A l’occasion du Sommet et de la semaine de l’Intelligence Artificielle, à Paris, du 6 au 12 février 2025, le CLIC propose un nouveau dossier sur l’utilisation de l’IA dans et par les musées et lieux de patrimoine artistique, historique et scientifique dans le Monde. Communication, médiation, exposition et collection €¦ l’IA s’intègre progressivement dans les différentes activités et métiers des institutions culturelles. Des exemples sont présentés dans ce dossier qui sera régulièrement actualisé.
[FORMATION CLIC] En 2025, le CLIC lancera sa première formation consacrée à l’usage de l’Intelligence Artificielle dans et par les musées et lieux de patrimoine. Ouvert à 8-10 institutions, ce programme se déroulera sur plusieurs journées, entre septembre et décembre 2025. Le pré-programme sera publié au début de mars 2025. Si vous souhaitez recevoir des informations, merci d’envoyer un mail à formation@club-innovation-culture.fr
Lire aussi le [DOSSIER] Tour de France : l’utilisation de l’Intelligence Artificielle par les musées et lieux de patrimoine
Sommaire:
. Information, communication et marketing relationnel
. Médiation in situ sur outil mobile, via un chatbot
. Médiation in situ sur un terminal fixe
. Expositions et expériences immersives
. Valorisation des collections en ligne
. Gestion documentaire des collections
. Analyse ou restauration d’œuvres
. Actions de communication
. et programmes de recherches.
Des musées du Monde ont intégré l’intelligence artificielle et sa première forme le chatbot dans leur action de communication et de médiation à partir de 2004. Certains ont utilisé des services de messagerie fréquemment utilisés, comme Facebook Messenger et WhatsApp. D’autres ont adapté le système intelligent propriétaire Watson d’IBM à leurs besoins. Ces agents conversationnels ont d’abord aidé les institutions culturelles dans leur dialogue avec leurs publics. Les informations diffusées numériquement vont du contenu purement informatif €“ informations sur les horaires d’ouverture, les itinéraires, les événements €“ à un accompagnement parmi les objets ou dans des lieux historiques ou artistiques.
En 2018, le ZKM (Center for Art and Media de Karlsruhe) a développé un chatbot dans le cadre du programme de financement « Digital Paths to the Museum II ». Le chatbot a été conçu pour répondre aux demandes de service, aider à obtenir plus rapidement des informations sur le site Web et guider les visiteurs à travers l’exposition « Writing the History of the Future ». Dans le cadre de son projet intitulé « As We May Speak », le centre d’art contemporain et numérique a mené une recherche sur l’histoire des chatbots et recensé sur son site des exemples provenant d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Amérique du Sud, présentés par ordre chronologique.
- Information, communication et marketing relationnel
Contrairement à la France, l’intelligence artificielle n’est pas largement entrée dans les musées et lieux de patrimoine du Monde en tant qu’outil de communication et d’information personnalisée. Le chatbot d’information est ainsi aujourd’hui une pratique proportionnellement moins répandue dans le monde qu’elle ne l’ait dans l’hexagone.
L’un des premiers grands musées du monde à avoir intégré cet outil dans sa communication est la maison d’Anne Frank à Amsterdam. Le 21 mars 2017, journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, le chatbot du lieu historique a été lancé pour fournir aux visiteurs des informations sur l’histoire de la vie d’Anne Frank et sur la Maison d’Anne Frank, dans une conversation chat personnalisée sur Messenger. (ARTICLE CLIC : Avec le soutien de Facebook, la maison d’Anne Frank lance un « chat bot » sur Messenger)
Les autres lieux culturels ayant lancé leur chatbot entre 2018 et 2020 sont notamment le Field Museum de Chicago, le Cooper-Hewitt Museum de NYC, Carnegie Museums of Pittsburgh ou le Museet Museum de Copenhague.
Plus récemment, fin janvier 2023, le parc archéologique du Colisée à Rome a dévoilé un nouvel outil innovant sur son site web : un agent conversationnel baptisé Néron ou NeroBot. Cette solution, développée par les sociétés Ask Mona et Machineria, permet à l’un des monuments les plus visités d’Italie d’accompagner les visiteurs dans la préparation de leur venue. (ARTICLE CLIC : Ask Mona s’installe en Italie et lance NeroBot, le nouvel assistant virtuel du parc archéologique du Colisée, à Rome)
- Médiation in situ sur outil mobile, via un chatbot
Dans le monde, l’usage du chatbot ou de l’intelligence artificielle comme outil de médiation dans un lieu ou une exposition a fait l’objet d’un déploiement plus important, ou pour le moins d’une médiatisation plus grande. En 2017, 5 expériences d’agent conversationnel médiateur étaient lancés.
. En janvier 2017, à Rovereto en Italie, le Musée d’art moderne et contemporain proposait un chatbot via l’application Messenger. Une fois dans le musée, l’utilisateur pouvait se rendre sur Messenger, et ainsi être accompagné par un guide virtuel tout au long de sa visite. En envoyant une photo sur l’application il pouvait recevoir des informations supplémentaire sur les œuvres ou le musée et enrichir sa visite comme avec un véritable guide.
. En mars 2017, le Musée d’Art Moderne de Buenos Aires a commencé à proposer un chatbot qui permet de dialoguer avec une œuvre d’art. Le visiteur utilisait l’application Messenger de Facebook afin de discuter avec l’œuvre, pour obtenir plus de renseignements sur celle-ci. Le dispositif d’intelligence artificiel répondait au visiteur et est même capable de réagir avec humour. (ARTICLE CLIC : Le Musée d’Art Moderne de Buenos Aires (MAMBA) propose à ses visiteurs de « chatboter » avec une oeuvre d’art)
. En mars 2017, le Musée national des Beaux-Arts de Biélorussie a lancé un chatbot, également sur l’application messenger. Ce dispositif permettait au visiteur d’obtenir tout au long de son parcours des informations ou des anecdotes sur les œuvres et le musée à l’aide d’un guide virtuel.
. En avril 2017, avec le projet « La Voix de l’Art », le Musée de la Pinacothèque de Sà£o Paulo et IBM proposaient de dialoguer en direct avec des œuvres d’arts. à‰quipé d’un casque et d’un smartphone doté de l’application « The Voice of Art », le visiteur pouvait recevoir tout au long de sa visite des notifications lorsqu’il se trouvait proche d’une œuvre offrant des informations supplémentaires. Il pouvait alors poser des questions sur les peintures et les sculptures proches de lui. (ARTICLE CLIC : Le Musée de la Pinacothèque de Sà£o Paulo et IBM proposent de dialoguer en direct avec des oeuvres d’art)
. En novembre 2017, l’ArtScience Museum de Marina Bay Sands, Singapour lancait son chatbot d’information et de médiation. Il permettait de préparer sa visite en achetant des tickets, connaà®tre les horaires d’ouvertures ou encore obtenir toutes les informations pratiques. Une fois à l’intérieur du musée, il devenait un guide virtuel pour se repérer et comprendre les œuvres ou expériences proposées.
Le 3 aoà»t 2018, le musée d’art d’Akron (USA) a commencé à inviter ses visiteurs à se connecter avec Dot, un nouveau guide numérique qui aide à visiter le musée. En famille ou entre amis, le chatbot Dot ambitionnait de transformer la visite en une expérience interactive. (ARTICLE CLIC : Le Akron Art Museum encourage ses visiteurs à se connecter avec Dot, son nouveau guide numérique)
Depuis février 2024, le Musée national des beaux-arts du Québec a mis en place une plateforme d’interprétation numérique innovante, offrant aux publics la possibilité d’interagir avec les œuvres d’art de manière interactive et instructive, via un QR Code. Ce projet d’agent conversationnel du MNBAQ a fait l’objet d’un partenariat fort avec la société française Ask Mona. (ARTICLE CLIC : Le Musée national des beaux-arts du Québec a lancé son agent conversationnel, en partenariat avec Ask Mona)
Il n’existe pas de liste des musées et lieux culturels ayant déployés ce service sur leur site web, sur facebook et/ou sur messenger. En revanche une série d’études ont été menées sur l’usage des agents conversationnels par les institutions culturelles dans un objectif de communication ou de médiation : « Engaging Museum Visitors with AI: The Case of Chatbots » (09/2019); « Towards implementing an AI chatbot platform for museums » (01/2020); « Chatbots in Museums: Is Visitor Experience Measured? » (2022); « CHIM – Chatbot in the Museum: Exploring and Explaining Museum Objects with Speech-Based AI » (2023); « Enhancing Art Museum Experience With a Chatbot Tour Guide » (2024); « Chatbot in the museum – a field study of user experience and modality usage » (2024); « Chatbot-mediated technology to enhance experiences in historical textile museums » (01/2024); « Chatbot in the Museum €“ A Field Study of User Experience and Modality Usage » (03/2024); Forum Kultur Vermittlung : « How AI Chatbots Transform Museum Experiences » (02/01/2025).
- Médiation in situ sur un autre outil mobile
D’autres musées ont choisi d’utiliser un autre outil mobile pour proposer une médiation in situ, s’appuyant sur l’IA.
Depuis le 15 octobre 2024, le Musée de zoologie de l’Université de Cambridge offre aux visiteurs une expérience unique : la possibilité de discuter avec les animaux exposés, qu’ils soient squelettiques, taxidermisés ou éteints. Des spécimens du musée de Cambridge prennent ainsi vie gr ce à la puissance de l’intelligence artificielle. Avec ce nouvel outil de médiation, disponible sur le téléphone mobile du visiteur, l’équipe vise à « renforcer notre lien avec le monde naturel et à inverser l’apathie face à la perte de biodiversité ». (ARTICLE CLIC : Grace à l’IA, le public du Musée de zoologie de l’Université de Cambridge peut dialoguer avec des animaux disparus)
Ailleurs au Royaume-Uni, un « RoboGuide » est en cours de développement à l’Université de Glasgow en collaboration avec des communautés et des institutions culturelles. Créé dans le but d’aider les personnes aveugles et malvoyantes à se déplacer dans les espaces intérieurs, il a été testé en décembre 2023 dans les salles du Hunterian Museum, le plus vieux musée d’Ecosse. Le robot alimenté par l’IA vise à aider les personnes malvoyantes à se déplacer de manière plus indépendante dans les musées, mais également les centres commerciaux, les hôpitaux et les autres lieux publics. (ARTICLE CLIC : Un robot « chien-guide » associé à l’intelligence artificielle a été testé au musée Hunterian de Glasgow)
- Médiation in situ sur un terminal fixe
Un des premiers musées à déployer un outil de médiation utilisant l’IA sur un termina fixe a été le Musée Dali de Saint Petersbourg, en Floride.
Depuis avril 2019, l’artiste surréaliste Salvador Dali accueille en personne les visiteurs de son musée, partageant même des observations sur l’actualité et les secrets de ses chefs-d’œuvre. A l’occasion du trentième anniversaire de la mort de l’artiste, le musée Dali de Saint-Pétersbourg, en Floride, a lancé cette expérience révolutionnaire s’appuyant sur l’intelligence artificielle (deep fake). (ARTICLE CLIC : Dali Lives: le musée très audacieux de Floride utilise l’intelligence artificielle pour ressusciter l’artiste surréaliste)
Le même musée a récidivé en proposant une nouvelle offre de médiation in-situ. Depuis le jeudi 11 avril 2024, le musée Dali présente la première édition de « Ask Dali », une expérience disponible uniquement au sein du musée Dali, qui permet aux visiteurs de poser n’importe quelle question à Salvador Dali, en utilisant la dernière technologie d’intelligence artificielle (IA) et le reproduction du célèbre téléphone imaginé par l’artiste. (ARTICLE CLIC : Ask Dali, la nouvelle expérience IA du musée de Floride est innovante et inattendue)
Plus récemment, en décembre 2023, Le Musée des Beaux-Arts de Gand (MSK) et la société Lean Mean Learning Machine se sont associés pour « un projet d’IA unique qui donne vie à l’art ». Le dispositif, toujours disponible dans certaines salles, permet aux visiteurs d’avoir des conversations avec des peintures. Le principe est simple : en appuyant sur un bouton et en parlant dans un microphone placé devant une œuvre, les visiteurs peuvent dialoguer en 3 langues (Néerlandais, anglais et français) avec les personnages représentés dans les tableaux de la collection MSK. « Cela leur permet d’approfondir leur connaissance des œuvres et d’encourager la réflexion critique et le questionnement » indique le musée.
Les musées du monde utilisent également l’IA pour sauvegarder et diffuser les témoignages de témoins de l’histoire.
Une exposition interactive inaugurée le 20 mars 2024 au Musée national de la Seconde Guerre mondiale (National WWII Museum) utilise l’intelligence artificielle pour permettre aux visiteurs d’avoir des conversations virtuelles avec des anciens combattants. (ARTICLE CLIC : Un musée de la Nouvelle-Orléans lance des conversations virtuelles assistées par l’IA avec des témoins de la 2nde Guerre mondiale)
Depuis 2017, la Fondation de Steven Spielberg soutient le déploiement dans des musées et centres historiques consacrés à l’Holocauste d’un dispositif associant l’enregistrement vidéo des derniers témoins de l’holocauste, leur indexation gr ce à l’IA et leur diffusion sur des écrans interactifs. Une petite dizaine de lieux américains propose déjà cette expérience à leurs visiteurs. (ARTICLE CLIC : Un musée américain lance les premiers témoignages hologrammes 3D de survivants de l’Holocauste)
En janvier 2025, le Musée du patrimoine juif de NYC a lancé, en partenariat avec la Fondation USC Shoah et les bibliothèques de l’USC, une nouvelle expérience similaire qui exploite la technologie de l’IA pour permettre une conversation avec les derniers survivants de l’Holocauste. « Survivor Stories: An Interactive Dialog » a été inaugurée au Musée alors que plus de 200 survivants étaient réunis pour regarder la retransmission de la cérémonie commémorant le 80e anniversaire de la libération d’Auschwitz. L’installation interactive proposée in-situ est prolongée par une version en ligne de l’expérience. (ARTICLE CLIC : Musée du patrimoine juif de NYC : nouvelle expérience IA, in situ et en ligne, pour dialoguer avec les derniers témoins de l’Holocauste)
- Expositions et expériences immersives
Les salles des musées du monde accueillent de plus en plus d’expositions et d’expériences s’appuyant sur l’IA.
En 2022, l’artiste Refik Anadol a utilisé l’intelligence artificielle pour interpréter plus de 200 ans d’art au MoMA de NYC et le transformer en une nouvelle œuvre numérique, « Unsupervised ». Connu pour ses créations immersives révolutionnaires et ses installations publiques, Anadol proposait une installation d’art numériques en temps réel, générant continuellement des formes nouvelles. Présentée au MoMA de New York, du 19 novembre 2022 au 4 janvier 2023, Unsupervised est une méditation sur la technologie, la créativité et l’art moderne. (ARTICLE CLIC : Le MoMA accueille la première exposition solo de Refik Anadol aux Etats Unis, qui réinterprète la collection du musée)
Deux ans plus tard, en 2024, Serpentine Londres a proposé « Echoes of the Earth: Living Archive », première grande exposition personnelle au Royaume-Uni du pionnier de l’esthétique de l’intelligence artificielle, l’artiste et technologue Refik Anadol. L’expérience, qui enveloppait les spectateurs dans des univers immersifs inspirés par des données visuelles autour des récifs coralliens et des forêts tropicales, souhaitait sensibiliser sur les enjeux de l’écologie et mettre en valeur le potentiel créatif de l’IA. L’exposition ouvrait d’ailleurs la saison du lieu culturel consacrée à l’intelligence artificielle. (ARTICLE CLIC : Avec 2 installations de Refik Anadol, Serpentine Londres ouvre une année consacrée à l’IA et l’art)
En novembre 2022, le musée Dali de St Petersbourg en Floride présentait sa nouvelle exposition « The Shape of Dreams » consacrée à cinq siècles d’art. A cette occasion, l’institution proposait la première mondiale de sa nouvelle expérience innovante basée sur l’intelligence artificielle, « Dream Tapestry ». L’expérience interactive offrait aux visiteurs la possibilité de voir leurs propres rêves transformés en œuvres d’art. (ARTICLE CLIC : Le musée Dalà de Floride permet aux visiteurs de transformer leurs rêves en œuvre d’art gr ce à l’intelligence artificielle)
Durant l’été 2023, les œuvres de Dali et de Vinci ont été réinterprétées par l’intelligence artificielle dans 2 expériences immersives en vidéo-mapping présentées à Manille et Shanghai, imaginées par deux studios, chinois et turc. (ARTICLE CLIC : A Manille et Shanghai, de nouvelles expériences associent art, immersion vidéo et intelligence artificielle)
En 20323, le Nasher Museum of Art de l’Université Duke s’est associé à ChatGPT, plateforme d’intelligence artificielle d’OpenAI, pour organiser une exposition d’art. Le conservateur en chef Marshall Price a suggéré en plaisantant d’utiliser l’IA « en réponse à une pénurie de personnel et à une lacune dans la programmation du musée ». L’équipe de conservation du musée a décidé de relever le défi et d’entrainer ChatGPT à devenir un bon commissaire d’exposition. Le résultat est diversement apprécié par la presse mais le débat sur la place de l’IA dans les musées était engagé. (ARTICLE CLIC : Nasher Museum of Art : premier musée du monde à confier le commissariat d’une exposition à ChatGPT)
En 2023, le musée Mauritshuis de La Haye a suscité une large controverse en accrochant une œuvre d’art créée gr ce à l’intelligence artificielle à l’endroit habituellement occupé par le tableau « la Jeune Fille à la perle » de Johannes Vermeer. Le chef-d’œuvre de Vermeer était prêté au Rijksmuseum pour sa grande exposition Vermeer. En son absence, le Mauritshuis a appelé le public à créer « sa propre fille », inspirée du tableau de Vermeer. Parmi les près de 3 500 créations reçues, 5 ont été accrochées à sa place. (ARTICLE CLIC : Le Mauritshuis suscite la polémique en accrochant une réinterprétation d’un tableau de Vermeer conçue par l’IA)
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- Enrichissement d’une visite virtuelle
Le 14 novembre 2024, la Maison Anne Frank d’Amsterdam a lancé une visite virtuelle 3D guidée et multilingue. Elle permet aux visiteurs du monde entier d’explorer le musée depuis chez eux ou à l’école. La visite est guidée par un avatar IA en 4 langues de l’animatrice de télévision britannique Rachel Riley. Avec cette nouvelle expérience, le lieu historique d’Amsterdam visité chaque année par plus d’1 million de personnes souhaite étendre encore son rayonnement. (ARTICLE CLIC : La Maison d’Anne Frank lance une nouvelle visite virtuelle en 3D, utilisant l’IA
Le lundi 11 novembre 2024, le Vatican a annoncé le lancement de nouveaux services basés sur la modélisation 3D et l’intelligence artificielle, pour mieux faire rayonner la basilique Saint-Pierre dans le Monde. Ces nouvelles offres numériques permettront un accès virtuel pour tous à ses trésors architecturaux de l’époque de la Renaissance et des visites améliorées pour les visiteurs. Développées par Iconem et financées par Microsoft, ces expériences sont partiellement disponibles depuis le 1er décembre 2024, dans la perspective des célébrations de l’Année sainte ou Jubilé de l’à‰glise catholique en 2025, qui ont lieu à Rome, tous les quarts de siècle. (ARTICLE CLIC : Le Vatican, Microsoft et Iconem dévoilent le jumeau numérique de la Basilique Saint Pierre, à l’approche du Jubilé de Rome)
- Valorisation des collections en ligne
Le SFMOMA a été l’un des premiers musées du monde à utiliser l’IA pour valoriser et mieux diffuser sa collection en ligne.
Entre 2017 et 2020, avec le service SMS « Send me SFMOMA », le musée d’art moderne de San Francisco rendait ainsi visibles les œuvres de sa collection qui ne sont pas exposées dans l’exposition permanente. Un chatbot répondait aux demandes SMS avec les mots « Send me » et un mot-clé ou un emoji en envoyant une photo et les détails de l’œuvre.
En 2019, le groupe Telefà³nica a annoncé un mécénat du Museo del Prado de Madrid pour imaginer une offre enrichie de ressources documentaires qui ajoute un contexte historique aux œuvres et aux artistes présents dans la collection du XIIe au XIXe siècle du musée. Utilisant l’intelligence artificielle et l’infographie automatisée, cet outil devait aussi connecter les ressources numériques de l’institution avec d’autres sources en ligne telles que Wikidata et Wikipedia. (ARTICLE CLIC : En coopération avec Telefonica, le Museo del Prado souhaite faciliter et enrichir l’exploration de ses données de collections avec l’intelligence artificielle)
En septembre 2020, l’équipe d’innovation numérique du Cleveland Museum of Art a lancé « ArtLens AI: Share Your View », qui associe Open Content et intelligence artificielle. Disponible sur le site Web du musée et sur Twitter, cet outil interactif permet de connecter le regard du public aux œuvres d’art de la collection du CMA. ArtLens AI était le dernier d’une série d’outils numériques créés par le musée pendant le confinement, pour réinventer les expériences et la relation avec l’art en cette période d’isolement. (ARTICLE CLIC : Avec l’outil ArtLens AI, le Cleveland Museum of Art associe les images du public avec les œuvres de sa collection en Open Content)
En 2022, Google a développé de nouveaux outils d’apprentissage automatique (IA) à l’usage des conservateurs de la Smithsonian Institution aux à‰tats-Unis pour les aider à mettre en valeur le rôle majeur que les femmes ont joués dans la science au cours de dernières 174 années d’histoire. S’appuyant sur la collection en ligne en Open Content de l’institution, cette initiative s’inscrit dans le cadre du 175ème anniversaire de la Smithsonian Institution, du mois « Women’s History » célébré en mars 2022 et du futur Smithsonian American Women’s History Museum. (ARTICLE CLIC : La collection de la Smithsonian Institution et les outils IA de Google mettent les femmes scientifiques au premier plan)
La même année, en juin 2022, Microsoft et le Museum of Art & Photography (MAP) de Bangalore ont annoncé leur partenariat autour d’une nouvelle plateforme numérique utilisant l’intelligence artificielle et permettant au public de connecter la riche collection de textiles sud-asiatiques du musée aux cultures du monde. Le projet associe des collections d’institutions partenaires du monde entier aux côtés du MAP pour révéler des liens. entre des œuvres d’art de cultures, de supports et d’époques différents. Imaginée pour connecter les œuvres d’art du musée à celles de 13 autres institutions culturelles, la nouvelle plate-forme s’appelle INTERWOVEN et a été développée dans le cadre de l’initiative AI for Cultural Heritage de Microsoft. (ARTICLE CLIC : Museum of Art & Photography (Bengalore) et Microsoft AI s’associent pour connecter des œuvres d’art indiennes aux cultures mondiales)
En octobre 2022, le National Science and Media Museum a annoncé un partenariat avec Google Arts & Culture pour numériser près de 100 000 nouvelles images des archives du Daily Herald, qui font partie de la collection du Science Museum Group. Les images nouvellement numérisées ainsi que 25 nouvelles histoires en ligne issues des archives photographiques seront vues pour la première fois sur la plateforme Google Arts & Culture. En collaboration avec Google Arts & Culture Lab, les utilisateurs peuvent explorer les archives et trouver des joyaux cachés de la collection. Gr ce à la technologie AI et OCR, chacun peut créer sa propre édition du Daily Herald. (ARTICLE CLIC : Le National Science and Media Museum collabore avec Google pour diffuser de nouvelles images d’archives et proposer une expérience avec l’intelligence artificielle)
Le nouveau site Web du London Museum a été lancé en juillet 2024 et marque également le lancement de sa nouvelle marque et une autre étape importante dans le cheminement vers l’ouverture de son nouveau musée à Smithfield en 2026. La refonte du site web a donné lieu au lancement d’un vaste programme d’indexation et d’enrichissement des métadonnées de la collection du musée. La numérisation et la standardisation des données d’une collection de 7 millions d’objets n’étant pas envisageables dans les 18 mois prévus pour ce projet, les équipes du musée ont largement intégré l’IA dans le processus. Une solution appelée Yake, associée à l’intelligence artificielle propulsée par OpenAI, a été utilisée pour générer des relations thématiques et contextuelles entre des histoires et des objets afin de compléter les relations organisées par l’équipe. Le musée de l’histoire de Londres a également utilisé les capacités de traitement du langage naturel par IA d’IBM Watson pour extraire des mots-clés des données de collections afin de « faire apparaà®tre des connexions plus latérales plutôt que littérales qui vont au-delà des similitudes superficielles ». L’IA a également été utiliser pour créer du texte alternatif pour toutes les images d’objets des collections en ligne, de sorte que pour la première fois, ces images sont accessibles aux utilisateurs équipés de l’outil de lecture des descriptions. « Avec plus de 130 000 objets en ligne, nous n’aurions jamais pu réaliser cette t che en faisant appel uniquement à des humains. Ce n’est bien sà»r pas parfait, mais le service Whisper d’OpenAI est assez étonnant dans la façon dont il génère du texte descriptif et le contextualise, en appliquant un langage inclusif avec intelligence » explique Trish Thomas, directrice de l’innovation numérique au London Museum. Article sur l’IA et la collection dans le blog du musée.
Le 26 novembre 2024, le Rijksmuseum a lancé Collection Online, une nouvelle plateforme qui rend la collection du musée national des Pays Bas encore plus accessible. Gr ce à la technologie Linked Open Data et à l’IA, n’importe qui peut effectuer des recherches dans la collection, collecter, télécharger gratuitement et partager des images et des informations « de manière simple et attrayante ». Avec Collection Online, le Rijksmuseum annonce établir « une nouvelle norme en matière de partage de données patrimoniales ». (ARTICLE CLIC : Le Rijksmuseum lance son nouveau site de collections en ligne, qui s’appuie largement sur l’intelligence artificielle)
Depuis le 3 octobre 2024, le projet « Le Musée Vivant » (The Living Museum) propose une exploration interactive alimentée par l’IA de 1,2 million d’images et notices d’objets provenant de la collection numérique du British Museum. L’expérience donne ainsi la possibilité à chacun de « dialoguer » avec les objets du musée. « The Living Museum » www.livingmuseum.app est un projet en ligne créé par Jonathan Talmi, un ingénieur indépendant, expert de l’intelligence artificielle. (ARTICLE CLIC : Un projet de recherche autour de l’IA permet de « discuter » avec la collection numérique du British Museum)
Des musées ont choisi de partager leurs collections ou leurs expertises sur Alexa. (ARTICLES CLIC : L’Art Institute of Chicago valorise désormais sa collection et ses contenus sur Alexa, l’assistant vocal d’Amazon en 2021 ET Le Natural History Museum de Londres diffuse son expertise sur Alexa, l’assistant vocal d’Amazon en 2022)
- Gestion documentaire des collections
L’IA peut également être utilisée en matière de gestion documentaire (description et indexation des œuvres) des collections.
Des programmes de recherches sur l’IA et les collections des musées ont été lancés. (ARTICLES CLIC : Le Met Museum, Microsoft et le MIT explorent l’impact et le potentiel de l’intelligence artificielle sur la connexion des publics mondiaux avec l’art ET Un algorithme IA du MIT établit des liens inattendus entre des œuvres d’art du Met et du Rijksmuseum)
Des musées utilisent ou ont utilisé l’IA pour indexer et décrire de manière précise les œuvres et leurs notices / métadonnées.
Comme évoqué plus haut, le Museum of London a intégré l’IA lors du projet de description et d’indexation de sa collection précédent la mise en ligne du nouveau site web.
Depuis 2024, le Cleveland Museum of Art a entrepris la description par l’IA de l’ensemble des plus de 300 000 œuvres dont les images sont diffusées en Open Content. (ARTICLE CLIC : Cleveland Museum of Art: une demi-décennie de collection en Open Content)
- Analyse ou restauration d’œuvres
En 2021 et 2024, le Rijksmuseum a intégré l’IA dans le processus d’analyse et de restauration du chef d’œuvre de Rembrandt « Ronde de Nuit ». (ARTICLE CLIC : Le tableau « La Ronde de nuit » de Rembrandt restauré devant les visiteurs du Rijksmuseum, à Amsterdam)
La même année, des chercheurs ont mis au point une IA permettant d’identifier des détails impossibles à détecter à l’œil nu sur des œuvres d’art. Cette technique a permis de révéler des mystères d’un tableau de Raphaà«l, une vierge à l’enfant appartenant à la collection du Prado de Madrid. (ARTICLE CLIC : Gr ce à l’Intelligence Artificielle, des chercheurs révèlent un mystère dans un chef-d’œuvre de Raphaà«l)
- Actions de communication
En mai 2023, l’Office du tourisme de Vienne a lancé UnArtificial Art, une campagne de marketing conçue pour « promouvoir les plus de 100 musées de la ville afin de découvrir l’art derrière l’IA Art ». La nouvelle campagne met en scène des personnages célèbres des artistes les plus acclamés au monde se transformer en un chat, en utilisant la puissance et la « créativité » de l’intelligence artificielle. (ARTICLE CLIC : L’Office du tourisme de Vienne utilise l’intelligence artificielle pour promouvoir ses artistes et attirer les visiteurs dans ses musées)
- Programmes de recherche
En novembre 2023, le groupe technologique indien Tata, via sa filiale Tata Consultancy Services a annoncé son association au Musée Munch d’Oslo pour créer des expériences de dessin immersives et interactives destinées aux visiteurs locaux et au public mondial. Les scientifiques de TCS Research apporteront leur expertise en IA et en apprentissage automatique (ML) pour donner vie aux œuvres d’art et au processus créatif d’Edvard Munch gr ce à la puissance de l’innovation numérique. (ARTICLE CLIC : Le musée Munch s’associe au groupe indien Tata pour créer des expériences interactives basées sur l’IA)
En 2024, afin de lui permettre de mener une vaste recherche pour une utilisation responsable de l’IA dans les secteurs publics, l’Université de Sheffield a reçu une part des 100 millions de livres sterling de financement du gouvernement britannique en soutien au développement de l’intelligence artificielle. Cette recherche portera notamment sur les secteurs de l’éducation et des industries créatives. (ARTICLE CLIC : Musées, IA et éthique: l’Université de Sheffield reçoit une part du financement gouvernemental britannique de 100 millions de livres sterling)
SOURCES: institutions, synthèse par Sinapses Conseils
PHOTO du carrousel : « Unsupervised », la création de Refik Anadol
Date de première publication: 07/02/2025
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