Dispositif de mise en valeur de la maquette du port de Nantes réalisée pour l’Exposition Universelle de 1900, Nantes 1900 met en relation l’objet physique avec un corpus documentaire de centaines de sources iconographiques grâce à des écrans tactiles multitouch. 
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Le musée d’histoire de Nantes a décidé d’améliorer la présentation de la maquette du port, à l’aide d’outils interactifs, pédagogiques et technologiques. L’objectif est de valoriser cet objet patrimonial par le biais des technologies numériques. Le musée a ainsi mis en place une base de données informatique afin de capitaliser sur l’ensemble des connaissances historiques relatives au territoire représenté par la maquette.

Ces connaissances s’appuient sur un corpus documentaire contenant notamment plusieurs centaines de sources iconographiques (cartes postales, photographies, estampes, etc.). Ce corpus documentaire est déployé dans une base de données.

Au cœur de cette méthodologie, un des objectifs majeurs est d’assurer une évolution dynamique du contenu, par la participation du public qui pourra collaborer à l’enrichissement de la base de données. En effet, le projet ne vise pas seulement à concevoir un système interactif à destination des visiteurs du musée, mais également à enrichir les connaissances disponibles autour de cette maquette historique.

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 Le dispositif muséographique met à disposition des visiteurs du musée des écrans tactiles multitouch situés devant la maquette, permettant, au moyen d’une interface spécifique, de naviguer de différentes manières au sein du corpus de documents (par thématique, points d’intérêt, zones géographiques, etc.). Le système fournit par ailleurs, au moyen de vidéo-projecteurs, un retour lumineux sur la maquette, dépendant des actions de l’utilisateur.

 Cette application est le résultat d’un projet de recherche et développement à l’initiative du musée d’histoire de Nantes, mené en collaboration avec le Laboratoire IRCCyN de l’École Centrale de Nantes et le Centre François Viète d’histoire des sciences et des techniques de l’université de Nantes.

À terme, la base de connaissances sera également consultable sur Internet. Il est d’ores et déjà possible de communiquer des images se rapportant au port de Nantes en 1900 à l’adresse nantes1900@chateaunantes.fr

CCourti7 QUESTIONS A….Christophe Courtin, Responsable du service des projets numériques au Château des ducs de Bretagne – musée d’histoire de Nantes

Pouvez-vous nous décrire le fonctionnement de la table tactile et de la maquette ? 

Chaque écran montre la portion de la maquette devant laquelle il se trouve. Lorsque l’on désigne du doigt une zone, que ce soit un quartier, un immeuble, un quai, la Loire, celle-ci se met en surbrillance sur l’écran et la zone correspondante sur la maquette réelle est éclairée via un vidéoprojecteur.

Sur l’écran apparaît une notice décrivant la zone sélectionnée ainsi qu’un carrousel présentant une ou plusieurs vignettes (documents, photos, peintures, gravures etc) relatives à cette zone. Ces images sont agrandissables. De plus des liens thématiques apparaissent en bas de l’écran (nous les nommons corrélats) permettant d’afficher des notices plus transversales (l’industrie navale par exemple)

Le projet prévoit de demander l’aide du public pour enrichir cette base de donnée: comment va s’opérer cette récolte de données du public ?

Nous sommes encore en réflexion sur le sujet, mais nous allons très vraisemblablement faire une collecte comme nous le faisons pour certaines expositions. La différence sera qu’il s’agira de « dons numériques », nous numériserons les documents confiés avant de les restituer à leur propriétaires. Nous souhaitons que le public accepte que ces images soient sous licence Creative Commons.

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Comment s’est déroulée la collaboration avec le Laboratoire IRCCyN de l’École Centrale de Nantes et le Centre François Viète ? Quel ont été les apports des acteurs du projet ?

Il s’agit dans un premier temps d’un projet de recherche et développement financé par le Château (Ville de Nantes). Nous avons conventionné avec le centre François Viète pour la partie histoire et l’école Centrale pour la partie numérique. Des projets pédagogiques ont été mis en place et plus de 120 étudiants ont travaillé dessus, notamment pour la numérisation 3D de la maquette et pour les recherches historiques.

Au bout de 3 ans nous avons recruté un doctorant de Centrale dans le cadre des dispositifs de thèse Cifre. C’est lui qui a piloté la réalisation de la base de données avec les étudiants de Centrale. La dernière année, nous avons commandé à Arnaud Waels (DevOCité) la réalisation de l’interface tactile multitouch, du design et de l’ergonomie de l’application.

Quelle a été la durée du développement et son budget ?

Difficile à dire. L’ensemble à duré 6 ans dont 3 de R&D pure. Le financement a intégralement été assuré par la Château. Le budget est difficile à estimer car la partie R&D a été onéreuse mais ne se retrouve pas complètement dans l’application.

Cela dit cette application va être déployée sur d’autres maquettes du musée. Nous envisageons aussi de réutiliser la base de données pour le renouvellement de l’ensemble de nos 16 bornes multimédia.

Sous quelle forme allez-vous proposer la base de données documentaires sur internet ?

Ce sera une interface de consultation classique (moteur de recherche) auquel nous allons adjoindre une possibilité de consultation géographique via une orthophotographie de la maquette. Nous devons auparavant retravailler Front et back office pour les rendre plus ergonomiques.

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Quelle sera la licence de réutilisation de l’outil technique (open content, aucune réutilisation…) ? envisagez vous de partager l’outil avec d’autres institutions ?

L’ensemble des briques logicielles est en open source, en revanche, nos contenus ne sont pas complètement ouverts. Toute institution souhaitant adapter l’application à ses contenus peut le faire. Cela dit il ne s’agit pas d’un logiciel « clef en mains » et beaucoup de prérequis sont nécessaires pour l’adapter (orthophoto de la maquette, rédaction des notices contenus, etc).

Par exemple, nous avons pour le moment mis 115 notices dans l’application, nous en avons encore 400 à rédiger par les agents du service conservation. C’est un travail de très longue haleine compte tenu de leur charge de travail déjà importante.

Quels sont vos prochains projets numériques ou ceux en cours ?

Nous travaillons à la version 2 du musée qui va réouvrir en juin 2016. Il s’agit des salles ayant trait aux 2 guerres mondiales et à la période contemporaine. La muséographie donnera une part très importante aux archives audiovisuelles.

Par ailleurs, nous travaillons avec le laboratoire Erasme (Grand Lyon) et Paris Musées au développement d’un moteur de jeu collaboratif sur tablettes. L’idée est de confier une tablette à un enfant et une autre à l’adulte qui l’accompagne. Une certain nombre de « missions » sont proposées qui impliquent un dialogue entre l’adulte et l’enfant. Les tablettes étant connectées entre elles, les joueurs pourront échanger informations, indices etc…

Un certain nombre de scénarios d’interactions seront développés et chaque musée pourra y intégrer son propre contenu. L’idée est de publier ce moteur en open source pour que d’autres institutions puissent se l’approprier et faire profiter la communauté de leurs propres développements. Le prototypage a notamment été financé dans le cadre de l’appel à projets culturels innovants du MCC.

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SOURCES : Château de Nantes

Date de première publication: 02/10/2015

Interview réalisée par mail le 01/10/2015

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