Le mardi 14 février 2017,le Muséum national d’histoire naturelle a annoncé la possibilité de consulter sur Internet 5.5 millions de planches de son herbier, le plus grand du monde.

Le Muséum national d’histoire naturelle a numérisé son herbier. « Ce dernier est le plus grand du monde », explique le Muséum dans un communiqué publié le mardi 14 février 2017. Les images de 5.4 millions de planches d’herbiers sont ainsi consultables sur le site Internet du Muséum. Cela représente 90% du volume de planches conservées au Muséum. La numérisation a eu lieu en même temps que la rénovation de cet herbier.

La mise en ligne de l’herbier constitue « une source majeure de données pour les scientifiques du monde entier », explique le site spécialisé Scientific Data, qui appartient au même groupe que la revue Nature, plus grande revue scientifique mondiale.

Le plus grand herbier du monde 

L’Herbier national du Muséum contient environ 8 millions de spécimens, arrivés du monde entier au fil des siècles et des expéditions, ce qui en fait la collection botanique et fongique la plus importante au monde. La collection du Muséum couvre ainsi environ 47% de la flore mondiale.

Cette dernière a pour ambition de « rassembler l’ensemble des espèces de plantes, lichens, algues et champignons que porte la planète ».

Elle est le résultat de plus de 350 ans d’activité botanique, depuis la création du Jardin royal des plantes médicinales en 1635.

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Herbier Girault pl 45 © MNHN – Françoise Bouazzat

On note par exemple l’herbier historique de Jehan Girault, herbier constitué en 1558, ce qui en fait le plus ancien de France !

« Il a son mérite par les feuilles et par les herbes conservées depuis un si long temps. L’herbier Jehan Girault est entré dans les collections du Muséum en 1857. Il a remarquablement traversé le temps : les caractères morphologiques sont presque toujours reconnaissables, certaines plantes ont même conservé leurs couleurs » explique Gérard Aymonin, auteur de L’Herbier du Monde.

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Partie de guirlandes provenant du cercueil de Ramsès II © MNHN – Françoise Bouazzat

350 ans d’histoire disponible sur Internet

Entre 2008 et 2012, l’Herbier national a été complètement rénové, processus qui a inclus une restauration du bâtiment et un reclassement systématique des spécimens dans des rayonnages mobiles pour répondre aux standards actuels de conservation. Près d’un million d’échantillons de la collection de plantes vasculaires (plantes à fleurs, conifères, fougères…) a été restauré à cette occasion.

Ce chantier titanesque ayant permis de rénover les collections et les installations du plus grand herbier du monde, a vu la concrétisation d’un exploit inégalé à ce jour : la numérisation et la mise à disposition en ligne des images de plus de 5 millions de planches d’herbiers, consultables sur la base de données du site Internet du Muséum.

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Un outil précieux pour les scientifiques du monde entier

Conjointement à la rénovation de l’Herbier, une importante opération de numérisation des spécimens de la collection a été entreprise : 5,4 millions de spécimens de plantes vasculaires (comme les plantes à fleurs, les conifères, les fougères) ont été numérisés, soit 90% du volume estimé de ce groupe conservé au Muséum. La numérisation a eu lieu en même temps que la rénovation de cet herbier.

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Un article qui vient de paraître dans la revue Scientific Data (14/02/2017), décrit le jeu de données ainsi généré pour les plantes vasculaires, mais également les processus complexes qui ont conduit à sa constitution. Cette publication a été élaborée par une équipe regroupant des personnels de l’Institut de systématique, évolution, biodiversité (ISYEB : Muséum national d’Histoire naturelle /CNRS/UPMC/EPHE) et de la Direction des Collections du Muséum.

Planche numérisée de Nymphaea caerulea Savigny, collections du Muséum © MNHN

Planche numérisée de Nymphaea caerulea Savigny, collections du Muséum © MNHN

Chaque spécimen de cette collection scientifique doit être accompagné d’un certain nombre d’informations indispensables sur la plante conservée : son lieu de récolte précis (allant du pays ou d’une région jusqu’aux coordonnées GPS), son collecteur et sa date de récolte.

D’autres informations sur le milieu, les noms vernaculaires ou les usages locaux de ces plantes peuvent éventuellement être renseignés. L’observation du spécimen fournit les autres informations (forme des feuilles, fleurs, fruits, etc.).

Un outil de sciences participatives développé au Muséum national d’Histoire naturelle, les Herbonautes, contribue à l’enrichissement en continu des données non encore renseignées.

Ces spécimens d’une collection qui présente près de 170 000 taxons de plantes vasculaires récoltées sur plusieurs siècles partout dans le monde sont les témoins inégalés des grands bouleversements dus à l’impact historique des changements globaux sur la biodiversité végétale, notamment ceux créés par l’Homme, mais pas seulement : une quantité de questionnements peut également être abordée en macro-évolution, macro-écologie, sciences sociales, agriculture, foresterie..

Cet article, première mondiale pour une collection de cette importance, documente extensivement ce jeu de données et permet ainsi aux futurs utilisateurs de prendre pleinement en compte les biais éventuels lors de son utilisation pour leurs travaux de recherches. Il est le premier d’une série visant à exploiter ces données à des fins de conservation de la biodiversité et de l’étude de l’endémicité des flores mondiales, rendues possibles par ce travail et la mise à disposition de l’herbier numérisé du MNHN.

SOURCE: MNHN

Date de première publication: 14/02/2017

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