A Nîmes, le nouveau Musée de la Romanité parcourt 25 siècles d’Histoire grâce à des dispositifs innovants de médiation

Le samedi 2 juin 2018, le Musée de la Romanité ouvre ses portes au coeur de la ville de Nîmes, face aux Arènes. Présentant près de 5 000 œuvres patrimoniales, le bâtiment de 3500 m² conçu par Elizabeth de Portzamparc, accueillera également des expositions en lien avec la civilisation romaine. Par l’usage intelligent des outils numériques et une architecture audacieuse, le musée veut devenir une passerelle entre le patrimoine d’hier et d’aujourd’hui.

Le Musée de la Romanité constitue l’un des principaux projets architecturaux et culturels contemporains en France. Ce Musée a pour ambition la préservation du patrimoine culturel nîmois, son partage auprès du public français et étranger ainsi que sa transmission aux générations futures.

Bande-annonce du musée de la Romanité:

Un nouvel écrin pour les richesses patrimoniales nîmoises

C’est suite à la découverte, lors de fouilles préventives en 2006-2007, d’une domus (maison romaine) et de deux mosaïques dites d’Achille et de Penthée, qu’est née chez Jean-Paul Fournier, le maire de Nîmes, la volonté de créer un Musée de la Romanité.

Ce nouveau musée, destiné à valoriser ces trésors d’une grande rareté, présente également 5 000 des 25 000 oeuvres du musée archéologique de la ville, devenu trop étroit.

« Guidés par l’exigence forte de valorisation et de transmission de notre magnifique patrimoine aux générations futures, nous avons tout mis en œuvre afin que ce musée soit une vitrine exceptionnelle pour nos impressionnantes collections archéologiques, restaurées à cette occasion » s’enthousiasme Jean-Paul Fournier, le maire de Nîmes.

Mosaïques, statues de marbre, objets en bronze, céramique ou encore pièces de monnaie, collectés au fil des siècles et restaurés, se déploient selon un parcours chronologique et thématique, du VIIe siècle av. J.-C jusqu’au Moyen-Age.

Répartis sur 4 niveaux, sur un espace total de 3 500 m², les collections permanentes font découvrir ou redécouvrir aux visiteurs l’histoire romaine, à partir de traces matérielles à l’échelle d’une ville. Tous les objets exposés sont de provenance locale ou régionale. Le musée a voulu ainsi restituer le contexte de la découverte de ces objets dans la présentation au public.

Une architecture audacieuse pour témoigner de l’empreinte de la civilisation romaine

Situé à l’entrée de la ville ancienne, le Musée de la Romanité, de par la légèreté de sa structure face à la massivité classique des Arènes, créé un dialogue architectural entre les deux bâtiments séparés par 2 000 ans d’histoire.

Créé par Elizabeth de Portzamparc, lauréate d’un concours d’architecte lancé en 2011, le musée est conçu comme une porte d’entrée pour la compréhension de la ville et de son histoire. De par ses façades transparentes, il laisse apparaître les Arènes depuis l’extérieur de la ville ancienne. Le drapé souple de la façade fait écho à la toge romaine tandis que les carreaux de verre qui la constituent évoquent cet art majeur romain qu’est la mosaïque.

Le toit terrasse végétalisé offre une vue panoramique sur la ville et sur ses 26 siècles d’histoire. Le jardin archéologique, quant à lui, est pensé comme un musée végétal.

Toutes les traces de l’Histoire, préservées et restaurées, sont ainsi rendues accessibles gratuitement à l’ensemble des visiteurs et promeneurs.

Un parcours à travers 25 siècles d’histoire

Mieux connaître et comprendre la civilisation romaine est l’enjeu majeur du Musée de la Romanité à Nîmes. L’Histoire y est racontée par les témoins matériels – vestiges issus des fouilles archéologiques menées au fil des siècles – et immatériels– reconstitutions, évocations multimédia. Illustrant le passé exceptionnel de la ville, lieu de référence sur l’Antiquité romaine, les œuvres sont mises en valeur par une muséographie novatrice et proposent aux visiteurs une expérience unique à travers 25 siècles d’histoire.

« Le musée a été conçu comme une porte d’entrée pour la compréhension de la ville de Nîmes. Il permet de diffuser auprès d’un très large public les richesses du patrimoine architectural nîmois. C’est également un lieu incontournable pour suivre et comprendre toute l’actualité de la recherche archéologique » explique Dominique Darde, Conservatrice en Chef du Patrimoine, Ville de Nîmes.

Le Musée de la Romanité offre un parcours du VIIe siècle avant notre ère (Âge du Fer, période gauloise) jusqu’au Moyen Âge, augmenté de plusieurs collections d’érudits des XVIIIe et XIXe siècles. Son ouverture sur la ville, notamment la vue sur les Arènes ou le toit terrasse d’où l’on aperçoit les monuments importants, est exemplaire du lien entre l’empreinte romaine visible dans les collections et celle visible dans Nîmes aujourd’hui où s’épanouissent in situ les nombreux vestiges d’une des plus grandes civilisations de l’Antiquité.

« L’établissement concilie les exigences scientifiques d’un musée avec une volonté pédagogique destinée à intéresser un large public, grâce à la mise en œuvre de programmes multimédia, documentaires audiovisuels, projections immersives, réalité augmentée, visites virtuelles et cartographies interactives ».

Dispositions muséographiques

Contempler, comprendre, apprécier : Le parcours est conçu pour une visite alternant apport de
connaissances, observation des œuvres et objets, pauses dans la visite. Des assises et des espaces de repos sont installés à des endroits stratégiques ayant un véritable intérêt à la fois pédagogique et contemplatif.

Flexibilité du parcours muséographique: La densité des collections et la richesse du propos scientifique
pouvant conduire à un temps de parcours conséquent (environ 2h), des coupes circuits ont été ménagés. Ils permettent aux visiteurs de fractionner leur visite ou de cibler les périodes et les thèmes qu’ils souhaitent approfondir.

Les personnes à mobilité réduite : L’ergonomie générale du parcours – des mobiliers muséographiques jusqu’à la signalétique – a été pensée pour répondre aux besoins des personnes à mobilité réduite, notamment en privilégiant les rampes et les ascenseurs. Les vitrines ont été dessinées pour optimiser l’appréhension des collections et l’utilisation des supports multimédia interactifs par les personnes
porteuses d’un handicap moteur.

Des outils de médiation innovants

Des supports de reconstitution variés choisis parmi les technologies les plus récentes accompagnent les visiteurs tout au long du parcours. Ils les aident à imaginer l’aspect originel des bâtiments antiques et la vie quotidienne des habitants. Un visioguide existe en plusieurs langues.

Vidéo sur les outils numériques:

Des dispositifs multimédia sont disséminés tout au long du parcours : des visites virtuelles permettent d’entrer dans une maison gauloise des environs de 400 av. J.-C. et dans une riche demeure romaine.

© Opixido / 3D Art Graphique & Patrimoine

Grâce à des animations graphiques (dessins animés et motion design), on peut par exemple observer les gestes et techniques des artisans romains dans des domaines tels que la mosaïque, la fresque, la céramique, le travail du bronze, et des cartes donnent à voir le positionnement des cités, les sites des batailles ou l’extension des zones d’influence romaine.

© Opixido

Des documentaires audiovisuels, des restitutions 3D, des infographies et des séquences animées abordent une large variété de sujets comme les oppida, l’armement celtique ou les fouilles archéologiques nîmoises.

Des récits audio dits par une ou plusieurs voix, dont certains synchronisés avec des jeux de lumière, donnent vie aux personnages historiques et aux légendes.

© Opixido / 3D Art Graphique & Patrimoine

Outre les œuvres exposées, on appréhende aussi les édifices romains de Nîmes, l’époque médiévale, la numismatique ou l’alimentation grâce à des applications multimédia pour bornes tactiles, des programmes interactifs et mini-jeux pédagogiques sur tables tactiles.

© OnSitu – 3D A. Brice Pimpaud

Des reconstitutions en mapping (cartographies dynamiques projetées ou interactives), souvent monumentales, immersives et synchronisées avec des jeux de lumières, abordent des thèmes divers comme la source originelle de Nîmes, l’épigraphie ou les carrières romaines.

© Opixido / 3D Art Graphique & Patrimoine

À noter encore, un dispositif de captation vidéo du visiteur restituée sur grand écran offre l’occasion de s’admirer habillé d’une toge ou d’autres vêtements romains !

Comme l’explique le musée: « que ce soient les dispositifs de réalité augmentée, les panoramiques interactifs à 180° ou encore le mur d’images interactif (dispositif scénographique unique et innovant), tout est fait pour projeter les visiteurs dans le passé, afin de leur faire découvrir la vie des hommes dans l’Antiquité, l’évolution de leurs savoir-faire et les chefs-d’œuvre qu’ils ont produits ».

Réalisation multimédia/audiovisuel/audioguide: On-situ / Opixido / Art Graphique & Patrimoine.

Les boîtes du savoir

À la disposition des visiteurs, des boîtes blanches lumineuses, appelées « boîtes du savoir », ouvrent les trois sections chronologiques du parcours. Il s’agit d’un procédé créé par Elizabeth de Portzamparc pour servir d’introduction aux différentes séquences : des cartes, des frises chronologiques, des écrans présentent et contextualisent la période considérée.

1ère exposition temporaire consacrée aux gladiateurs

Au parcours des collections permanentes s’ajoute un espace dédié aux expositions temporaires. La première présentée au Musée de la Romanité nous apprend (presque) tout sur la vie des gladiateurs !

De nombreuses découvertes à Nîmes attestent de l’organisation de combats de gladiateurs dans les Arènes, lesquelles avaient leur propre école. Afin d’explorer cette facette passionnante de l’histoire des amphithéâtres, le Musée de la Romanité s’ouvre cet été avec l’exposition « Gladiateurs, héros du Colisée ».

Après une tournée mondiale à travers l’Europe du Nord, les États-Unis et l’Australie, le Musée de la Romanité accueille cette exposition itinérante dont c’est la dernière halte… et donc l’ultime occasion de la visiter. Cette exposition spectaculaire, ayant pour commissaire d’exposition la conservatrice du Colisée de Rome, Dr Rossella Rea, présentera les pièces d’une dizaine de musées italiens, dont les vestiges de Pompéi du Musée de Naples.

Immersion assurée dans le monde passionnant des gladiateurs et jeux d’arènes. Une documentation scientifique rigoureuse et une scénographie innovante séduiront le grand public comme les spécialistes.

Des maquettes, des courts-métrages, des reconstitutions interactives élargissent le propos en « faisant image », et donnent vie aux pièces exceptionnelles venues d’Italie et de toute l’Europe – casques, genouillères, pierres tombales, fresques, instruments de musique…

Exposition « Gladiateurs, héros du Colisée »
Du 2 juin au 24 septembre 2018

Budget du projet et gestion du musée

La Ville a confié la gestion du Musée de la Romanité à la SPL « Culture et Patrimoine », dont elle est actionnaire principal. Présidée par Franck Proust, premier adjoint au Maire, la SPL vise la venue de 160 000 visiteurs la première année. Elle sera en charge de la promotion, la médiation, l’accueil du public et l’exploitation commerciale du musée mais aura également pour mission de faire rayonner le Musée de la Romanité à l’international.

Coût du projet: 59,5 M€ tdc (toutes dépenses confondues) conforme au budget annoncé

Coût total supporté par la Ville : 35 398 321 €

Subventions : 24 151 678 € (Région Occitanie : 10 m€, Département du Gard : 6 m€, Nîmes métropole : 5 m€, État : 2,5 m €, DRAC : 463 339 € pour les restaurations et la mise en valeur des vestiges romains, CCI : 150 000 €, ADEME : 38 339 €).

Le musée de la Romanité est présent sur internet (site bilingue français et anglais) et sur les réseaux sociaux (facebook, twitter, instagram et youtube)

Source : Musée de la Romanité

Date de première publication : 01/06/2018

La Ville de Nîmes, Opixido et Art Graphique & Patrimoine sont membre et membres associés du CLIC France

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