Concours national « réinterprétez les œuvres des collections françaises » #artenquarantaine: les gagnants (se) racontent

Le 25 juin 2020, le Clic France a révélé les gagnants du concours national #artenquarantaine, lancé avec les musées d’art et d’histoire de 40 collectivités françaises, le challenge #tussenkunstenquarantaine, la RMN-GP, Télérama et Beaux Arts Magazine. Parmi les plus de 600 contributions, le public, un jury professionnel et la communauté Clic France ont récompensé 8 créations. Ces derniers racontent leur histoire, leur démarche et les coulisses de leur réinterprétation.

Découvrez tous les prix et coups de cœur dans cet article: Concours national « réinterprétez les œuvres des collections françaises » #artenquarantaine: les gagnants

  • Marie Maurer autoportrait : « La Belle Strasbourgeoise », par Nicolas de Largillierre (Musée des Beaux Arts / Musées de Strasbourg / Strasbourg) (1er Prix du Public, Coup de cœur de Sabine Pigalle)

« C’est un autoportrait fait au retardateur.

La photo a été prise le 7 mai 2020. le concours m’a été recommandé par une amie française habitant aux USA. Je suis passionnée par les portraitistes du XVIII et la photo.

La « Belle Strasbourgeoise est vraiment emblématique de notre ville. La difficulté c’était de faire le chapeau, trouver un fond et les marques du confinement( masque, gants et balai) me semblaient évidentes puisque tout le monde était condamné à faire son ménage.

J’habite à Strasbourg, je suis enseignante retraitée mais toujours en activité. » Marie Maurer

  • Marion Giraud en famille : « Les bulles de savon », par Pieter Cornelisz van Slingelandt (Palais des Beaux Arts de Lille / Lille) (1er Prix du Jury)

« Les enfants sont très fiers d’avoir été sélectionnés. La concurrence est rude, il y a beaucoup de très belles reproductions… Nous habitons à Hellemmes, tout près de Lille. Les 4 comédiens sont mes propres enfants : Marie, Margot, Mine et Marcel (dans l’ordre du tableau).

Nous avons fait cette photographie le 12 avril 2020. Cela faisait une semaine que nous avions commencé ce défi.

Après de simples portraits, on montait d’un cran dans la complexité : faire poser 4 enfants simultanément + une bulle de savon ! C’est Marcel qui a choisi cette oeuvre en consultant les collections en ligne du Palais des Beaux-Arts de Lille. Marie et Mine ont testé plusieurs recettes de bulles de savon : le secret, c’est la fécule de maïs pour obtenir des bulles qui tiennent. Margot a confectionné un pompon rouge pour mettre dans les cheveux de Marie. Un vrai travail d’équipe ! Les enfants posent dans la baignoire : pas facile de caser 3 grands enfants dans une baignoire mais on a bien rigolé !

Nous avons créé pour l’instant 80 reproductions d’oeuvres (visibles sur notre compte twitter @mogirant).  twitter.com/mogirant  Les enfants ont envie d’en faire encore une vingtaine pour arriver à 100… avant les vacances. Depuis la reprise de l’école et du travail, nous avons un peu moins de temps, mais on maintient le rythme d’une publication par jour. Demain c’est mercredi, et 3 tableaux sont déjà prévus au programme. » Marion Giraud

  • Christelle Peres:  « La Liberté guidant le peuple », par Eugène de Lacroix (Musée du Louvre, Paris) (Coup de Coeur Challenge Tussenkunstenquarantaine)

« Les protagonistes de la photo sont Marius (10 ans) et Landry (8 ans), mes enfants. Gauthier, mon ex-conjoint et père de mes enfants, venu se confiner avec nous pendant toute cette période. Nous sommes à Toulouse et je travaille dans l’aéronautique.

Aux alentours du 10 avril, une amie, Cécile, a mentionné mon nom sur Facebook, en publiant votre concours. J’ai trouvé l’idée très bonne et me suis lancée dans l’aventure!

J’ai d’abord cherché un tableau avec 4 personnages principaux, et quand je suis tombée sur « La Liberté guidant le peuple », ce tableau m’est apparu comme une évidence. En effet, en plus des 4 personnages, le symbole qu’il représente m’a semblé approprié au contexte actuel et offrant des possibilités d’adaptation.

J’en ai parlé aux futurs protagonistes, qui semblaient accepter l’idée de jouer le jeu, sans grande conviction, mais j’étais motivée. Il ne restait plus qu’à imaginer la mise en scène! J’ai mûri le sujet pendant 2 jours, cherché quelques affaires au grenier et dans les placards… un vieux drap pour ma robe, une poubelle pour le chapeau…

Le 12 avril nous avons pu organiser notre « barricade » dans le jardin. Un peu de papier toilettes pour le symbole du confinement, mis en place d’un échafaudage pour poser le téléphone, retardateur 10 sec, une dizaine d’essais pour la pose et s’assurer que tout rentrait dans le cadre, et voilà notre photo dans la boîte!

Nous l’avons intitulée « La Liberté confinée gelant le monde ». Christelle Peres

  • Hira Park : « Saint joseph charpentier », par George de La tour (Musée du Louvre / Paris) (Coup de Coeur Beaux Arts Mag)

« Mon nom d’artiste est Hira Park, et j’habite à Paris. Je suis peintre et réalisatrice de courts métrages. L’adresse de mon site internet:   https://hiraspainting.jimdofree.com/

Les modèles pris en photo sont Samuel mon mari et Lucile, ma fille de 6 ans.

Dans cette période inédite de confinement, j’ai trouvé l’idée de ce challenge extraordinaire et excitante car elle créait un véritable espace de liberté et de créativité. J’ai pu avec amusement et précision recréer tout un univers similaire à celui de mes peintures et de mes courts métrages.

Je voulais également prendre part à ce que je ressentais comme étant une communion artistique internationale à une époque inédite de notre histoire.

Je n’ai pas re-créé d’autres oeuvres durant le confinement, mais l’hiver dernier avec Lucile (« Le radeau de la méduse » de Géricault, re-créé avec ses poupées miniatures). Nous avons pris cette photo l’après midi du 28 avril 2020, dans notre salon, avec tout ce dont nous avions à disposition : un rideau noir, un éclairage à la bougie (dans la main de Lucile et un chandelier hors champs) et une petite bougie électrique derrière le rouleau de papier toilette au sol au premier plan, la trottinette de Lucile, quelques outils (au sol). La réalisation de cette photo a duré 3h au total.

Plusieurs raisons ont motivé le choix de ce tableau :

– Je suis une inconditionnelle des maîtres du clair-obscur (Caravage et Georges de La Tour), et j’ai moi-même peint avec ce parti pris artistique.  C’est la raison pour laquelle j’ai considéré cette photo comme étant un tableau à part entière.

– L’univers de mes courts métrages a beaucoup de points communs avec l’univers de ce tableau.

– Je voulais inclure Lucile dans ce projet artistique dans la mesure où elle ne participe pas à nos projets audiovisuels.

– Je souhaitais exprimer le lien « filial » et la tendresse qui lient les deux personnages de l’oeuvre originale à travers Lucile et son papa » Hira Park.

  • Céline Carrier : « Hommage à Blériot », par Robert Delaunay (Musée de Grenoble / Grenoble) (2nd prix du Jury, 2nd Prix du Clic France, Coup de Coeur Télérama)

« Médiatrice culturelle au Musée de Grenoble, j’ai passé le temps de ce confinement en télé-travail, à défaut d’avoir un lien réel avec le public. 

Le Musée ayant lancé cette proposition de reconstitution des oeuvres de la collection, j’ai moi aussi voulu jouer le jeu.

Tout est parti de cette avion rouge acheté il y a des années en brocante ! Il a été le point de départ immédiat de ce dialogue avec « l’Hommage à Blériot » de Robert Delaunay. C’est une oeuvre que j’apprécie tout particulièrement pour son approche de la couleur et que je montre très régulièrement lors de mes visites. C’est d’ailleurs une oeuvre maîtresse de la collection d’art moderne du Musée.

A dire vrai, je ne savais pas que le Musée avait participé à ce concours avant la semaine dernière. Et cette unique proposition était pour moi, un moment ludique et créatif en ces temps de confinement ». Céline Carrier

  •  Ahlam Lajili-Djalaï : « Le baiser », par Carolus-Duran (Palais des Beaux Arts de Lille / Lille) (2nd Prix du Public)

« Les personnes représentées sont mon compagnon, Antonin Amy-Menichetti, et moi-même, Ahlam Lajili-Djalaï. Nous habitons à Montrouge. je suis réalisateur et chargée de production cinéma

La photo a été prise le 27 avril. Nous avions commencé à reproduire des tableaux assez spontanément la première semaine du confinement, avant même d’entendre parler des différents hashtag, challenge et concours. C’était une idée que nous avions depuis longtemps mais n’avions jamais vraiment eu le temps de nous y consacrer. « Le Baiser » est la 13eme réinterprétation que nous avons faite. Nous en avons créé 17 en tout pendant la période de confinement. Nous avons choisi ce tableau car c’est une toile que j’avais découverte lors de mes études d’histoire de l’art à Lille, que j’aime particulièrement, et qui nous permettait surtout d’être ensemble sur la photo. Nous y avons consacré une après-midi (mise en place, accessoires, coiffure, costume et prise de vue) » Ahlam Lajili-Djalaï.

Compte instagram : solal_solal

  • Charlotte Goemaere : « L’Esclave blanche », par Jean Jules Antoine Lecomte du Nouÿ (Musée d’arts de Nantes / Nantes) (Coup de cœur de Fabrice Hyber, 1er Prix du Clic)

« Sur la photo, c’est Louis, mon copain. On vit ensemble à Nantes.

Louis travaille à la régie des oeuvres du musée Dobrée et je suis conservatrice-restauratrice indépendante, récemment diplômée.

On a pris la photo le 26 avril, ça nous a pris environ 2h, il a fallu cacher tout le fond !

Cette oeuvre, on l’a choisie parce qu’on l’aime bien, on s’arrête souvent devant au musée d’Arts de Nantes.

Aussi, parce qu’on estimait avoir tous les accessoires pour réinterpréter l’oeuvre ; et enfin, c’était bien plus drôle de faire poser Louis plutôt que moi !

Le challenge, on a tout de suite trouvé que c’était une bonne idée/occupation de confinement, on a bien rigolé en regardant celles déjà en ligne, alors on s’est lancés. On avait l’ambition de faire marrer les copains, et ça a marché, donc c’est réussi pour nous !

Et nous on adore l’art et les musées, on y travaille ! » Charlotte Goemaere

« Ce tableau fait partie d’un projet de famille qui a commencé en plein milieu du confinement le 15 avril.

Nous étions confinés chez nous et moi-même j’ai eu le Covid19 et été enfermé dans une chambre pendant 11 jours. A ma sortie, le rythme était à la fois très soutenu et assez monotone avec le télétravail pour ma femme et moi, les devoirs à la maison des 3 enfants et les sorties que nous avions programmées dans notre cour à heures fixes pour ne pas mélanger les familles et les enfants. Nous avions un créneau de 30mn le matin et un autre d’1h le soir à 18H30 que nous ne pouvions pas rater. Nous arrêtant de travailler à 17h, nous avons décidé de faire, afin de casser le rythme et de nous amuser en famille, un tableau par jour..

Ma femme et moi passions beaucoup de temps à choisir des tableaux le soir (nous avons épluché tous nos livres de peinture puis sur internet) pour en proposer certains aux enfants le matin et en choisir un à réaliser par jour. Les critères de choix étaient la faisabilité, l’humour, les accessoires disponibles, la ressemblance avec les personnages…

Nous avions une heure et demie pour tout mettre en place : décor, recherche des déguisements et accessoires maquillage… tout le monde était mis à contribution ! Nous n’avons rien acheté pour cela et tout a été fait maison (je précise cela car beaucoup de personnes ont pensé le contraire comme par exemple pour nos 5 tenues rouges du tableau « La Danse »).

Le tableau devait être impérativement fini à 18h30 pour ne pas louper notre sortie dans la cour ! Vers 19h30 je faisais le montage et tous les jours, vers 20 heures, nous envoyions notre création à nos proches qui sont devenus de plus en plus nombreux au fur et à mesure de notre production. D’autres voisins faisaient pareil et cela nous a permis d’entretenir un lien avec beaucoup de personnes confinées en France et dans le monde (Madrid, New-York, Belgrade…).

Nous sommes d’ailleurs en train de finaliser la préparation d’une exposition avec une sélection de 79 créations qui aura lieu dans notre cour le vendredi 3 juillet.

Au bout de quelques tableaux nous avons décidé de créer un compte instagram pour pouvoir participer aux différents concours. Nous avons fait en tout 50 tableaux que vous pouvez consulter sur notre compte @covidartbabarn : https://instagram.com/covidartbabarn?igshid=u490fiijtlh2

Le musée Guetty a même présélectionné deux de nos tableaux pour leur catalogue du « Getty challenge » et 2 galeries exposant des tableaux que nous avons réinterprétés ont reposté nos créations sur leur compte 🙂

Ce projet familial a animé nos journées et nous a fait passer de très bons moments en famille avec quelques fous rires lors de la préparation. Grâce à lui, notre confinement a été plus agréable et très culturel  puisque cela a été l’occasion pour nous de découvrir quelques artistes et tableaux que nous ne connaissions pas et de les montrer aux enfants avec un regard particulier (expression, regard, position, détails, choses impossibles à reproduire…) » Arnaud Humblot et Eliezer Garcia-Rosado

Date de première publication: 25/06/2020

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