L’Asian Art Museum de San Francisco propose une toute nouvelle application pour son exposition, “China’s Terracotta Warriors” sur la fameuse armée en terre cuite du premier empereur de Chine, Qin. Innovation: cette application, outre les informations que l’on y retrouve habituellement (horaires, tarifs, etc.), permet d’enrichir sa visite  par l’utilisation de la réalité augmentée.

Du 22 février au 27 mai 2013, l’exposition présentée à l’Asian Art Museum bénéfice d’une application gratuite pour accompagner sa visite. Que ce soit via Ipad, Iphone ou Ipod Touch,  cette application permet de faire jaillir de l’écran des objets 3D ou des contenus vidéos et rendre ainsi plus vivante et ludique l’appréhension de ces œuvres millénaires.

Des cartels spéciaux sont pour cela disséminées dans l’exposition mais aussi dans divers endroits de San Francisco. Au sein du musée ce sont au total sept pancartes qui se sont glissées dans les trois salles du parcours de l’exposition.

Sur chacune d’elles est représenté un objet qui, lorsqu’il est fixé par l’objectif de la caméra, est projeté en 3D via l’écran dans le contexte réel de visite. Le visiteur a même la possibilité de se positionner selon plusieurs angles pour profiter de cette représentation en 3D. Afin de prolonger l’expérience, celui-ci peut ensuite photographier ses prises de vue et les publier sur facebook. Du fait de la

superposition de l’image 3D dans le réel, le photographe amateur peut donc mettre en scène sa photo en y incluant par exemple un être humain.

 L’application The AAM : Terracotta Warriors est la première expérience en réalité augmentée pour le musée. L’application donne aux visiteurs  du musée une dimension plus amusante et interractive à leur expérience de visite” selon Janet Brunckhorst, responsable web et multimédia à L’Asian Art Museum,

Petits inconvénients rapportés par l’article de Ken Yeung, des problèmes pour capter correctement au sein du musée (compensés apparemment par l’accès gratuit au wifi dans l’établissement) et le fait de ne pas pouvoir télécharger les vidéos accessibles via les pancartes après la visite. Autre détail, les visiteurs ne doivent pas oublier leurs écouteurs car les vidéos déclenchées pour deux des pancartes engendrent nécessairement du bruit alors que les consignes du musée sont de mettre son portable en silencieux…

  

Pour les curieux qui ne pourraient pas se rendre à San Francisco, le musée a aussi pensé à mettre en ligne l’une de ces pancartes et ainsi proposer à l’internaute équipé de profiter de l’expérience en réalité augmentée. Le visiteur virtuel verra ainsi surgir de son I-phone une cloche qu’il pourra même faire sonner et ainsi affiner encore un peu plus la frontière entre virtuel et réalité.

L’utilisation de la réalité augmentée dans le contexte patrimonial et muséal éveille à l’heure actuelle une grande source d’intérêt auprès des institutions, et l’application de l’Asian Art Museum de San Francisco n’est qu’un petit aperçu des possibilités offertes par cette technologie.

De nombreuses réflexions et expérimentations ont été conduites comme le prouvent les regards d’experts de Jessica Fèvres- de Bideran et Francine Clément sur le sujet, notamment suite aux publications de Shelley Mannion du British Museum concernant le Samsung Digital Discovery Centre.

D’autres institutions ont en tout cas d’ores et déjà pris le parti d’employer cette technologie dans leur politique de médiation, souvent pour des sites patrimoniaux. En attendant de voir la réalité augmentée se développer un peu plus dans les musées français, on pourra tout de même citer les exemples suivants :

-l’abbaye de Jumiège

-l’application Monument Tracker

-la ville de Bordeaux et sa tablette touristique

-le Royal Ontario Museum pour l’exposition Ultimate Dinausors

-l’application ARART

-le Laguna Beach Art Museum aux Etats-Unis

-le Science Museum de Londres.

 

Auteur: Marine Baudry