Le British Museum surfe sur la vague des NFT en vendant en ligne des cartes postales numériques Hokusai

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Apres l’Hermitage Russe et les Offices Italiens, le British Museum s’aventure à son tour dans le monde émergent des jetons non fongibles et lance des cartes postales numériques des œuvres de Katsushika Hokusai. Le projet est le fruit d’un partenariat avec la nouvelle plate-forme d’origine française LaCollection.

Les NFT, des actifs numériques uniques stockés sur la blockchain, sont véritablement entrés dans le secteur des arts depuis que l’artiste numérique Mike Winkelmann, mieux connu sous le nom de Beeple, est entré dans l’histoire en mars en vendant un NFT pour 69,4 millions de dollars. Les musées des Offices de Florence et de l’Hermitage de Saint Petersburg ont également investi ce nouvel espace en vendant aux enchères des reproductions NFT de certains de leurs chefs d’œuvres.

  • Une nouvelle plateforme NFT dédiée aux collections muséales et institutionnelles

La nouvelle plateforme NFT dédiée aux collections muséales et institutionnelles, appelée LaCollection LaCollection.io, sera lancée le 30 septembre 2021 et vise à « inspirer la prochaine génération de collectionneurs et d’amateurs d’art en vendant des NFT en collaboration avec des institutions de premier plan ».

La mission revendiquée de LaCollection est également d’aider les institutions culturelles à susciter l’intérêt de nouvelles générations d’amateurs d’art et à initier une façon innovante de découvrir un musée, un artiste ou même une œuvre d’art.

La start-up française a été co-fondée et est présidée par Jean-Sébastien Beaucamps, qui accompagne depuis 2015 les entreprises Axa ou Sodexo dans leur transformation numérique.

Jean-Sébastien Beaucamps a déclaré que c’était « un honneur de s’associer au British Museum ».

« LaCollection est née de deux passions : l’art et la technologie » a-t-il déclaré. « Nous espérons que la plate-forme attirera de nouveaux publics, ceux qui n’ont jamais visité le British Museum ou qui ne se sont jamais intéressés à leur vaste collection et offrira l’opportunité de découvrir sa collection de manière nouvelle et passionnante. » 

  • British Museum: des cartes postales numériques et une exposition physique

La première institution culturelle partenaire annoncée par la plateforme est le principal musée britannique et l’un des plus grands du monde, le British Museum.

Le mercredi 30 septembre prochain, la plateforme LaCollection.io sera donc lancée avec un espace de vente NFT dédié à une sélection d’œuvres de l’artiste japonais Katsushika Hokusai (Edo 1760 – Tokyo 1849). Plus de 200 œuvres d’art Hokusai NFT seront disponibles à l’achat en ligne.

Hokusai représente en effet l’artiste idéal pour le lancement d’une telle plateforme : connue et célébrée dans le monde entier, son œuvre bénéficie d’un intérêt extraordinairement important.

L’offre NFT comprendra des œuvres emblématiques de l’artiste telles que Sous la vague, au large de Kanagawa (« La grande vague »), Journée claire avec une brise du sud (« Le Fuji rouge ») et Ejiri dans la province de Suruga.

Des œuvres moins connues seront également disponibles, notamment des dessins du livre The Great Big Picture Book of Everything récemment redécouverts.

Les cartes postales NFT seront vendus à prix fixe, tandis que d’autres seront vendus aux enchères.

Co-produites par le British Museum, les cartes postales Hokusai « apporteront le travail de l’un des artistes les plus célèbres du Japon dans le domaine numérique ».

Le lancement coïncide avec l’ouverture de l’exposition « Hokusai, The Great Picture Book of Everything », au British Museum, qui présentera 103 dessins de Hokusai qui n’ont jamais été vus auparavant. « Une telle présentation simultanée des œuvres originelles et de leur déclinaison NFT est le but même de ce que LaCollection cherche à réaliser » se réjouis la plateforme.

Les œuvres exposées ont été produites dans les années 1820-1840 pour une encyclopédie illustrée qui n’a jamais été publiée.

« Nous sommes très heureux de nous associer à LaCollection et d’explorer des moyens innovants de nous engager sur le marché en pleine croissance du NFT. Nous avons été particulièrement attirés par la vision de LaCollection, qui consiste à créer une plateforme centrée sur une communauté, réunissant des musées et des institutions similaires afin de faire partager leurs histoires et leurs patrimoines de manière amusante et intéressante. En outre, la simplicité de l’expérience utilisateur de LaCollection.io nous a beaucoup séduit. » a déclaré Craig Bendle, responsable des licences au British Museum. « Il est tellement important qu’en tant que musée, nous nous adaptions continuellement aux nouveaux marchés et trouvions de nouvelles façons d’atteindre les gens que nous n’atteignons peut-être pas par les canaux traditionnels. L’espace NFT est nouveau pour beaucoup de gens, donc leur permettre d’entrer sur le marché d’une manière simple et directe est très excitant. »

« Passionnés et néophytes auront ainsi la possibilité de se rendre sur LaCollection.io, de choisir parmi une offre d’un peu plus de 200 NFT Hokusai et d’effectuer leur achat en quelques clics. Il s’agira d’une expérience utilisateur à la pointe du marché, permettant une très grande simplicité d’achat par carte de crédit ou par le biais de la crypto-monnaie Ether » explique la plateforme.

  • Une nouvelle source de revenus pour les musées ?

Les NFT correspondront à des images numériques des œuvres d’Hokusai, produites par le British Museum.

« Les jetons vendus se répartissent en différentes catégories, de « unique » (une seule image de l’une des œuvres les plus célèbres), en passant par « ultra rare » (2), « limité » (1 000) et « commun » (10 000). Les prix commencent à environ 500 $ pour les NFT courants » a expliqué Jean-Sébastien Beaucamps à la publication The Art Newspaper.

Ils seront vendues sur le site de LaCollection, à prix fixe ou aux enchères. Le paiement pourra se faire en monnaie fiduciaire (traditionnelle) ou en crypto-monnaie. Un marché secondaire pourrait émerger car les propriétaires pourront revendre leur jeton, soit sur la plateforme initiale, soit sur une autre plate-forme telle qu’openseas.io.

L’une des deux éditions de La Grande Vague sera mise aux enchères entre le 30 septembre, date de début de l’exposition, et le 20 décembre. Le second sera mis aux enchères début 2022.

Le PDG de LaCollection a précisé que « le musée est largement récompensé » sans préciser le montant de la commission reversée au détenteur de la collection. En cas de revente d’un jeton sur le marché secondaire, 10 % iront au musée et 3 % à LaCollection. (ARTICLE CLIC: Le British Museum révèle l’impact du Covid-19 sur ses revenus et le succès massif de ses activités numériques)

  • Les musées du monde et les NFT

Depuis quelques mois, des musées du monde, fragilisés par la pandémie du covid-19,  adoptent la technologie NFT de différentes manière:

. En mai 2021, la Galerie des Offices de Florence a vendu la version NFT d’une peinture de Michel-Ange, pour 140 000 euros. Après les galeries et les salles de ventes, il s’agissait de la première vente d’un NFT réalisée par un des plus importants musées du monde. Fruit d’une collaboration entre les Offices et l’entreprise italienne Cinello, ce premier «exemplaire numérique», authentique, infalsifiable et crypté du Tondo Doni a été acquis par une collectionneuse romaine. Numérisé en très haute qualité, le tableau rond de Michel-Ange a été reproduit et associé à un NFT qui en certifie l’origine, l’unicité et son caractère infalsifiable, le tout avec la signature du directeur du Musée des Offices, Eike Schmidt.

Le fondateur et PDG de cinello, Franco Losi (à gauche), et le directeur de La Galerie des Offices, Eike Schmidt (à droite), à côté de la peinture Tondo Doni de Michel-Ange (c) cinello

Le grand musée de Florence a déjà annoncé que la vente du Tondo Doni virtuel est la première étape d’une opération qui doit à terme voir dix-sept chefs-d’œuvre de sa collection faire l’objet de la même opération. On parle notamment de 2 chefs d’oeuvres La Naissance de Venus de Botticelli et le jeune Bacchus du Caravage.

La vente de ces NFT pourrait « contribuer aux finances d’un musée à moyen terme », estime Eike Schmidt. « Cela ne change pas la donne, mais c’est un revenu supplémentaire. La création d’un tel marché ne se fait pas en un clin d’œil ». (ARTICLE CLIC: Fragilisée par la crise du covid-19, la Galerie des Offices a vendu la version NFT d’une peinture de Michel-Ange)

. Durant l’été 2021, la Whitworth Gallery a commercialisé un jeton NFT associé à une œuvre d’art,  « The Ancient of Days » de William Blake, l’une des images les plus largement reproduites dans la collection de la galerie. (ARTICLE CLIC: La galerie Whitworth de Manchester met en vente une version NFT d’un tableau de William Blake, au profit de causes communautaires)

. Du 31 aout au 7 septembre 2021, le musée d’État de l’Hermitage de Russie a mis en vente une collection NFT de cinq œuvres de sa collection sur la plateforme NFT Binance. Les cinq NFT, reproductions numériques d’œuvres de de Vinci, Monet et d’autres grand maitres de la peinture ont rapporté plus de 440 000 $ au musée de St Petsrbourg. (ARTICLE CLIC: Le musée de l’Hermitage récolte 440 000 $ via une vente aux enchères d’oeuvres en NFT)

Au sujet de la plateforme LaCollection

LaCollection est une entreprise française née d’une passion autour de l’art et de la technologie. Conscient de l’évolution accélérée de la technologie blockchain d’une part, et du poids grandissant des œuvres numériques dans le marché de l’art d’autre part, LaCollection vise à faire se rencontrer l’art traditionnel présent dans les collections des musées et l’art numérique et essaie de répondre à la question suivante : comment faire bénéficier musées et institutions des possibilités offertes par ces nouvelles technologies et les aider à s’y engager ? La mission de LaCollection est simple : créer un hub numérique pour les personnes partageant une même passion pour l’art, les musées, les NFT et les avancées technologiques.

LaCollection a recours aux technologies les plus pointues et les associe à une fantastique expérience utilisateur en vue de créer la plus vaste communauté de passionnés et d’amateurs d’art NFT. Plaçant la confiance au cœur de son activité, chaque NFT est authentifié sur LaCollection, approuvé par l’institution ou le musée concerné et sécurisé sur la blockchain.

« Il apparait certain que les NFT vont s’imposer de façon pérenne et leur récente popularité rend déjà compte du début d’une nouvelle façon de collectionner des éditions limitées d’œuvres d’art. Il est ainsi passionnant de constater que des technologies disruptives peuvent réinventer la relation entre musées, collectionneurs et contenu. Les NFT vont au-delà de l’art numérique, ce sont des véhicules pour raconter l’histoire de l’art, celle du passé et celle du présent, et LaCollection se veut être à l’avant-garde de ce mouvement. »

LaCollection, en collaboration avec des institutions culturelles, crée une nouvelle façon de posséder le «double numérique» de chefs-d’œuvre issus du monde entier. Les collectionneurs peuvent ainsi posséder ces NFT et créer leurs propres collections inter-musées, forgeant ainsi une nouvelle communauté de personnes passionnées d’art et d’innovation. » lacollection.io/

SOURCES: LaCollection (CP), presse

PHOTOS: LaCollection, British Museum

PHOTO du carousel: « Sous la vague au large de Kanagawa » (La Grande Vague, 1831) par Katsushika Hokusai, British Museum

Date de première publication: 24/09/2021

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