Un jour peut-être, dans un futur plus ou moins proche, les visiteurs des musées pourront être accueillis, informés et guidés par…des robots. Loin de la science-fiction, Innorobo, le salon international de la robotique, présentait en mars dernier à Lyon les nouveaux robots destinés à faciliter la vie de l’Homme. Certains pourraient même avoir leur place dans nos musées !

Docent, un robot « savant » pour les musées

Ce robot-guide est le seul ayant été conçu spécialement pour les musées. Il est d’ailleurs déjà utilisé comme « agent de médiation » dans un musée coréen. Docent est le dernier né de la marque sud-coréenne Corebell, distribuée par Big Robots.

L’écran situé au niveau de la tête de ce petit cosmonaute lui permet de changer d’expression. Il se déplace selon un itinéraire prédéfini, tout en évitant les obstacles et il s’arrête devant des gommettes placées sur des plaques transparentes au niveau des points d’intérêt qui doivent être commentés par le robot. Grâce aux informations et au contenus que lui a fournis le musée, Docent serait en mesure de présenter vocalement et en plusieurs langue chaque point d’intérêt aux visiteurs. Son vidéoprojecteur, installé à l’arrière, lui permettrait également d’étayer son propos en présentant sur le mur des documents complémentaires, comme des vidéos, des plans ou des images. La visite est ainsi plus interactive. Corebell précise avoir conçu un logiciel de gestion des contenus associé suffisamment simple pour permettre à un musée une gestion en interne. D’après le site web lesnumeriques.com, « l’Abbaye de Cluny devrait sans doute s’équiper d’un de ces robots très prochainement ».

D’autres robots pour accueillir et informer

Plusieurs autres modèles de robots présentés à Lyon pourraient également faire leur entrée dans des lieux culturels.

. FURo, le robot multiservices du coréen Futur Robot (représenté en Europe par ODM technologies), est une nouvelle espèce « d’hôtesse robotisée ».

La tête de ce robot est en fait un écran qui permet d’afficher un avatar sous la forme d’un visage humain. Du haut de son mètre soixante, il propose de l’aide aux visiteurs grâce à un large écran tactile, par exemple pour les aider à s’orienter ou leur indiquer des horaires de conférences. Son imprimante lui permet également d’éditer des billets : un bon moyen de limiter les files d’attente. FURo maîtrise 30 langues et est doté d’une reconnaissance vocale et faciale. Il est capable de se déplacer parmi la foule en évitant les obstacles, de détecter la présence de personnes et d’aller à leur rencontre, grâce à une petite caméra située sur son « front ».

FURo est actuellement en service dans des hôpitaux coréens et dans des aéroports et centres commerciaux brésiliens.

. Un autre robot humanoïde aux fonctions à peu près similaires est Reem, de la société Pal Robotics, basée à Barcelone.

Avec son système de navigation autonome, son écran tactile et sa capacité de reconnaissance vocale, ce robot est dédié à l’accueil et à l’assistance des visiteurs. Il est même capable de retrouver un visiteur préalablement rencontré grâce à la reconnaissance faciale. Son visage rappelle un masque et sa main mécanique lui permet d’attraper des objets. La petite plateforme, derrière lui, lui permet également de transporter de petits bagages, tandis qu’il guide les visiteurs d’un point à un autre.

En 2011, 20 robots Reem ont été déployés dans des centres commerciaux d’Abu Dhabi. « On imagine bien Reem s’installer dans une gare pour orienter les touristes, prendre en charge la visite d’un musée, ou encore aider les étudiants dans les universités », annonce Juan Poyatos, de la société Pal Robotics. (Interview vidéo de Reem)

Malgré leurs fonctionnalités intéressantes, ces nouveaux assistants d’accueil et de médiation restent chers : plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’euros par unité. Aussi, les distributeurs proposent le plus souvent des systèmes de location ou de leasing afin de faciliter l’introduction de ces robots dans des lieux tels que les musées.

L’expérience du Château de Versailles

En 2007, le Château de Versailles a joué les pionniers en matière d’introduction de robot dans un lieu culturel.

Orange y a mené une expérimentation qui permettait à ses abonnés à la fibre optique de visiter, en téléguidant un robot à distance, des salles fermées au public.

Le robot se déplaçait sur une trajectoire déterminée et traversait quatre pièces dans les salles Chimay du Château de Versailles. A la demande des internautes visiteurs, le robot pouvait s’arrêter devant onze points prédéfinis, accompagnés d’un commentaire audio.

L’expérimentation a duré quelques mois et a abouti à la création de visites scolaires en visioconférence. Un service qui existe encore sous le nom « versailles en direct ».

Rédaction : Carole Heulin