Histoire des arts : le portail pédagogique des ministères de l’Éducation et de la Culture s’offre un « lifting »

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Le mardi 30 mars, le ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports et celui la Culture ont annoncé la refonte du site web Histoire des arts. Lancée en 2009, la plateforme culturelle et pédagogique qui propose gratuitement plus de 5 000 ressources a été « dépoussiérée » pour la rendre plus actuelle et accessible. Avec cette nouvelle version enrichie, le portail Histoire des arts souhaite « renouveler l’expérience culturelle en misant autant sur la connaissance que sur la rencontre ». Ce lifting permettra-t-il atteindre l’objectif ? 

Cette nouvelle version du portail Histoire des arts, plateforme nationale culturelle éducative et gratuite en ligne, intervient 11 ans après sa création. Elle fait enfin peau neuve pour être plus accessible aux élèves, enseignants et au grand public à la recherche de contenus culturels numériques. Une obligation encore plus forte en cette période unique et prolongée de fermeture des musées français et de forte demande de contenus numériques culturels.

  • 5 000 ressources apportées par plus de 400 partenaires institutionnels

Le portail s’appuie sur un réseau de contributeurs comprenant plus de 430 structures culturelles – théâtres, médiathèques, opéras ou musées situés aux quatre coins de la France.

Les œuvres qu’elles mettent en ligne deviennent ainsi accessibles à tous, sur l’ensemble du territoire. 

Organisé en fonction des contenus qu’il propose, le site est composé de dossiers pédagogiques et thématiques en lien avec l’actualité culturelle et les programmes scolaires, de fiches repères qui comprennent des chronologies et liens hypertextes vers des expositions virtuelles, des décryptages d’œuvres et des analyses thématiques ainsi que d’un répertoire de contenus libres de droit.

Au total 5 000 ressources gratuites sont mises aujourd’hui à disposition sur le portail Histoire des arts, produites par plus de 430 partenaires institutionnels (établissements publics sous tutelle du ministère de la Culture, Frac, musées, centres d’art, archives départementales…) tels que le musée de la Tapisserie de Bayeux, la RMN-GP, le musée d’Art moderne de Paris, la BNF, le Domaine de Chantilly, le Centre Pompidou-Metz, le Palais de Tokyo ou encore le Centre des monuments nationaux (CMN).

Chaque jour, le site s’enrichit de nouveaux contenus dans des domaines artistiques aussi variés que l’architecture, la bande dessinée, le cinéma, la peinture ou la sculpture.

  • Elèves, enseignants, amateurs… comment répondre aux attentes des différents utilisateurs du portail Histoire des Arts ?

La nouvelle version du portail Histoire des Arts doit permettre à chacun de ses utilisateurs d’accéder gratuitement à une offre culturelle inédite. Un objectif rendu difficile par l’hétérogénéité de ses publics.

La grande diversité de son offre culturelle, c’est l’un des atouts majeurs de la nouvelle version du portail histoiredesarts.culture.gouv.fr, dont l’objectif revendiqué est de mettre à disposition de tous, à partir de quelques mots clefs bien choisis, près de 5 000 ressources, fiables, gratuites et largement éditorialisées, dans toutes les disciplines culturelles.

L’histoire des arts étant entendue dans un sens pluridisciplinaire, le site inclut non seulement l’archéologie et l’architecture, mais aussi le cinéma, la littérature ou encore le cirque.Pour la communauté éducative, le portail Histoire des Arts peut être utilisé de multiples façons, aussi bien dans le cadre scolaire que privé. 

Si le Portail Histoire des Arts est susceptible de nourrir le parcours artistique et culturel des élèves, il constitue également un outil précieux pour les enseignants, qui peuvent s’en servir pour concevoir leurs programmes.

. En plus de la communauté éducative, le portail Histoire des Arts a l’ambition de toucher un autre public, celui des amateurs d’arts, qu’ils soient professionnels ou non.

Sandrine Bernardeau, historienne de l’art, utilise principalement le portail par le biais de Facebook.

« Histoire des arts fait partie de la galaxie de sites qui me sont régulièrement proposés lorsque je fais une recherche professionnelle », dit-elle. « A titre personnel, je suis trop spécialisée pour effectuer régulièrement des recherches génériques sur ce site, mais je le consulte pour savoir ce que voient nos auditeurs, comprendre pourquoi certaines questions reviennent régulièrement », observe-t-elle.

L’historienne recommande d’ailleurs à ses auditeurs de le consulter en complément des cours d’histoire de l’art qu’elle donne au Grand Palais.

Le nouveau site aurait pu faire l’objet d’une réelle et profonde refonte ergonomiques et esthétique, mais il reste une destination web utile pour les élèves et la communauté éducative pour illustrer ou approfondir les thématiques abordées en classe ou bien tout simplement satisfaire la curiosité des amateurs d’art.

Une ambiguïté demeure sur les modalités d’utilisation des ressources notamment iconographiques de la plateforme d’autant plus que celle-ci rassemble sur une page dédiée d’autres plateformes françaises et étrangères « repertoire de ressources réutilisables » qui diffusent leurs contenus iconographiques en mode Open Content, et donc sans contraintes d’usage.

3 QUESTIONS A …. Noël Corbin, délégué général à la transmission, aux territoires et à la démocratie culturelle au ministère de la Culture

Fluidité de la navigation, repères diversifiés, éditorialisation soignée, cartographies innovantes, points de vue vivants… Noël Corbin, délégué général à la transmission, aux territoires et à la démocratie culturelle au ministère de la Culture, revient sur les enjeux d’un portail qui « mise autant sur la connaissance que sur l’émotion et la rencontre ».

Lancé en 2009, le portail « Histoire des arts », qui fait peau neuve aujourd’hui, est l’une des initiatives publiques pour accompagner chaque jeune dans son parcours d’éducation artistique et culturelle. En quoi la version 2021 du portail se rapproche-t-elle de cette ambition ?

Une douzaine d’années après son lancement, le portail avait besoin d’être rajeuni. Notre volonté est de mettre le savoir des jeunes davantage en cohérence, de créer une logique de parcours. On y trouve des contenus qui vont être classés selon des critères simples, par exemple une date et un artiste pour un courant artistique.

Par ailleurs, la force d’un site, c’est de tenir compte du retour des utilisateurs. Les modalités de recherche sont ainsi beaucoup plus intuitives. Nous nous sommes mis dans la peau d’un jeune en essayant de comprendre ce qui lui donnait envie de poursuivre sa navigation. Nous avons ainsi développé des dossiers thématiques qui permettent de faire dialoguer diverses disciplines à travers une œuvre. Un professeur de sciences physiques par exemple pourra travailler sur l’histoire du daguerréotype et montrer quelles sont les règles de la science qui ont été mises en application pour créer cet outil merveilleux qui conduit à la photographie.

Nous avons également enrichi l’offre : le portail propose aujourd’hui plus de 5 000 ressources qui couvrent tous les arts et toutes les périodes, ce qui a également nécessité une meilleure éditorialisation afin que les jeunes ne se trouvent pas pris dans une forêt immense.  L’éducation artistique est fondée sur la connaissance de l’histoire des arts mais aussi sur la rencontre, l’émotion.

Grâce à un service de cartographie et de géolocalisation beaucoup plus performant et une offre éditoriale tournée vers l’actualité de plus de 400 lieux, le portail met l’accent sur la complémentarité entre les ressources numériques et la culture de proximité. Pourquoi est-ce un élément essentiel ?

La ministre entend pleinement être la ministre des territoires. Cela signifie qu’elle souhaite que chaque habitant – et c’est un terme auquel nous sommes très attachés dans cette nouvelle délégation – puisse autour de lui dialoguer avec la culture.

On parle de publics éloignés de la culture, d’accès à la culture… on a parfois l’impression que la culture est uniquement à Paris. Or, en réalité, la culture est partout.Avec le portail « Histoires des arts », nous voulons renvoyer à ce qui se passe autour de nous. Grâce à la géolocalisation qui est proposée, on peut par exemple se rendre compte qu’une œuvre qui nous intéresse est plus près de chez soi qu’on l’imaginait. L’objectif est d’incarner davantage. L’éducation artistique est fondée sur la connaissance de l’histoire des arts mais aussi sur la rencontre, l’émotion.Ce portail renvoie donc toujours à la possibilité d’une rencontre physique. D’où un ancrage territorial basé sur un réseau d’institutions – avec un système de renvoi des unes aux autres – constitué grâce à l’appui des directions régionales des affaires culturelles.Le portail « Histoire des arts » est un outil de transmission. Transmission avec l’ensemble de la communauté éducative, mais aussi transmission avec le grand public, les curieux, les amateurs d’art. Comment le portail touche-t-il tous ces publics ?Il faut essayer tout à la fois de comprendre les attentes et les craintes. La communauté éducative est l’objet bien sûr de toutes les attentions. Mais il est vrai que nous souhaitons aussi que le portail intéresse les amateurs d’art et les curieux, qu’il puisse par exemple accompagner la préparation d’une sortie. La lettre d’information mensuelle a plus de 6 000 abonnés, la page Facebook est suivie par 9 000 personnes. Nous avons aussi la volonté de développer de nouveaux outils participatifs. Je pense notamment à la construction de cartes de connaissances. Le principe est simple : nous proposons une carte de ressources – une œuvre, un artiste, une galerie – et à partir de là, chacun peut construire sa propre carte artistique et la mettre en partage.

Autre enjeu majeur : l’offre à destination des publics en situation de handicap avec des ressources adaptées à différents types de handicaps, je pense notamment aux livrets rédigés en FALC – type d’écriture « facile à lire et à comprendre » [NDLR] -, aux vidéos sous-titrées, et aux propositions en langue des signes.

SOURCES: Ministère de la culture et de la communication (CP)

PHOTOS: portail Histoire des arts

Date de première publication: 31/03/2021

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