Avec Sensorium, la Tate veut stimuler les sens de ses visiteurs et leur offrir une nouvelle expérience immersive

Du 26 août au 20 septembre 2015, la Tate Britain à Londres accueille l’exposition « Tate Sensorium ». Une expérience unique qui vise à solliciter tous les sens du spectateur dans le but de transformer sa relation avec les œuvres de l’art contemporain. « Tate Sensorium » a remporté la seconde édition de l’IK Prize en 2015, récompensant l’imagination de l’agence Flying Objects, qui a contribué à la création de l’exposition.

(c) Tate
(c) Tate

Cette exposition d’un nouveau genre a pour but de solliciter les cinq sens du spectateur, considérant que l’art contemporain ne doit pas seulement être abordé sur le plan visuel. L’expérience vise également à montrer que les sens peuvent influer sur un tableau.

Comme le souligne Tony Guillan, manager de l’IK Prize au sein de la Tate, dans un entretien accordé au Independant, « les peintres ne sont pas seulement inspirés par ce qu’ils voient, mais aussi parce qu’ils sentent, goûtent, touchent ou entendent ».

PHOTO: JOE HUMPHRYS/TATE PHOTOGRAPHY
PHOTO: JOE HUMPHRYS/TATE PHOTOGRAPHY

Tate Sensorium est le projet lauréat du Prix IK 2015, un prix annuel soutenu par la Fondation Porter, organisé par la Tate pour favoriser une technologie innovante permettant au public de découvrir, explorer et apprécier l’art britannique de la collection Tate de manière différente.

Pour conjuguer toiles et sens, Flying Object a fait appel à un maître chocolatier, à un spécialiste en parfumerie et à un expert des sons. L’exposition utilise également des outils technologiques performants afin de diffuser des parfums, recréer le sens du toucher et diffuser du son en trois dimensions.

L’exposition s’appuie sur les œuvres des artistes britanniques du XXsiècle tels que Francis Bacon, David Bomberg, John Latham et Richard Hamilton.

Cette expérience immersive inédite permet aux visiteurs de se livrer à une expérience multisensorielle inspirée par les œuvres d’art. L’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher sont utilisés pour mettre en évidence différents aspects de chaque peinture et explorer la façon dont les sens interagissent pour influer sur notre expérience globale de la galerie et dans relation avec les œuvres d’art. Cette nouvelle approche de l’interprétation de ces tableaux basée sur les sens devrait permettre de déclencher la fois la mémoire et l’imagination.

Comme le raconte l’équipe de Flying Object: « Développer Tate Sensorium au cours des six derniers mois a été un défi créatif passionnant. Nous avons eu la chance de travailler avec des gens vraiment talentueux sur le développement des stimuli sensoriels, et nous sommes ravis d’apporter la technologie de pointe dans les galeries de la Tate pour transformer l’expérience de la visite artistique. »

4 oeuvres et 4 dispositifs sensoriels

Choisis parmi une liste de quatre propositions plus tôt cette année, la Tate Sensorium est produite par le studio de création Flying Object en collaboration avec une équipe pluridisciplinaire comprenant spécialiste audio Nick Ryan; Un maître chocolatier Paul Young; expert en parfum Odette Toilette; créateur de théâtre interactive Annette Mees; concepteur d’éclairage Cis O’Boyle; et le Sussex laboratoire informatique de l’Interaction Homme équipe dirigée par le Dr Marianna Obrist au Département d’informatique, Université de Sussex.

Le dispositif utilise des outils numériques particulièrement innovants tels que la diffusion sonore directionnelle 3D, la technologie haptique sans contact pour créer l’impression de sensations tactiles ainsi que des outils biométriques.

L’agence a travaillé avec les conservateurs Tate pour choisir les 4 œuvres parmi la très riche collection de la tate et construire une expérience autour de chaque toile.

© JOHN LATHAM ESTATE, COURTESY LISSON GALLERY, LONDON/PHOTO: JOE HUMPHRYS/TATE PHOTOGRAPHY
© JOHN LATHAM ESTATE, COURTESY LISSON GALLERY, LONDON/PHOTO: JOE HUMPHRYS/TATE PHOTOGRAPHY

. Full Stop de John Latham (1961). L’œuvre d’art (une toile beige avec en son centre un cercle noir que l’artiste a ajouté par pulvérisation successive de peinture acrylique) a été jumelée avec un dispositif Ultrahaptics, appareil qui utilise des ondes sonores pour produire des sensations tactiles et un casque jouant le bruit de la pluie.

Francis Bacon 1909–1992 Figure in a Landscape 1945 © Tate Photo: Joe Humphrys/Tate Photography
Francis Bacon 1909–1992 Figure in a Landscape 1945
© Tate Photo: Joe Humphrys/Tate Photography

Figure in a Landscape de Francis Bacon (1945). Le chocolatier Paul Young a concocté un bonbon spécial qui imite la sensibilité de la peinture, à la fois sec et doux et Nick Ryan, un spécialiste de la production  sonore, s’est inspiré des bruits et des sons de Hyde Park pour créer un une composition stéréo inédite qui diffusée en 3D devant la toile.

PHOTO: JOE HUMPHRYS/TATE PHOTOGRAPHY/© TATE. PRESENTED BY THE FRIENDS OF THE TATE GALLERY 1967
PHOTO: JOE HUMPHRYS/TATE PHOTOGRAPHY/© TATE. PRESENTED BY THE FRIENDS OF THE TATE GALLERY 1967

. In the hold de David Bomberg (1913). L’audio amène le spectateur dans la peinture, à travers la diffusion de deux sons distincts. Le premier correspond à la géométrie de la peinture: des angles aigus, des sons irréguliers.Le second évoque le sujet – la cale d’un navire. Les stimuli de l’odorat fonctionnent d’une manière similaire. Le premier parfum est abstrait et est censé faire ressortir la couleur bleue. La deuxième odeur (diesel et  tabac) rappelle le navire.

© THE ESTATE OF RICHARD HAMILTON/PHOTO: JOE HUMPHRYS/TATE PHOTOGRAPHY
© THE ESTATE OF RICHARD HAMILTON/PHOTO: JOE HUMPHRYS/TATE PHOTOGRAPHY

. Interieur II de Richard Hamilton (1964). L’odeur de solvant est une allusion au processus de collage tandis que l’audio amène le spectateur dans l’espace acoustique du personnage central. Certains des objets représentés peuvent également être entendus, tandis que les sons de papier et la peinture suggèrent à nouveau le processus de création.

Post visite et recommandations  

Lors de leur visite de Sensorium, les visiteurs portent des bracelets fournis par la société Empatica qui mesurent l’activité électrodermale et permet ainsi de quantifier les réponses émotionnelles à l’œuvre, essentiellement en mesurant combien les installations font transpirer chaque visiteur. À la fin de l’expérience immersive, chaque visiteur reçoit un résumé adapté de la façon dont son corps a réagi aux œuvres et des recommandations sur d’autres œuvres de la collection Tate, se rapprochant de la peinture qui a suscité la réaction la plus forte.

Comme l’explique la Tate: « Sensorium représente une nouvelle vague d’installations avant-gardistes et permet d’amener les nouvelles technologies dans le musée, une évolution indispensable si les institutions culturelles veulent rester attractives. Les gens utilisent la technologie dans tous les aspects dans leur vie. Pour une institution dont la mission principale est de partager la culture, il serait suicidaire de ne pas s’engager dans cette voie. »

Sensorium se déroule du 26 Août à 20 Septembre 2015. L’entrée est gratuite.

Le Prix IK, créé à la mémoire de la philanthrope Irene Kreitman, célèbre le talent créatif dans l’industrie numérique. Soutenu par la Fondation Porter, le prix est décerné par Tate à une équipe, entreprise ou un individu pour récompenser une idée originale qui « utilise la puissance de la technologie numérique pour connecter la collection de la Tate à un plus large public ». Sensorium est le projet retenu pour la seconde édition du Prix IK. Les premiers lauréats étaient The Workers pour After Dark, un projet permettant à des robots d’offrir des visites de nuit de la Tate Britain.

Description complète des dispositifs sur le site de la tate

SOURCES: Tate, weareflyingobject.com, fastcodesign.com, wired.co.uk

Date de première publication: 28/08/2015

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