à collecter des fonds. Ce fut notamment le cas pour les musées américains, qui sont traditionnellement largement financés par leurs amis et leurs mécènes, et qui organisent souvent des soirées de gala caritatif.

Otis Kwame Kye Quaicoe, Wiyaala, 2020. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et Roberts Projects, Los Angeles, CA.

. Le Musée de la diaspora africaine (MoAD) de San Francisco, qui a été contraint de licencier des employés lors de sa fermeture temporaire en mars 2020, a réussi à collecter plus de 450 000 $ grâce à une vente aux enchères en ligne mettant en vedette œuvres d’artistes noirs du monde entier.

Il s’agissait de la première vente aux enchères au bénéfice du musée.

L’événement, qui a eu lieu sur la plateforme artistique Artsy du 21 avril au 5 mai 2020, a présenté des œuvres de trente-quatre artistes – dont beaucoup entretiennent des liens étroits avec le musée. Plusieurs galeries et collectionneurs ont contribué à cette vente aux enchères.

Créé en 2005 dans le quartier des arts Yerba Buena de San Francisco, le musée d’art contemporain est l’un des rares musées au monde à se concentrer exclusivement sur la culture de la diaspora africaine.

D’autres musées ont organisé des enchères en ligne.

. La Fondation du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) a lancé Ceci n’est pas un bal, son premier encan philanthropique virtuel. Soutenu par la RBC Banque Royale, l’événement web contribue à « générer des profits qui permettront au Musée de continuer à remplir sa mission artistique et sociale« . Les œuvres d’art et expériences exclusives ont été mises aux enchères en ligne du 5 au 12 novembre 2020. « Ceci n’est pas un bal, mais bien une occasion unique de soutenir son musée ». Au delà des œuvres, la vente proposera des expériences uniques et riches en émotions, « une fastueuse nuit pour deux avec repas gastronomique au cœur d’une des salles du Musée, un voyage de pêche inoubliable dans une pourvoirie privée du lac Mabille avec transport en hydravion, ou encore un séjour VIP au Château Frontenac, à Québec, avec transport en hélicoptère »

Les acheteurs pourront également choisir de financer des lots symboliques « dont les profits seront entièrement dédiés au Musée afin de soutenir la mission de l’institution et d’assurer sa pérennité ». Par exemple, un donateur pourra parrainer la restauration d’une œuvre importante de la collection encyclopédique du MBAM ou une activité de la Direction de l’éducation et du mieux-être, comme un atelier conçu pour une classe du primaire ou une conférence animée par un expert invité à l’auditorium Maxwell-Cummings. La plateforme web de Ceci n’est pas un bal a été mise en ligne le 5 novembre 2020 et les participants ont pu miser en direct après avoir créé un compte.

. Pour faire entrer la vente aux enchères d’art et sa collecte de fonds, le Museum of Contemporary Art San Diego ont produit et mis en ligne une visite virtuelle sur Matterport. Cette visite virtuelle emmenait les spectateurs dans l’espace de la galerie, où les pièces sont mises en scène comme elles le seraient si le visionnage était en personne. « Il y a 95 œuvres aux enchères et environ la moitié sont des artistes régionaux du sud de la Californie. La gamme de prix va de 500 $ à 50 000 $. Il y a des artistes émergents, mais aussi des personnages légendaires » a annoncé le musée. Les œuvres mises aux enchères étaient à l’affiche du 20 septembre au 15 octobre et les enchères pour la vente aux enchères silencieuses étaient organisées en ligne sur mcasd.org/artauction2020. L’enchère en direct a eu lieu à 18 h le mercredi 14 octobre 2020.

. Le dimanche 11 octobre 2020, le musée d’histoire de Santa Monica a apporté son dîner de gala annuel directement chez son public. Lors de son plus grand événement de collecte de fonds de l’année, le musée a organisé une visite virtuelle d’exposition et une vente aux enchères et en direct pendant que les participants dégustaient un dîner de fête à emporter.

Chaque dîner coûtaient 150 $ et pouvaient être achetés en ligne ou en appelant le musée. Un lien était alors fourni pour rejoindre l’événement virtuel, afin que tout le monde puisse participer à la célébration de l’histoire de Santa Monica.

En situation de confinement, la plupart des musées ont également dû transformer leur soirée de charité annuelle, par un événement numérique. Une série de galas virtuels ont ainsi été organisés par des musées.

. L’Institut d’Art Contemporain de Boston a organisé son premier Gala Virtuel ICA à la fin du mois de juin 2020 avec des artistes influents comme Virgil Abloh et Sterling Ruby.

. Le National Museum of Dance et le Tenement Museum ont également invité leur communauté d’amis à participer à des galas virtuels. Le Newport Art Museum a même proposé la livraison du dîner avec le menu officiel de la soirée virtuelle

. Le gala Virtual Pobladores de LA Plaza organisé le 14 octobre 2020 a rencontré un vrai succès. Grâce à ses généreux donateurs et mécènes, le gala et la collecte de fonds ont permis de recueillir 230 000 $. Ces fonds seront notamment utilisés par LA Plaza pour « continuer à créer une programmation virtuelle et les expositions futures célébrant la richesse de notre culture latino, et permettre à faire travailler l’équipe pour la réouverture ».

Le gala virtuel, avec des performances musicales d’artistes latinos, incluant Los Lobos est diffusé gratuitement et dans son intégralité sur la chaine Youtube de l’institution.

. Le Musée des enfants de Lafayette a annoncé que sa soirée annuelle WOW! on Tap Fundraiser serait virtuelle le 13 novembre 2020. Les membres de la communauté sont invités à se joindre à Zoom pour célébrer le 24e anniversaire du musée et acheter une boîte de fête pour participer à l’événement en direct.

WOW! on Tap

Chaque box, pour deux ou quatre personnes, comprend du matériel à utiliser lors de l’événement et des jeux conçus par WOW! les membres de l’équipe et les partenaires communautaires. Une boîte pour deux coûte 45 $ et une boîte pour quatre coûtera 55 $. Les achats peuvent être effectués en ligne sur charityauction.bid/WOWONTAP20. Tous les profits « soutiennent le musée et l’aident à garder ses portes ouvertes ».

cmhof.png. Le 28 octobre 2020, la soirée virtuelle de collecte de fonds du Country Music Hall of Fame et du musée de Nashville a rapporté plus de 743 000 $.

Cette collecte destinée au Coronavirus Relief Fund du musée, permettra de « financer les expositions et les programmes éducatifs du musée après avoir subi de lourdes pertes financières dues à la pandémie COVID-19 ». 

La soirée peut être regardée en replay sur la page YouTube du musée .

Les dons sont toujours acceptés en ligne ou en envoyant un message «Donate» au (833) 977-2643.

. Le 25 novembre 2020, le Musée du Louvre a annoncé l’organisation d’une vente aux enchères caritatives, au profit de ses projets éducatifs. (Article du Clic France: Le Louvre et Christie’s, avec Drouot, organisent une vente aux enchères pour financer des projets éducatifs du musée)

  • … et stimuler les collectes de dons

En dehors des galas virtuels, des musées ont testé de nouvelles formes de collectes de dons.

. En septembre 2020, le National Museum of Women in the Arts a lancé sa campagne « Matching Gift Challenge ». Jusqu’au 5 décembre 2020, tous les dons sont automatiquement abondés dollar pour dollar jusqu’à 100 000 $ de collecte. « Grâce aux membres du conseil d’administration et aux grands mécènes du NMWA », chaque don (déductible d’impôt en fonction de la situation fiscale individuelle) sera ainsi doublé.National Museum of Women in the Arts--Matching Gift Challenge. Le Seatle Art Museum (SAM) a proposé le même dispositif d’abondement des dons, entre mai et juin 2020, à hauteur de 500 000 $.

. Chaque mois, depuis sa fermeture, le Columbus Museum of Art organise son « Creative Happy Hour: DIY Postcard Art », le jeudi de 17h45 – 19h00 via Zoom. Un thème différent est choisi chaque mois pour inspirer la création de cartes postales à partir de matériaux recyclés. Ce rendez-vous est gratuit mais pour soutenir ce programme et le musée en général, un kit mensuel thématique « Creative Happy Hour » (composé de 4 cartes postales, un bâton de colle, un marqueur, 4 timbres …) est vendu en ligne (15 $) et peut même être livré (24 $).

. Encore plus étonnant, le zoo d’Elmwood Park a organisé un «Giraffeathoon» virtuel en avril 2020, durant lequel les téléspectateurs en direct sur la page Facebook du zoo pouvaient donner de l’argent pour nourrir les girafes du zoo.

.

. Pendant le confinement, le Musée McCord a régulièrement proposé son apéro-bénéfice virtuel. Chaque événement, organisé autour d’un invité prestigieux, se déroule de 17 à 18.00. Pour y participer, il suffit d’acheter un des forfaits Apéros culturels (individuel à partir de 100 $ ou entreprise à partir de 1 000 $ pour 10 invités). Chaque forfait Apéro culturel est livré gratuitement à l’adresse de son choix dans la région du grand Montréal avant l’événement et un reçu fiscal à la hauteur du montant admissible est même envoyé ! Les recettes collectées aideront directement le Musée McCord à « poursuivre sa mission et à offrir une riche programmation en 2021 ».

« C’est l’occasion idéale de vous faire plaisir dans le contexte culturel actuel ou d’offrir à vos proches un moment de détente bien mérité!Vous cherchez une idée clés en main pour souligner le temps des fêtes avec vos employés, vos clients ou vos fournisseurs? Faites vite : les quantités sont limitées! » annonce le musée sur son site web.

Le 10 décembre 2020, l’invité vde l’apéro virtuel du musée sera le caricaturiste Serge Chapleau, pour une revue de l’année 2020 tout en humour! « Ce sera également l’occasion de lever son verre à l’amitié pour souligner la résilience de tout un chacun et de clore cette année hors normes en douceur » annonce le musée.

  • Le plus progressif: « suggérer » de payer pour des contenus

Désireux de générer de nouvelles sources de revenus, sans pour autant brusquer et réduire leur audience, certains musées ont choisi le modèle «payez ce que vous voulez» pour le contenu numérique. Une forme de monétisation plus progressive et moins agressive.

. Le Tracy Aviary & Botanical Garden a ainsi choisi de demander aux participants de payer ce qu’ils souhaitaient pour assister à l’événement «Virtual Paint Along», organisé le 16, 23 et 30 avril 2020. Ce choix s’est avéré fructueux puisque le don moyen par personne a finalement été plus élevé que les 5 $ que l’équipe avait initialement prévu de facturer.

. Le même modèle de paiement a été utilisé avec du succès par le Phoenix Art Museum pour des événements virtuels comme la narration d’histoires en direct et des sessions de méditation guidée.

. Le Brooklyn Museum choisit le paiement volontaire pour sa série « Virtual Art History Happy Hour », sur zoom. Le musée propose également certains épisodes de cette série sur Facebook Live en accès libre.

Le 17 novembre 2020, de 18 à 19.00, le musée a organisé une nouvelle conférence en « pay as you wish » sur le thème « Art et démocratie après les élections ».

. Depuis le printemps 2020, le MCA de Chicago organise des évènements en ligne, « vendus » sur le principe du « pay-what-you-can »: conférence en ligne ou performance artistique en ligne (dont seul la version PDF du programme est vendue).

. Plus audacieux, le Farnsworth Art Museum (Rockland, Maine) permet aux futurs participants de ses cours d’art virtuels tels que «Field Sketching» de choisir entre un don suggéré (108 $ ou 90 $ pour les membres) et la formule «payez ce que vous voulez».

Le 4 décembre 2020, le Museum d’histoire naturelle d’Oxford invite son public à une soirée spéciale escape game « Mystère au musée, une aventure interactive en ligne avec Steve Backshall ». Le présentateur et explorateur, Steve Backshall, animera ce « casse-tête interactif unique et diffusé en direct! ». Conçu en partenariat avec les créateurs des salles escape game Agent November, Mystery at the Museum embarquera le public « dans une aventure virtuelle à travers le bâtiment spectaculaire du musée d’histoire naturelle de l’Université d’Oxford ». La participation à l’événement est gratuite, mais le musée incite aux dons (de 5 à 1 000 £) qui sont destinés au projet HOPE, c’est à dire la restauration de la collection entomologique du museum, vieille de 200 ans.

. La soirée virtuelle du Moma PS1 en mai 2020 a également été « commercialisé » sur la base d’un don ouvert.

. De son côté, le Walters Museum de Baltimore organise des visites guidées virtuelles, destinées à des groupes d’adultes, d’étudiants et d’enfants afin de « continuer à profiter de la collection du Walters et de partager une expérience d’apprentissage amusante »L’inscription est obligatoire, les visites ont lieu sur le compte Zoom du musée et sont guidées par des éducateurs du musée. Les groupes doivent avoir un minimum de 5 et un maximum de 30 participants par visite. Une dizaine de thèmes sont proposés. Cette activité est gratuite pour les membres et le musée « suggère aux non-membres de verser un don de 7 $ par adulte ».

Cette formule du don facultatif semble être un moyen progressif et plus efficace de monétiser les contenus et programmes en ligne des musées.

  • Le plus indirect: fidéliser ses « amis » par des contenus et services exclusifs

Un moyen indirect de générer des revenus est de fidéliser ses membres, amis et visiteurs les plus fidèles et de consolider les ressources annuelles et souvent récurrentes collectées auprès de ces communautés. 

. Le National Steinbeck Center (Salinas, Californie) propose maintenant un niveau d’adhésion virtuel, qui offre un moyen interactif et riche en contenu de découvrir le musée à distance. Fixé à 30$ par an (au lieu de 50 et 75 $ pour l’abonnement traditionnel), l’adhésion virtuelle comprend l’accès total à la collection d’archives privées du musée, des contenus sur les coulisses, une pré-visite vidéo des nouvelles expositions, des photos et des documents historiques de la bibliothèque du musée. Les membres virtuels recoivent un e-mail tous les lundis qui leur accordent un accès privé au contenu exclusif réservé aux membres.

Le Brooklyn Museum of Art avait été le premier musée à proposer un abonnement uniquement numérique. Ce programme « 1stfans » a été abandonné en juillet 2012, 3 ans après son lancement.

. Le Moma de NYC continue à proposer son forfait d’abonnement « Access » « Get the best of MoMA, online and in the galleries » vendu 110 $ par an (2nd niveau après la carte de base à 65 $). Il permet à ses détenteurs de bénéficier d’offres numériques exclusives telles que des contenus et des événements comme le rendez-vous mensuel réservé aux membres « Evenings In » qui propose des sessions d’art en direct, des performances et des rencontres avec des artistes ou des experts.

. Le San Antonio Museum of Art (SAAM) organise régulièrement des événements Happy Hour en ligne d’une heure sur zoom, composée d’une visite virtuelle et d’une discussion avec les médiateurs sur un thème choisi. Le prix du billet est normalement de 10 $ mais les membres y sont conviés gratuitement.

. Le Seattle Museum of Art propose une série de conférences virtuelles avec ses conservateurs, réservées aux membres, un mercredi sur deux, à 17.00 sur Zoom, avec 30 minutes de présentation suivie d’une session de questions réponses.
Conversations with Curators
. Avec le confinement, le Virginia Museum of Fine Arts a également lancé une nouvelle série virtuelle «Cocktail avec le conservateur» pour ses membres du niveau «cercle d’amis» et plus. Inspiré par un programme identique lancé par la Frick Collection de NYC, le musée donne ainsi un rendez-vous hebdomadaire pour un cocktail virtuel et des questions / réponses en direct avec un conservateur du musée, le mercredi à 17 h, sur Zoom. Ce nouveau programme est financé par la banque Chase, mécène du musée.

. Le Whitney Museum de NYC a également proposé des contenus spécifiques pour ses membres comme par exemple les conférences de la série d’apprentissage en ligne « Le cœur est un chasseur solitaire ». Dans l’une de ces conférences, en ligne, via Zoom, le professeur Xin Wang a présenté le contexte de la prochaine exposition Salman Toor: Comment vais-je savoir.

La conférence incluait des références à d’autres artistes internationaux et basés aux États-Unis tels que David Hockney, Bhupen Khakhar, Tala Madani et Kerry James Marshall et décrivait « des approches du travail figuratif dans lesquelles la fiction, les mythes et l’autobiographie se fondent dans des histoires uniques de désir, de langueur et d’existence ». Conférence proposée gratuitement aux membres, à 2 dates différentes jeudi 12 novembre 2020, à 18h30 et le samedi 14 novembre, à 13h30.

. L’Art Institute of Chicago a proposé plusieurs conférences virtuelles sur Zoom, réservées à ses membres. L’une d’elles « Bodhisattvas réunis » a eu lieu le 19 novembre 2020, de 17 à 17.45. Elle était animée par 2 experts du musée, Tao Wang, Chaire Pritzker des Arts d’Asie et conservateur de l’art chinois, et Colin Mackenzie, conservateur de l’art chinois, et portait sur la réunion du Bouddha Tang et des bodhisattvas, les exemples les plus importants de l’art bouddhiste chinois à l’Art Institute, qui se trouvent dans la galerie 101.

. Pendant sa fermeture, le Cleveland Museum of Art (CMA) a proposé des conférences exclusives, via Zoom, à ses membres. La conférence « Leadership Circle Virtual Travel: Weimar, Germany », a été proposé aux  membres VIP catégorie « circle », le lundi 9 novembre 2020 à 12.00, avec le conservateur du musée en charge de l’art médiéval qui était resté bloqué en Allemagne à cause de la pandémie. Celui-ci a profité de son « séjour » pour donner une conférence sur la ville de Weimar, son architecture et l’école de Bauhaus ». La conférence « Close Connections: Indian Art and Photography », du jeudi 27 août 2020, de 18.00 à 18.30 étaient accessibles aux membres de la catégorie « Insider ».

. En 2020, l’Exploratorium de San Francisco, dans le cadre de son événement  «Mai est pour les membres», a offert un accès exclusif à des contenus en ligne et à une réduction de 15% dans sa boutique en ligne.

Tous les 3èmes jeudis du mois, rejoignez-nous pour un événement virtuel en direct mettant en vedette les œuvres d’art des expositions spéciales du MFA et des galeries de la Collection récemment rénovées. Préparez à l’avance un cocktail signature inspiré de l’art (nous vous fournirons la recette) et profitez d’une visite artistique spécialement organisée depuis chez vous! En ligne via Zoom Gratuit pour les membres MFA et 10 $ pour les membres non encore (les membres doivent s’inscrire et se connecter pour bénéficier d’une réduction) https://mfastpete.org/event/new-virtual-cocktails-collections/

. Le Moma propose également des événements numériques réservés à ses membres, comme par exemple des sessions « art meditation ».

. Durant le confinement, la Frick Collection de NYC a proposé chaque épisode de sa série vidéo « Travel with a curator » en avant première à ses membres.

. Mais ce sont les musées Carnegie de Pittsburg qui ont proposé la plus riche offre d’activités en ligne réservées à leurs membres. En plus des contenus diffusés dans le cadre du programme « Carnegie Museums from Home », les membres ont « accès à des conservateurs et des collections de classe mondiale grâce à des expériences exclusives conçues spécialement pour eux ». Ces événements en ligne pour la plupart en direct, sont disponibles en replay quelques jours après l’événement.

Ce programme de « voyage virtuel » est notamment composé de cours de cuisine, de sessions hebdomadaires de méditation de 30 minutes autour d’une œuvre d’art, des discussions artistiques ou scientifiques avec les conservateurs et même des ateliers de dessin sur zoom.

Du 7 au 17 novembre 2020, dans le cadre du programme « Member Appreciation Week », les membres ont pu participer à une série d’activités en ligne exclusives et ont bénéficié également d’une réduction de 20% sur leurs achats sur la boutique en ligne.

Nous aimons nos membres: Semaine d'appréciation des membres +

. Le Museum of Contemporary Art (MCA) de Chicago a également proposé aux membres du musée des offres spéciales sur les achats dans sa boutique.

Selon les musées interrogés, ces activités réservées aux membres ont permis de recruter de nouveaux amis et de fidéliser la communauté existante.

  • Le plus efficace: séduire des mécènes

Pour augmenter leurs ressources, certains musées sont allés solliciter le soutien de mécènes qui ont accepter de financer les contenus et services numériques proposés par l’institution, pendant sa fermeture. 4 exemples illustrent cette forme de financement.

. Le Moma de NYC a été l’un des premiers musées à annoncer un partenariat avec une marque mécène pour produire des contenus spécifiques à cette période de confinement. Depuis le 15 octobre 2020, la série UNIQLO ArtSpeaks propose chaque vendredi, une vidéo de 5 minutes publiée sur Youtube. Plus globalement, UNIQLO accompagne la stratégie hors les murs du MoMA #ArtForAll.

Un partenariat logique puisque la marque japonaise de vêtements est le partenaire du musée de NYC depuis mai 2013 et finance notamment ses soirées hebdomadaires gratuites du vendredi.

. En août 2020, le Virginia Museum of Fine Arts (VMFA) et la banque Chase ont annoncé un partenariat pour élargir et diversifier l’accès -notamment numérique- aux arts. Cet accord vise à « élargir l’accès aux arts au cours de l’année prochaine grâce à des programmes communautaires innovants et inclusifs, des ressources éducatives numériques et des événements virtuels ». Chase va notamment soutenir le programme d’apprentissage à distance du musée, par lequel les éducateurs engagent les élèves de la 3e à la 12e année et du collège en ligne via des vidéoconférences, directement tournées depuis les galeries de VMFA.

Bannière du webinaire

Chase sponsorise également plusieurs programmes publics gratuits et des événements spéciaux réservés aux membres et devient le sponsor principal de l’une des séries d’événements les plus récentes et les plus populaires de VMFA, Fridays After 5. Ces programmes hebdomadaires sont diffusés sur les réseaux sociaux du musée et présentent des performances en direct ou préenregistrées par des musiciens et des cours de professeurs de danse diffusés depuis leurs studios. La banque soutient également les nouveaux programmes et événements en ligne pour les membres du VMFA, y compris la série des cocktails avec un conservateur, les conférences du cercle, les conférences d’art Curator’s Choice et les rencontres sur zoom avec des conservateurs du VMFA, des leaders d’opinion et des experts du domaine muséal.

. Le jeudi 5 novembre 2020, le premier jour du re-confinement en Grande Bretagne, la National Gallery de Londres a annoncé un nouveau partenariat avec Nikon, autour des contenus numériques.

Dans le cadre de cette première collaboration de ce type pour la National Gallery, durant les 12 prochains mois, les équipes du musée et de Nikon vont travailler sur un large programme de contenus en ligne visant à « inciter le public à s’inspirer par l’une des plus grandes collections d’art au monde, et aussi à explorer les synergies entre la photographie et les beaux-arts ».

Ces programmes incluent notamment une nouvelle série de films présentant le travail du département de conservation et des discussions régulières animées par des conservateurs, quatre films mettant en vedette le London Philharmonic Orchestra jouant dans la National Gallery vide avec de la musique de chambre sélectionnée pour correspondre aux peintures et d’autres activités en ligne. (Lire article du Clic France: Covid-19 / La National Gallery London et Nikon s’associent pour enrichir l’expérience visiteur pendant le confinement)

. Le 9 novembre 2020, le Louisiana Art & Science Museum – LASM (Baton Rouge, Louisiane) a lancé LASM 360, une expérience virtuelle entièrement immersive accessible par ordinateur, smartphone, tablette et casque de réalité virtuelle.

Cette expérience de visite virtuelle du musée et du planétarium en libre accès offre « des opportunités éducatives et divertissantes pour tous, quel que soit leur état de santé, leur situation géographique ou leur statut socio-économique ».

Ce projet ambitieux a été financé grâce au parrainage de plusieurs fondations et entreprises: Blue Cross & Blue Shield of Louisiana, Healthy Blue Louisiana, AT&T, Louisiana Lottery Corporation et BASF. Ces mécènes ont également permis le lancement de la plate-forme d’apprentissage numérique hébergée sur le site www.virtual-lasm.org. Sur la page d’accueil de l’expérience virtuelle, le musée incite également le public à soutenir son initiative, en faisant un don défiscalisé. (Article du Clic France: Avec l’aide de mécènes, le Louisiana Art & Science Museum lance une visite virtuelle de l’ensemble de ses espaces)

Comme le montre ce panorama mondial, la majorité des musées et institutions culturelles mondiales ont compris l’importance cruciale du contenu et de l’expérience numérique pour engager, éduquer et inspirer le public, mais peu d’entre eux ont fait la preuve -jusqu’à aujourd’hui- de la capacité des activités numériques à devenir une réelle source de revenus. La plupart d’entre eux continuent à privilégier l’optimisation de l’audience de leurs contenus et activités numériques, et non pas leur monétisation. 

De nombreux musées et lieux de culture ont également imaginé et testé d’autres moyens -non numériques- de générer des revenus, pendant leur fermeture. (Lire les dossiers du Clic France: [Covid-19] Quand les musées du monde recherchent de nouvelles sources de revenus dans le contexte de pandémie et DOSSIER / Tour du monde des partenariats en matière de produits dérivés des musées et lieux de patrimoine)

SOURCES: musées

RECHERCHE: Sinapses Conseils 

PHOTOS: musées 

Date de première publication: 04/12/2020

. Atelier webinar Clic France N°5: «Peut-on monétiser les contenus et activités numériques ?» – jeudi 10 décembre 2020

Quand les institutions muséales et culturelles françaises tentent de monétiser leurs offres numériques !

L’Opéra de Paris va lancer une plateforme numérique pour valoriser et monétiser ses spectacles et masterclass

Le Design Museum de Londres lance une visite virtuelle payante de l’exposition « Electronic »

La National Gallery commercialise la visite virtuelle vidéo de son exposition consacrée à Artemisia

. En complément des visites virtuelles 360 gratuites, les musées du Vatican lancent des cours et des expériences numériques payantes

[Covid-19] Quand les musées du monde recherchent de nouvelles sources de revenus dans le contexte de pandémie

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